ESCRITOS DE LUCHA 20: MAIS, QU’A-T-IL, CET HOMME?
La campagne électorale présidentielle pour le second tour, en cette année 2010 battait son plein et ADO, le candidat du RDR, était tout feu tout flamme. L’homme avait le soutien de tous les partis et associations rebelles à la politique du président Gbagbo. Ils s’étaient regroupés derrière la bannière du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP). Tous les leaders de cette union politique, à chacun de leurs passages publicitaires télévisés ou radiodiffusés, témoignaient, avec force bruit et conviction, de leur attachement à la politique démocratique que celui qu’ils soutenaient avait décidé de mettre en place avec le soutien sans faille de ses amis de la haute finance mondiale, en cas de victoire, pour le bonheur des Ivoiriens. Leur programme de gouvernement, s’il n’était pas très original du fait de sa trop suspecte ressemblance avec celui de leur adversaire Laurent Gbagbo, avait, lui aussi et naturellement, la prétention de rendre facile la vie de l’Ivoirien: créer des emplois surtout pour les jeunes qu’ils découvraient subitement dignes d’intérêt mais que la politique de Gbagbo était accusée d’avoir abandonnés; construire cinq universités: une pour chaque année du mandat; mettre un point d’honneur à la moralisation de la société; lutter contre l’impunité; permettre à l’Ivoirien de relever son niveau de vie en lui donnant les moyens de remplir à moindre frais le panier de sa ménagère…
Les élections se sont achevées depuis fort longtemps. Mais, aucune proposition du bloc rebelle n’a encore été mise en application. Le peuple, entre doute et crainte de crier à la trahison, s’efforce d’attendre. ADO n’est quand-même pas n’importe qui puisque le 11 avril 2011, les Français eux-mêmes ont décidé que c’est le RHDP qu’il représente, créé sous leur égide et sur leurs terres, qui a remporté la présidentielle! Il n’y avait donc aucun doute que ce qui a été promis par «l’Homme du 11 avril 2011» serait réalisé intégralement!
Mais, voilà ! Le peuple a beau scruter l’horizon, il ne voit rien venir et, ADO, partout, use de violence. Alors que les Ivoiriens attendent autre chose de lui, eux qui –selon la France- l’ont élu massivement pour vivre mieux et autrement que sous le régime de gabegie et de dictature de Gbagbo! Les promesses de campagne tardent!
*ADO ne serait-il plus l’élu plénipotentiaire de Sarkozy l’ex-président français, de Young J. Choi et son mandant Ban Ki -Moon de l’ONU, de Carter III l’ambassadeur des USA, de l’Union Européenne, de la CEDEAO, de l’UEMOA, de la BCEAO, tous mobilisés par lui et ligués contre nous, pour obliger les Ivoiriens à abandonner Gbagbo? Ne serait-il plus l’homme de Youssouf Bakayoko qui, en tant que président de la Commission Electorale Indépendante refusa –pour le faire président de notre république- d’en suivre les règlements?
*ADO ne serait-il plus l’ami des grands de ce monde? La haute finance l’aurait-elle abandonné, après l’avoir installé, maintenant qu’il doit prouver?
-Cela fait donc seize (16) mois que la population ivoirienne attend la mise en œuvre du programme de gouvernement du RDR soutenu par le RHDP!
-Plus d’un an que le peuple attend de constater la véritable différence entre la gestion de Laurent Gbagbo tout le temps décriée par le RHDP et celle que veut proposer Alassane Dramane Ouattara (ADO). Les Ivoiriens avaient d’abord voulu se convaincre que s’il s’était présenté sous le nom nouveau d’Alassane Ouattara, c’était pour leur annoncer qu’il voulait être un homme nouveau; que c’était surtout pour en finir définitivement avec la violence qui avait jalonné son parcours vers la présidence de leur République. Ils voulaient également voir, sous le label du sempiternel «vivre ensemble» du RDR et de ses alliés, l’image d’un démocrate plus démocrate que le démocrate Gbagbo!
Las!
-Depuis que ses alliés et lui ont écarté militairement de la gestion de l’Etat, le président Gbagbo, et que rien ne l’empêche de réaliser le bonheur promis,
-Depuis que l’heure est venue de montrer tout le bien dont il se disait capable,
Qu’a-t-il, cet homme?
*Qui, au lieu de créer des emplois, met en place une politique de licenciement frappant de plein fouet les secteurs d’activité du pays. A cause de lui, chaque famille a son licencié pour raison ethnique, religieuse et/ou politique!
*Qui, au lieu de construire des universités nouvelles, se plaît à «badigeonner» celles qui existent déjà . C’est-à -dire qu’il tente de remettre en marche les résidences universitaires et les amphithéâtres que ses soldats iconoclastes occupèrent comme dortoirs, détruisirent et pillèrent. Le souci de ADO est ailleurs: punir les étudiants de la FESCI et leurs alliés suspectés de collaboration avec l’ennemi Gbagbo: ainsi, il a d’abord fait fermer pour un an les universités du pays, puis il a pris des décrets de radiation d’étudiants et d’augmentation des frais d’inscription dans les universités publiques!
*Qui, plutôt que de donner l’exemple de la moralisation de la société, regarde, impuissant, tout son entourage s’empêtrer dans de nombreux scandales: Celpaid, Greensol, déchets toxiques et, tout récemment, le détournement d’une partie des fonds alloués à la «réhabilitation de l’Université», avec, dans les derniers cas, comme sanctions, des chiquenaudes encourageant l’impunité au RHDP !
*Qui, plutôt que de promouvoir une politique de réduction des prix des aliments de première nécessité, laisse les commerçants affamer les Ivoiriens qui découvrent, stupéfaits, l’incapacité du RHDP, sur ce terrain aussi.
Oui, qu’a-t-il, cet homme?
*Qui se prétendait naguère économiste émérite: lui qui n’arrive pas à juguler la crise dans laquelle –pour lui- ses soutiens occidentaux ont plongé les Ivoiriens, afin de les punir de préférer Gbagbo;
*Qui ne montre son savoir-faire que dans les emprunts tous azimuts qui augmentent le fardeau de la dette du pays que le FPI de Gbagbo avait pourtant considérablement diminué; il réduit ainsi à néant les efforts de ses prédécesseurs et du peuple ivoirien. Le pays vient d’être classé parmi les Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), mais, rien ne change pour le contribuable.
Mais, qu’a-t-il donc, cet homme?
*Dont le projet de société semble se résumer à l’épuration ethnique de tous ses opposants, afin que vivent dans une Côte-d’Ivoire militairement pacifiée, son ethnie d’abord et ceux qui par instinct de survie lui font allégeance;
*Dont le programme de gouvernement est la chasse à ses opposants et leur condamnation, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières nationales;
*Que l’on disait démocrate; mais que l’exercice du pouvoir a révélé comme étant, de Houphouët-Boigny à Gbagbo Laurent, le seul dirigeant politique sous le règne duquel les Ivoiriens sont le plus morts pour défendre la démocratie; qui ne peut supporter la moindre opposition à sa politique; qui ne laisse pour tout choix de survie aux journalistes que celui de se soumettre; qui, partout, pourchasse les cadres et partisans de son adversaire électoral; qui se venge de ceux qui commencent à regretter de l’avoir voté et pensent, dépités, que: «GBAGBO KA FISSA!» Oui, les temps sous Gbagbo étaient meilleurs!
Ses pratiques liberticides et antidémocratiques ont rendu moins euphoriques et subitement muets les leaders qui le soutenaient! Mais, ADO continue de tout broyer sur son chemin!
Que ne l’a-t-il dit plus clairement, pendant sa campagne électorale; cela aurait évité que l’intervention militaire de la communauté internationale venue pour nous l’imposer, décime tant d’Ivoiriens !
RATGO Emilio, Salamanque (Espagne)









mon frère merci pour cette analyse juste. en effet ouattara sait que sa chute pourrait venir des étudiants alors il a ferme le grand U pour ensuite faire un grand nettoyage.ouattara ne veut pas d'opposition a son régime parce que c'est un lâche.mais ce qu'il craint finira par arriver parce le serpent n'est pas encore mort