Visite du président ghanéen en Côte d’ivoire: Chaudes discussions en perspective entre Ouattara et Dramani
Sauf décision contraire, le président par intérim du Ghana, John Dramani Mahama, effectuera une visite officielle d’amitié et de travail en Côte d’Ivoire, le vendredi 7 septembre 2012.
Cette visite programmée par les présidents ghanéen et ivoiriens, lors d’un entretien en marge des obsèques de l’ancien chef de l’Etat du Ghana, John Evens Atta Mills, le 10 août 2012 à Accra, se veut décisive dans les relations entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. En bonne place au menu, le gisement pétrolier offshore découvert à la frontière ivoiro-ghanéenne en 2010, par le géant russe ‘’Loukoil’’ et son partenaire américain ‘’Vanco Energy’’. Cette découverte dans la frontière maritime illimitée entre le Ghana et la Côte d’Ivoire qui revendiquent chacun, un droit de propriété sur le gisement découvert, pourrait entraîner de chaudes discussions entre Alassane Ouattara et son hôte. Car, il est vrai que relativement aux colossaux dividendes que rapporte l’or noir, ni le Ghana ni la Côte d’Ivoire, ne sont disposés à faire la passe à l’autre. Les deux chefs d’Etat pourraient en cas de blocage, se référer à une intervention de l’Onu dans le sens d’un partage du gisement en question. L’autre sujet qui ne manquera pas d’intérêt pendant la visite de John Dramani à Abidjan, c’est sans nul doute l’affaire ”Koné Justin Katinan”, du nom de l’ancien ministre du budget de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo.
Koné Katinan qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt du gouvernement ivoirien, faut-il le souligner, a été mis aux arrêts par la police ghanéenne, le 24 août dernier alors qu’il revenait d’Afrique du Sud. Les autorités ivoiriennes souhaitent son extradition mais elles sont suspendues à la décision de la justice ghanéenne, prévue pour le mercredi 5 septembre prochain.
Si à cette date, le porteparole de Laurent Gbagbo est relâché, il va sans dire que les discussions seront tendues entre les chefs d’Etat du Ghana et de la Côte d’Ivoire. Il en sera de même si la justice ghanéenne reporte sa décision après la visite du président John Dramani à Abidja. Cela est d’autant vrai qu’Abidjan tient à avoir dans ses filets, Koné Katinan qu’il estime être le financier d’une opération de déstabilisation du pouvoir, matérialisée ces dernières semaines par des attaques contre les positions des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci). En revanche, si la justice ghanéenne accède à la demande d’extradition des autorités ivoiriennes, les échanges entre les deux chefs d’Etat seront moins chargés en intensité. Et, Ouattara et Dramani pourraient aborder sereinement, la question de l’ensemble des exilés ivoiriens au Ghana, y compris ceux qui font l’objet de mandat d’arrêt.
Par ailleurs, les échanges porteront indiscutablement sur la question de la sécurisation de la frontière ivoiro-ghanéenne, et sur les projets de développement entre les deux Etats.
Bamba Idrissa
Source: Soir Info








