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SORTIR LA GRECE DE LA CRISE ?


LA CRISE GRECQUE

La crise grecque est très complexe, la voici résumée en ses quelques éléments. L’ensemble du monde impérialiste est en cours de réorganisation et l’économie grecque compte pour une fraction de un pour cent dans cette tragédie de Sophocle. On se détend bonne gens, l’effondrement du Parthénon serait tragique du point de vue archéologique mais sans grand dommage pour l’économie mondiale. La mise en scène médiatique entourant la crise grecque ne vise qu’à faire accepter les sacrifices d’austérité demandés au peuple hellène et à faire avaler le renflouement des banques européennes par le peuple allemand.

Depuis l’entrée en scène de la superpuissance industrielle chinoise, une nouvelle division internationale du travail est en cours – les marchés internationaux sont l’objet d’âpres disputes entre quelques grandes alliances impérialistes dont une seule ressortira hégémonique au terme de ces hostilités, les autres devant se résigner à être les deuxièmes de cordée. C’est exactement ce qu’anticipait Georges W. Bush, un homme pas très intelligent mais très obéissant, qui répétait inlassablement : « Je ne laisserai aucune puissance nous ravir l’hégémonie mondiale et le rôle de première puissance internationale », serment qu’Obama renouvela à l’occasion de son dernier discours sur l’État de l’Union devant le Congrès américain.

Qu’à cela ne tienne, l’hydre américaine n’a plus que sa puissance militaire-nucléaire pour maintenir son hégémonie planétaire. Du point de vue économique cet État est devenu une puissance de deuxième ordre qui se prépare tout doucement à dévaluer sa monnaie pour la nième fois. Du point de vue industriel, le lilliputien états-unien n’est plus que l’ombre de ce qu’il était à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Vous souhaitez acheter un ordinateur Made in USA ? Appelez à Taiwan, il vous sera livré directement.  Vous désirez le dernier ‘Ipod’ à la mode ? Passez commande chez Apple, en Inde, et il vous sera livré directement de Chine «socialiste», et ainsi de suite. Il n’y a que les sièges sociaux d’Apple, de Google et de Facebook qui se trouvent encore aux États-Unis, ainsi qu’une partie de leurs actionnaires « tondeurs de coupons » qui  déposent leurs avoirs dans des banques étrangères. Pas fous les milliardaires états-uniens, la dévaluation du dollar US ce n’est pas leur affaire, de même que la galère grecque ne concerne guère les armateurs athéniens (1).

 

ÉCONOMIE FICTIVE ET INTANGIBLE


Facebook, la toute dernière bulle boursière américaine, a éclaté avant même que d’être gonflée. Et vous pouvez parier que les boursicoteurs de Morgan Stanley et leurs amis initiés sauveront leurs mises tandis que les milliers de petits porteurs, les investisseurs au « bas de laine » spéculatifs, perdront leur chemise et leurs bas dans l’opération. Les experts des médias sociaux se perdent en conjectures dans une dernière tentative d’accréditer le mythe du capital technologique de risque – de l’industrie des médias sociaux et de l’économie du savoir pour les poires (2). Une entreprise du secteur quaternaire, ne vendant strictement que de la publicité et ne valant quasiment rien d’un point de vue mobilier et immobilier, ne peut s’apprécier de dizaines de milliards de dollars en quelques jours ? Combien de « Hedge Funds » – fonds de pension ouvriers – auront dilapidé les économies de leurs clients dans cette aventure nébuleuse quand se dégonfleront la nébuleuse « Facebook » et toutes les étoiles filantes inscrites à la bourse ? (3)

Pendant ce temps la superpuissance industrielle chinoise construit des navires, des ordinateurs, des automobiles, des éoliennes, des ponts et des voies publiques, des cales sèches, des aéroports, des hôpitaux, des écoles, des vêtements, des ustensiles de cuisine, des appareils ménagers, des réacteurs nucléaires, des porte-avions, des hélicoptères, des satellites et un million de produits à exporter sur tous les marchés.  À votre avis quelle puissance impérialiste détient la recette de la richesse et de l’accumulation élargie du capital par la confiscation de la plus-value du travail, la Chine industrielle ou les États-Unis boursicoteurs ? Les circuits économique, industriel, financier et boursier sont aujourd’hui court-circuités par l’arrivée d’un nouveau joueur majeur qui redéfinit les taux de profitabilité des investissements capitalistes. C’est aujourd’hui le niveau d’exploitation des ouvriers chinois qui définit la norme minimale  recherchée par les investisseurs capitalistes internationaux.

 

LA GRÈCE EMBARRASSANTE OU L’EURO ENCOMBRANT ?

Le contexte économique, politique et militaire mondial ayant été esquissé, examinons maintenant notre patient, la Grèce et ses euros encombrants. Analystes et économistes de salon y vont de leurs prédictions : « Faillite imminente de la Grèce », « Ombre sur la Mer Égée », « Rififi à Athènes », « Vivement la drachme ! », « Hors de L’Euro point de salut ! » (4). Ces camelots prétentieux qui ne parviennent jamais à anticiper quoi que ce soit pourraient passer pour des humoristes si ce n’était que le peuple grec souffre de l’autre côté du miroir de ces alouettes « expertes » (5). Oublions ces polichinelles en dentelles et attaquons la question de front. Concrètement nous examinerons les différentes options qui s’offrent aux décideurs.

POUR  LIRE  LA  SUITE  DE  L’ÉDITORIAL  »»»»»»»»  http://les7duquebec.com/2012/06/06/grece-comment-sortir-de-la-crise/

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