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Crise en Côte d’Ivoire et en Afrique: Ces signes qui précèdent la déchéance programmée du régime Ouattara

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Le régime d’Alassane Ouattara n’en finit pas de perdre ses soutiens. Le bloc autour de lui dans sa guerre contre Laurent Gbagbo se fissure. Sans compter ses actes antisociaux qui seront non négligeables dans le décompte final. Le compte à rebours a commencé.

Le crépuscule n’est certainement pas loin pour les autorités ivoiriennes du moment. Les morts ne sont jamais morts en Afrique, dit le sage. Ceux qui jalonnent la gouvernance du régime Ouattara, au nombre desquels 211 victimes des massacres des réfugiés Guéré du camp de Nahibly à Duékoué seraient-ils des victimes expiatoires d’une nation nouvelle en germination? L’histoire est en marche et ne saurait trébucher. Car, aucune conscience ne peut rester indifférente face à la barbarie de l’armée de M. Ouattara composée majoritairement de soldats Malinké et de chasseurs traditionnels Dozos. C’est bien dommage que les Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (Fanci) ou la jadis très respectée et très redoutée Force de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire (Fds-Ci) aient subi une mise à l’écart sous Ouattara.

Ce dernier ayant procédé à une ‘’restructuration’’ dévalorisante du point de vue éthique et déontologique, sous le concept de «rattrapage ethnique». Dans une interview au journal français l’Express M. Ouattara lui-même se justifiait: «Il s’agit d’un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité.

S’agissant des hauts cadres de l’armée, j’ai eu à négocier avec les officiers des ex-Forces nouvelles [Fn, ancienne rébellion nordiste], qui voulaient tous les postes. Et j’ai réussi à imposer cet équilibre dans la hiérarchie militaire, jusqu’au niveau de commandant : le n°1 issu des Fn, flanqué d’un n°2 venu de l’ancienne armée régulière. Tous grades confondus ; il y a 12% de nordistes dans la police, 15% dans la gendarmerie et 40% environ dans l’armée… Sur ce terrain-là, on ne peut rien me reprocher». Et depuis ce recadrage à fort relent tribal, c’est le règne de l’impunité.

La jadis fréquentable Côte d’Ivoire n’est plus reconnaissable à ce qu’on y voit. Les crimes sont devenus banals dans le pays de Laurent Gbagbo depuis qu’Alassane Ouattara l’administre, un sanglant 11 avril 2011. A ce propos, il n’y a pas meilleure caricature que celle faite par le Dr Don Mello Ahoua : «Quand un pays africain a pour police la force française Licorne, pour armée l’armée onusienne avec comme supplétifs des mercenaires africains, un parlement tribal, une administration tribale, une rébellion tribale dite force républicaine, ce n’est plus un Etat-nation libre mais un Etat tribal assiégé…»

A l’instar de tous les observateurs attentifs de la situation politique en Côte d’Ivoire, c’est à peine que l’ancien ministre des Infrastructures économiques du gouvernement Marie-Gilbert Aké N’gbo, relativise – certainement pour choquer les consciences le moins possible – un bien sombre tableau. S’il n’y a rien d’anodin que dire donc de ce crépuscule qui avance allègrement pour le régime sanguinaire Ouattara? Des signes avant coureurs qui, loin d’être chimériques, pourraient faire le deuil d’une vantardise mal consommée.

Les Etats unis ayant exigé la comparution de l’ex-chef rebelle Soro Guillaume devant la justice internationale pour ses présumés crimes contre l’humanité. Lui et ses chefs de guerre, ces fameux Com-zones à la soif inextinguible de sang frais devraient – si l’on se fie aux nombreuses indignations et dénonciations des crimes commis depuis septembre 2002-, être les prochains inculpés dans le box de la Cpi.

Il est clair que la toute dernière barbarie, le vendredi 20 juillet 2012, des protégés de la Charte du nord, Sénoufo, Malinké et leurs soutiens sous régionaux Burkinabé et Maliens qui, non contents d’exproprier les terres aux populations autochtones de l’ouest, optaient en droite ligne du mot d’ordre d’Amadou Soumahoro le Secrétaire général adjoint du Rdr, pour «l’éradication», la «désinfection » et le «nettoyage» des survivants du génocide de Duékoué Carrefour.

Entre deux sanctions – la première portant sur la dégradation (de tripla A) de la France par les agences financières de notation, la deuxième sur la perte lamentable de l’élection présidentielle -, Sarkozy est tombé avec fracas. Sous le poids des poursuites judiciaires dans le pays qu’il a dirigé avec arrogance, le voilà qui demande l’asile au Canada. De tous les soutiens du président ivoirien Alassane Ouattara, l’ex-président Français Nicolas Sarkozy faisait figure de parrain. Comme un gros fromager des forêts africaines, c’est tout naturellement qu’il entraine dans sa chute des arbustes et des lianes qui ont gouverné à l’ombre de la tentaculaire Françafrique.

Quand Sarkozy et… Barack Obama entreprenaient de déplanifier la Côte d’Ivoire et la Libye, ils ignoraient une vérité pourtant évidente : c’est que la nature a horreur du vide. En Libye en lieu et place de la démocratie pour laquelle le Conseil national de transition a été imposé par les armes, l’anarchie et l’hécatombe y ont poussé par le fait de l’islam radical. Pire cauchemar de l’occident.


A chacun son lot de poisse ! Quant à Barack (Obama) le Noir Américain, il est depuis quelques mois l’héroïne d’un livre paru aux Etats unis d’Amérique intitulé : ‘’Comment Obama a perdu l’Amérique!’’ En 2011, sous sa gouvernance les Etats unis ont vu les résultats de leurs turpitudes dans les pays qu’ils déciment par la guerre, en payant cash la colère de dieu. Ce sont au total 12 catastrophes naturelles, 54 milliards de dégâts en dollars américains (us $), plus de 606 morts que ce pays connaît.

Pour certains observateurs réagissant sous un prisme irrationnel, il s’agirait de «la justice divine qui foudroie les puissances maçonniques et renversent leurs autels» Qui dîne avec Ouattara courrait-il à sa perte? En tout cas, des exemples démontrent que les amis d’hier du président ivoirien ne se sont pas donné suffisamment de garantie en ne choisissant pas la fourchette qui soit le plus longue possible. Après leur débauche démentielle dans la guerre contre Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire et Mouammar Kadhafi en Libye, c’est la disette. Le Gabonais Jean Ping a dernièrement dit adieu à la politique internationale. Il a été terrassé par la Sud africaine Dlamini Zuma qui prend désormais la présidence de la Commission de l’union Africaine.

Au Kenya, l’adjoint de Raïla Odinga le bouillant émissaire de l’union africaine dans la crise ivoirienne, est poursuivi par le tribunal pénal international (tpi). Au Nigeria, Goodluck Jonathan le gros bras de la sous région ouest africaine qui épouvantait les Ivoiriens avec son armée est depuis plusieurs mois confronté à la monté en puissance des intégristes islamistes. La secte Boko Haram comptabilise plus 180 morts dans le nord du pays. La vague déferlante de la poisse a touché les rives du pays de la terranga.

Au Sénégal, le bouillant tirailleur et portevoix de la Françafrique, Abdoulaye Wade a perdu l’élection présidentielle face à son rival, le réservé mais lucide Macky Sall. C’est dans le déshonneur que l’ancien couple présidentiel sénégalais a quitté le palais emportant tapis, verrerie, mobiliers et autres objets décoratifs. Au Burkina Faso Blaise Compaoré qui souffre plus que jamais du complexe du “seul militaire” au pouvoir en Afrique de l’ouest après le coup d’Etat au Mali qui a emporté le général Ahmadou toumani touré (Att), est assis sur un fauteuil éjectable. Son pouvoir étant désormais vacillant. Sa longévité politique sur le trône du pays des hommes intègres commence à donner des idées noires à ses frères d’armes. Depuis, c’est un président Blaise Compaoré qui dort d’un seul oeil. Alors que les nouvelles en provenance du Burkina Faso le disent très soucieux de la sauvegarde de son fauteuil, le président Compaoré est pris à son propre piège dans les négociations perfides dans la crise malienne.

Un poids bien supplémentaire pour un règne rendu pénible à pérenniser quand l’on a fini de ruser avec ses voisins immédiats. Lui, le parrain des rebelles ivoiriens peut-il compter sur le retour de l’ascenseur? Pas si sûr! En Côte d’Ivoire, Soro Guillaume auteur du livre «Pourquoi je suis devenu rebelle» un ouvrage dont la couverture en fond noir le dispute avec l’avenir sombre qui l’attend a, dix ans après «sa révolution du nord» du mal à regarder droit dans les yeux les tenants de la justice internationale. Lui et ses Com-zones sont attendus de pied ferme au tribunal pénal internationale (tpi). En attendant dans le box des accusés de la Cpi, le vrai père et heureux commanditaire de la rébellion des Forces nouvelles dont ils sont les exécutants sur le terrain.

Dans l’attente de la nouvelle Côte d’Ivoire qui sortira certainement des décombres où Ouattara l’a enfouie, force est de reconnaître que le régime actuel est confronté à une sécheresse économique et financière. Passés les yoyos des campagnes électorales, Alassane Ouattara devra faire face au miroir de la société ivoirienne qui lui renvoie les dures réalités du pouvoir d’Etat. Exemples de grosse désillusion, Ouattara qui ne tarit pas de concept à l’égard de ses partisans est réduit à transformer la gratuité des soins médicaux promise aux populations en “gratuité sélective”. Il vient de rendre public les inscriptions à l’université . De 6000 Fcfa, elle passe à 100.000 Fcfa la 1ère année. Soit une extrapolation de 1600%.

Mais il n’y a pas que ça ! A la veille de la fête du travail, le 1er mai, la Chambre de commerce et d’industrie de Jean-Louis Billon et le Grand patronat de Jean Kacou Diagou dressaient un sombre bilan de la douzaine de mois de présence d’Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire. 80.000 emplois perdus selon la première institution, 180.000 pour la deuxième. On peut croire que ce bilan s’est depuis, alourdi. Vu la fréquence des licenciements collectifs orchestrés dans les entreprises d’Etat par le régime actuel. A côté de ce sombre tableau au plan social, il y a la désastreuse politique d’expropriation des terres des Ivoiriens en cours à l’extrême ouest montagneux et qui pourrait s’étendre sur les autres régions du pays particulièrement dans le sud.

Déjà que l’emploi se raréfie, et que le dernier recours pour la race humaine, la terre, est arrachée aux autochtones, il ne reste plus qu’une seule chose : la révolte des sans droits. Car, l’histoire enseigne que quand un peuple a faim, aucun fusil ne l’arrête.

Simplice Allard

Source: Le Temps

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