Révélations ahurissantes du Procureur militaire: Séka Séka a-t-il été exécuté ?
Le Procureur militaire et Commissaire du gouvernement, Bernard Ange Kessy Kouamé, a animé, vendredi dernier, une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé le dégel des comptes de 48 militaires ivoiriens dont la plupart sont des détenus du régime Ouattara. Parmi lesquels le Vice-amiral Vagba Faussignaux, ex-patron de la Marine nationale et le Général de brigade Dogbo Blé, ancien chef de la Garde Républicaine. Interrogé sur le cas Anselme Séka Yapo dit Séka Séka. Le procureur militaire Ange Kessy Kouamé a tenu des propos qui ont surpris plus d’un journaliste présent à cette conférence.
«Le tribunal n’a pas été saisi sur le cas de Séka Séka », a-til soutenu. Avant de préciser: «Nous considérons de ce fait qu’il n’est pas en terre ivoirienne». Joint hier, dimanche 15 juillet, par téléphone lors qu’il était en partance pour une mission à l’intérieur du pays, le Commissaire du gouvernement a réitéré à Notre Voie les propos qu’il avait tenus, le vendredi 13 juillet dernier. «Ni moi, ni le Procureur de la République n’avons encore reçu le dossier Séka Séka. Nous ignorons où il se trouve. Nous estimons que les enquêteurs n’ont pas encore achevé leur travail. Lorsque ce sera le cas, ils nous transférerons le dossier», a-t-il dit.
Alors questions : Où est passé le Commandant de Gendarmerie, Anselme Séka Yapo, ancien Aide de camp de l’ex-Première dame, Simone Ehivet Gbagbo? A-til été exécuté par les tortionnaires ou est-il encore vivant? Ces interrogations paraissent fondamentales parce que le commissaire du gouvernement, Bernard Ange Kessy Kouamé, qui est censé détenir le dossier Séka Séka indique ne rien savoir. Ni où se trouve le dossier, ni où est détenu cet officier de Gendarmerie. C’est inquiétant pour la vie du Commandant Séka Séka que d’être détenu au secret. Ni sa famille, ni son avocat n’ont accès à lui. L’Onuci et les organisations de défense des droits humains gardent visiblement un silence coupable vis-à -vis de cette affaire. Les révélations du procureur militaire sont d’autant inquiétantes que le Commandant Anselme Séka Yapo dit Séka Séka a été arrêté, le 15 octobre 2011, à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny (à l’escale d’Abidjan) dans un avion parti du Togo à destination de la Guinée. Il a été brandi par le régime Ouattara devant les médias et l’opinion publique comme «une grosse prise». Après quoi, silence radio.
Séka Séka n’a jamais été présenté devant un juge. Voilà un pays dans lequel on dit avoir fait la guerre pour «imposer la démocratie» et donc «l’Etat de droit» et où un citoyen arrêté depuis 10 mois est inconnu de la justice. Au point où le Procureur militaire qui est censé le poursuivre au nom de l’Etat affirme ignorer, la main sur le coeur, où il se trouve. La situation du Commandant Séka Séka n’est pas un cas isolé. Il ne passe pas de jours sans qu’on ne signale un cas d’enlèvement en Côte d’Ivoire. Les pro-Gbagbo enlevés par les hommes armés de Ouattara se comptent par dizaines. Les plus chanceux sont jetés prison (à la Maca ou dans le nord du pays) sans autre forme de procès quand les malchanceux disparaissent tout simplement. Telle est la vraie nature de «l’Etat de droit» que Nicolas Sarkozy a imposé en Côte d’Ivoire par les armes.
Boga Sivori
Source: Notre Voie








