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Discussion avec le Président Gbagbo: Une équipe de l’Onu bientôt à La Haye

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Fortes pressions sur le régime pour livrer Soro et ses chefs de guerre.

Le mois de septembre pourrait voir une bonne partie des pro-Ouattara se retrouver à la Cour pénale internationale, dont Guillaume Soro et ses principaux ex-chefs de guerre. Quant au Président Laurent Gbagbo, tout laisse croire que c’est lui qui détient les clés du dénouement de la crise ivoirienne. L’Onu s’apprête à dépêcher ses experts juristes de Genève à l’effet de s’entretenir avec le prisonnier de La Haye.

C’est certes, une poignée, mais il s’agit d’experts triés sur le volet qui ont pour tâche de tenter de détendre l’atmosphère en Côte d’Ivoire, après la crise électorale de 2010 et la guerre d’avril 2011 qui a fait des milliers de victimes civiles et dont le prolongement laisse présager des jours sombres sur ce pays d’Afrique de l’Ouest. La Côte d’Ivoire en effet, continue de subir des attaques d’individus non identifiés, cette situation a fait monter la tension d’un cran avec les arrestations presqu’au quotidien des partisans du Président Laurent Gbagbo opérées par les Frci. Tous membres du Comités des droits de l’homme, ces juristes qui siègent à Genève, devraient dans un premier temps rencontrer le Président Laurent Gbagbo inculpé à La Haye depuis le 29 novembre 2011.

Nos sources indiquent que la mission de ces experts onusiens est de permettre un apaisement en Côte d’Ivoire. De quoi parleront-ils avec le président Laurent Gbagbo dont le procès prévu le 13 août dernier a été reporté «à une date ultérieure», en raison de son état de santé pour lequel la Cour pénale internationale (Cpi) avait requis trois expertises médicales?

Aucun élément de réponse pour l’instant. Mais la situation de crise qui perdure, sous Alassane Ouattara après l’arrestation et la «déportation» de Laurent Gbagbo à La Haye, conditionnerait cette rencontre entre l’ancien chef de l’Etat et les experts de l’Onu. La clé de la résolution de la crise en Côte d’Ivoire se trouverait-elle entre les mains de Laurent Gbagbo ? En tout état de cause, nos sources sont formelles là-dessus pour dire que le cas Gbagbo demeure le noeud de la crise ivoirienne.

Et cette rencontre entre les membres du Comité des droits de l’homme de Genève et le Président Laurent Gbagbo, laisse déjà supposer que le Président Gbagbo qui continue de clamer son innocence et sa victoire à l’élection présidentielle de novembre 2010 pour laquelle il avait préconisé – sans être suivi par la communauté internationale -, le recompte des voix afin de départager les deux candidats lui et Alassane Ouattara. Dans le second temps, ces juristes de l’Onu se rendront en Côte d’Ivoire pour y rencontrer Alassane Ouattara.

De sources généralement crédibles, ces experts de Genève souhaiteraient un apaisement en Côte d’Ivoire. Ce sera l’objet subsidiaire de leur visite, probablement entre le 20 et le 25 septembre de cette année, à la nouvelle autorité ivoirienne, Alassane Ouattara, à qui ils «conseilleront», indiquent nos sources, l’arrêt des violences et la reprise du dialogue politique et du processus de réconciliation nationale avec son opposition. Quand au plat de résistance de cette rencontre entre Ouattara et ses hôtes onusiens, c’est ce que l’opinion nationale et internationale sait plus ou moins.

A savoir que, «la délégation qui sera reçue par Alassane Ouattara aura pour tâche de lui demander le déferrement devant la Justice, de ses partisans incriminés dans les crimes commis pendant la crise postélectorale qui a fait plus de 3000 morts selon les organisations des droits de l’homme». Indique une source proche du dossier. Entre autres sujets qui ne manquent pas d’intérêts, il y aura la vague de violences depuis le début du mois d’août par les attaques attribuées à des «commandos non identifiés» suivies d’une vague d’arrestations et de repressions dans les seuls rangs des partisans du président Laurent Gbagbo ou sur des personnes supposées telles majoritairement originaires de l’ouest.


Le débat pourrait basculer sur le délit de patronyme dont le régime d’Alassane Ouattara est de plus en plus accusé par les organisations de défense des droits de l’homme mais aussi par les populations ivoiriennes victimes de ces représailles.

Comme cela le présage ce ne sera pas une tâche facile les semaines à venir pour Alassane Ouattara et les siens. Dans la mesure où il n’y aura pas de place au louvoiement, la communauté internationale piaffant d’impatience de voir réglée une fois pour toutes les questions des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, mises en exergue par les tueries perpétrées par les forces pro-Ouattara qui ont fait 800 morts, tous d’ethnie Guéré, en seule journée, à Duékoué.

Car, apprenons-nous, le Comité des droits de l’homme est un organe composé d’experts indépendants qui surveille l’application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques par les États parties. Fait curieux, c’est au moment où la communauté internationale s’apprête à envoyer une mission d’experts juristes onusiens en Côte d’Ivoire pour tenter de désamorcer la bombe sociale qui pourrait vite se transformer en guerre civile, que le régime Ouattara intensifie sa traque contre les partisans de l’ancien président ivoirien. Toute la direction du Front populaire ivoirien (Fpi), parti crée par Laurent Gbagbo est sur le point d’être décimée comme l’avait annoncé Guillaume Soro.

La semaine dernière, en effet, l’ancien Secrétaire général de l’ex-rébellion et actuel président de l’Assemblée nationale qui est réclamé à la Cpi pour les nombreux crimes commis par ses hommes, appellerait à en croire son blog, ses partisans à «éradiquer le Fpi». Traitant ce parti «d’organisation terroriste, Al Qaïda version Côte d’Ivoire». Depuis cet appel au meurtre sur internet que Guillaume Soro a démenti, accusant ses détracteurs de le salir, Alphonse Douaty Secrétaire général adjoint du Fpi chargé du suivi des actions gouvernementales, son épouse et sa fille ont été interpellés le samedi 18 août par la Direction de surveillance du territoire (Dst). Laurent Akoun le Secrétaire général par intérim et Porte-parole l’était une semaine plus tard, le dimanche 26 août.

Rappelons que le président de ce parti Pascal Affi N’Guessan, Simone Ehivet Gbagbo l’ex-Première dame, membre de la direction centrale et d’autres membres influents sont emprisonnés depuis avril 2011. Tous n’ont pas été jugés et sont détenus pour «atteinte à la sûreté de l’Etat», «vol, viol, vol en réunion, concussion…» De nombreux cadres du Fpi qui ont occupé des hautes fonctions dans le pays sont en exil depuis l’arrestation du président Gbagbo.

Gnakabi Vacouh

Source: Le Temps

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