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Divorce surprise avec le club d’Al Saad: Kader Kéita, le prince déchu !

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Pourtant parmi les plus populaires et les plus doués de sa génération, l’ancien lyonnais, qui vient d’être congédié par le club d’Al Saad au Qatar, est prêt de connaître une fin de carrière pour le moins triste.

Grandeur et décadence d’un chouchou du public sportif ivoirien. La nouvelle du congédiement de Kader Kéita, révélée par nos confrères de Nord-Sud, dans leur parution d’hier, a eu l’effet d’une bombe. Mais n’aura pas surpris ceux qui ne cessaient de dénoncer les frasques du joueur depuis des années déjà. C’est que depuis des années, Kader Kéita avait pris un dangereux virage qui ne pouvait le conduire qu’à une telle sortie indigne du grand espoir qu’il a été pour le football ivoirien. Chouchou du public, beaucoup dans le milieu sportif hésitaient à dénoncer ses frasques et ses errements, tant techniques que comportementaux, sur la place publique.

Pourtant, ils étaient tout aussi nombreux à fustiger en comité restreint l’inefficacité de son jeu, remettant ainsi clairement en doute le bien-fondé de sa présence continue chez les Eléphants, pour ne pas dire qu’ils militaient ainsi ouvertement pour une retraite internationale anticipée de l’ancien sociétaire du Sporting Club de Gagnoa. Les vrais coupables de la lente déchéance d’un des plus doués footballeurs de Côte d’Ivoire sont donc aussi à rechercher dans le microcosme footballistique ivoirien. C’est que Kader Kéita, c’était un des princes du football ivoirien à qui l’on pardonnait volontiers tout. Et même l’inadmissible. Il fallait ainsi fermer les yeux sur ses frasques qui mettaient très mal à l’aise pour le modèle qu’il était censé être pour les plus jeunes. Kader Kéita, c’était en somme le mal nécessaire. Il fallait le laisser faire parce qu’on avait encore besoin de lui pour égayer le public qui l’adorait. On en veut pour preuve le fait que l’agression dont a été victime un confrère, le soir même du match contre le Sénégal, n’ait pas eu le traitement médiatique qu’il aurait mérité. Se croyant tout permis, le plus doué des fils de feu Makan Kéita, l’un des plus grands serviteurs qu’ait connus le football éburnéen, se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins.

Alors qu’il n’en a plus pour longtemps, à 31 ans passés. Si Al Saad, jusque là très peu regardant avec sa capricieuse star, est arrivé à la solution extrême, on se demande bien qui voudra bien de ce truculent joueur qui a toujours pris des libertés avec les exigences que requiert le haut niveau. Kader Kéita, c’était pourtant un destin tout tracé pour marcher dans les sillons des plus grands. Révélé à l’Africa Sport, le frère cadet de Fadel Kéita, avec lequel il aura permis à l’Africa Sport de contrer quelque peu la montée en puissance de la génération des Académiciens de l’Asec Mimosas, il se retrouve en Tunisie puis dans le Golfe une première fois. Mais son talent méritait mieux. Et c’est Lille en France qui lui permet de découvrir un championnat digne de lui. En deux ans, sous la direction de Claude Puel, Kader Kéita fait son trou et compte parmi les pépites de la Ligue 1 de France. C’est tout naturellement qu’il prend la route de Lyon pour quelques 12 milliards de nos francs. Une somme que très peu d’Ivoiriens, en dehors de Didier Drogba et de Touré Yaya, ont eu à égaler jusque maintenant.

Malheureusement, Kader Kéita apparaîtra avec les Gones comme une vraie erreur de casting. Même quand il est rejoint à sa deuxième année à Lyon par celui qui l’a façonné à Lille, l’ancien attaquant de l’Africa Sport, qui était déjà aux prises avec les tourbillons de la gloire et de ses excès, n’a pu remonter la pente. Retour à la case départ et dans le Golfe donc. Grâce à une astucieuse présence médiatique, Kader Kéita maintient les liens avec son public abidjanais mais surtout avec la sélection de Côte d’Ivoire. Au grand dam de ceux qui ne l’y voyaient plus. Même quand il marque le but d’anthologie contre l’Algérie en quarts de finale de la Can 2010. Depuis, Kader Kéita aura été de toutes les campagnes jusqu’au dernier match contre les Lions de la Teranga du Sénégal le 08 septembre dernier. A l’issue duquel, il se sera déchainé sur un journaliste alors qu’il avait été transparent durant toute la rencontre quelques heures plus tôt.

 


La présence prolongée à Abidjan qui a suscité les soupçons

En vérité, Kader Kéita aura tout mis en oeuvre pour camoufler son congédiement d’Al Saad. Si jamais il y était encore avant le match Côte d’Ivoire-Sénégal du 08 septembre dernier. En effet, alors que tous les joueurs étaient censés avoir quitté le sol ivoirien le lundi 10 septembre, Kader Kéita, à en croire des sources dignes de foi à la Maison de verre de Treichville, était encore à Abidjan la semaine dernière. Retranché dans un lieu inconnu de la Fif, Kader Kéita, selon nos sources, ne faisait que reporter la date de son départ. Ce qui n’avait pas manqué d’intriguer certains dirigeants fédéraux qui étaient étonnés de savoir le joueur d’Al Saad encore à Abidjan. ‘‘Nous sommes tous des footballeurs ivoiriens évoluant au Qatar et savons tout ce qui s’y passe. Kader Kéita est l’un des premiers Ivoiriens dans ce championnat, mais son image est écornée. S’il ne fait plus partie de l’effectif d’Al Saad, c’est pour son addiction aux excitants et à la boisson (…) Pour les Qataris, cela est intolérable’’ a indiqué une source à nos confrères de Nord-Sud. Témoignage bien tardif s’il en est. Car ils n’étaient pas nombreux ceux qui étaient capables de dire haut et fort les frasques du joueur qui jouissait alors de nombreux passedroits.

La vérité, c’est que la presse avait pourtant déjà présenté Kader Kéita dans des lieux peu recommandables pour un professionnel en activité, avec un seau plein de bouteilles de champagne sans que cela n’émeuve personne. La suite, on la connait désormais. Il faut seulement espérer que le cas Kader Kéita serve d’exemple pour tous ceux de nos professionnels encore en activité mais surtout pour les jeunes pour qui il restera une icône

Patrice Beket

Source: Le Nouveau Courrier

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