41 villas et école rasées à Abidjan: le promoteur et le ministère s’accusent

41 villas et école rasées à Abidjan: le promoteur et le ministère s’accusent

C’est une affaire dont la presse avait fait écho, en Côte d’Ivoire : la destruction de 41 villas de hauts standings et d’une école primaire, dans le quartier de Cocody, à Abidjan.

À l’origine une crise mettant aux prises la Société de construction immobilière (Sci) ”Les Jardins d’ Eden” et le ministère ivoirien de la Construction. Afrikipresse.fr est allé à la rencontre des deux parties.

Lobouet Jean-Marcel est Directeur Général de la Sci Les Jardins d’Eden. Il rapporte que les jeudi 19 et 20 vendredi 20 mars 2015, un capitaine du nom de Pika Salomon est venu au nom du ministère de la Construction avec un détachement des éléments de la Police, des Frci et du CCDO, et de BAE et ont commencé à casser des maisons sans sommation ni décision de Justice.

Le promoteur poursuit : « Nous n’avons pas été informés sauf que le 3 mars 2015, ils sont venus mettre de la peinture sur des maisons, ce qui signifie qu’elles seront détruites. C’est alors que nous sommes allés au ministère et personne n’a voulu nous recevoir.

Nous n’avons pas compris puisque nous étions déjà dans une procédure devant le ministère auprès de la chambre administrative de la Cour suprême. Donc pour nous, la justice étant déjà saisie du dossier, rien ne justifiait un tel acte. Mais bien avant voyant la chose venir, nous avons rencontré M. Dosso, le directeur juridique du ministère qui a demandé les titres administratifs que nous avions sur la parcelle que nous lui avons donnés.

Nous lui avons même donné toutes les preuves de notre propriété sur la parcelle de 20 hectares et malgré cela, il est revenu le 23 décembre 2013 pour nous servir un arrêté d’annulation de notre permis de construire. Nous n’avons pas compris et nous sommes repartis au ministère mais on a plus voulu nous recevoir.

C’est alors que nous avons saisi la Justice qui nous a fait droit afin d’arrêter le projet de démolition du ministère de la Construction, des villas de nos acquéreurs. Le ministère a même fait appel de cette décision de justice et il a une fois encore été débouté.

Le ministère a donc fait fi de cette décision de Justice pour venir casser des maisons. Et cette fois-ci, des maisons ont été sélectionnées, 41 villas de hauts-standings en plus d’une école et nos bureaux. Aujourd’hui, nous allons porter plainte. (…) Nous allons donc assigner en justice les auteurs de cet acte car nous avons subi un préjudice énorme qui est del’ordre de 2 milliards de Franc Cfa (Soit, près de 3,6 mllions d’Euro)».

Le ministère contre-attaque

Selon Yao Emile chargé des affaires juridiques et des contentieux au ministère de la Construction , la SCI ”Les Jardins d’Eden” n’a aucun papier sur la parcelle du terrain objet du litige. Il explique que cette société civile immobilière était entrée en relation d’affaires pour payer une parcelle avec la communauté villageoise de M’badon, et que le ministère de la Construction a apporté une caution morale qui lui a permis d’avoir des actes qui sont signés par le ministère.

Et M Yao de poursuivre: « Il se trouve qu’après que la Sci Les Jardins d’Eden eût reçu ses actes, elle était dans l’impossibilité de payer la totalité de ces parcelles. Donc, sous l’égide du ministère, un accord a été signé entre Les Jardins d’Eden et la communauté villageoise. Et conformément audit accord, il fallait faire un lotissement et remettre à la Sci Jardins d’Eden le nombre de lot équivalent à la somme versée.

C’est ainsi que l’approbation du site va être faite par un arrêté du 31 mai 2005. Cet arrêté, en réalité, approuve mais partage. Il y a un certain nombre de lots qui reviennent immédiatement à la SCI les Jardins d’Eden, qui ne sont pas discutables et qui n’ont jamais été discutés.

Ça s’étend sur 7 hectares et les lots qui sont contenus dans les 13 autres hectares appartiennent à la communauté villageoise. Toute cette histoire se passe dans les13 hectares. Puisque Jardin d’Eden sachant que ce n’est pas à elle, puisque entre temps, tous les papiers qu’elle avait, il fallait les annuler parce que ses limites d’aarrêtaient aux 7 hectares. Mais cette société n’a jamais tempéré à toutes les procédures administratives.

De sorte que son certificat de propriété qui couvrait les 20 hectares a été annulé par la chambre administrative de la Cour suprême. Ça veut dire en réalité que la SCI Les Jardins d’Eden, n’a aucun papier. Mais le ministère n’a jamais connu de litige sur les 7 hectares. Il s’agit pour les Jardin d’Eden d’arrêter d’annexer les 13 autres hectares qui appartiennent à la communauté villageoise et c’est ce que la SCI Les Jardins d’Eden refuse ».

Claude Dassé

Source : Afrikipresse.fr

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