Ne l’appelez plus “Président” !

Ne l’appelez plus “Président” !

Il y a exactement un an, 12 février 2016, le juge Cuno Tarfusser sur injonction de l’avocate des victimes RDR, -les seules répertoriées officiellement-, a demandé que le président Laurent Gbagbo, ne puisse plus bénéficier de son titre honorifique de “Président” lors de son procès à la CPI.

Et pourtant, dans cette humiliation publique qui dure depuis un an, quels résultats positifs allant dans le sens de la culpabilité de Laurent Gbagbo, la Cour pénale a-t-elle engrangé? Quel bilan cette année de témoignages va-t-elle apporter? Va-t-elle faire pencher la balance en faveur de ce que nous avons vu à la télévision le 11 avril 2011 : un Président de la république de Côte d’Ivoire encore en fonction, capturé et maltraité, présenté comme un vulgaire citoyen délinquant, ainsi que son épouse et son fils, un président qui s’est accroché au pouvoir et qui a fait sombrer le pays dans la violence et les meurtres organisés, comme l’a prétendu la communauté internationale, avec ses 3.000 morts inamovibles ?

Après le passage de 32 témoins, menteurs, dissimulateurs, témoins de pas grand chose, recrutés pour témoigner contre le président Gbagbo, dont deux représentants d’ONG -qui n’ont rien vu, mais pris des notes-, que faut-il retenir? La procureure Fatou Bensouda est invisible lors des auditions de témoins, probablement écartelée entre un dossier vide et sa honte de devoir représenter les états et lobbies dépeceurs de la Côte d’Ivoire. Certains témoins à charge, parmi les plus crédibles, ont plutôt chargé Ouattara et sa rébellion.

D’autres on fait ressortir que ce président de la communauté internationale, imposé en 2011 n’était pas le président élu et reconnu des ivoiriens. Et la plupart témoignaient parce qu’on leur avait promis une récompense. En un an, la stature du prisonnier que l’on a déporté loin de son pays pour être oublié des siens et la vénération que beaucoup de panafricains lui portent, n’ont fait que grandir; oui c’est un grand homme, un grand Président, ses amis ont d’ailleurs récolté plus de 25 millions de signatures pour demander sa libération !

Quant à l’autre président, celui qui a prêté serment par courrier, handicapé, rattrapé par sa maladie, ses mensonges de Côte d’Ivoire inondée de milliards, il est obligé de s’entourer d’une armée de mercenaires bling bling et non de soldats loyaux, de “corps à billets”; autour de lui, les citoyens grondent : fonctionnaires méprisés, commerçants, cultivateurs, trompés, arnaqués, investisseurs grugés et désabusés; La Solution cherche depuis des années des solutions et n’en trouve pas…

L’expression “SEM, le Président Ouattara”, est totalement inexistante en dehors des discours de ses proches, de ceux qui participent avec lui à l’effondrement de la nation; et plus symptomatique encore:sur les réseaux sociaux, les gens peinent à écrire son nom avec une majuscule !
Même sa blonde épouse, spécialisée dans le social et les bonnes œuvres, est aux abonnés absents depuis plusieurs semaines. Faut-il voir ici une tentative d’imitation de la nouvelle première dame – blonde elle aussi- américaine qui n’habite pas la Maison blanche avec son époux ? Toute autre supposition, comme celle d’une fuite, serait déplacée…

Les fruits de la nouvelle Constitution ne murissent pas. L’émergence promise qui devait être boostée par cette troisième Constitution semble rangée au placard, et même le budget 2017 n’a pas encore été officialisé, car avec toutes les dépenses liées au chantage des rebelles devenus l’armée régalienne, il faut revoir les enveloppes destinées aux autres ministères, et maintenir la pression sur les fonctionnaires du ministère de l’éducation nationale; eux doivent comprendre que les caisses de l’état sont vides, mais pas les amis.

Ainsi, en janvier, le renvoi d’Adama Toungara ex ministre du Pétrole et de l’énergie et autres ministres, semblait être un geste d’économie et de prise au sérieux de la faillite en chemin; mais voilà, moins d’un mois plus tard, nous observons la nomination du même Adama Toungara comme Conseiller auprès du président de la République, chargé du pétrole, des mines et de l’énergie! Avec un peu de chances, il pourra cumuler cette nomination de Conseiller avec ses indemnités de licenciement de ministre !

Elle n’est pas belle la vie dans cette république bananière où les hôpitaux sont délabrés, alors que l’hôpital des personnages importants se trouve en France? C’est ce qui explique l’absence momentanée du nouveau premier ministre Gon Coulibaly qui passe sa visite annuelle liée à sa transplantation cardiaque au début de la gouvernance Ouattara. Presque au même moment, le brillant ministre des finances du Président Gbagbo, Antoine Bohoun Bouabré, réfugié en Israël, espérait bénéficier d’une greffe des reins; mais l’innocent Ouattara, celui auquel on ne peut imputer aucun crime, avait refusé de dégeler ses comptes bancaires. Alors la Terre Promise a recueilli son dernier souffle et Gon Coulibaly est ressuscité à Paris.

Demain le procès des “criminels” va reprendre à La Haye, et les élus de la Communauté internationale vont à nouveau surfer sur les grèves, les mécontentements, les manifestations de microbes et autres. Ouattara va chercher des solutions, promettre, mentir, sourire, envoyer des commandos pour mater les émeutiers. Mais rassurez-vous : à part le compte rendu du conseil des ministres hebdomadaire, rien ne filtre sur le site officiel de la Présidence; aucune grève, aucune manifestation, aucun mécontentement.

Quelques journalistes emprisonnés pour avoir osé dire ce que le pays sait: Ouattara a cédé, les mutins ont des arguments plus forts que les fonctionnaires, ils exercent un chantage armé!

Mais à part cela, tout va bien, tout va très bien !

Shlomit Abel·dimanche 12 février 2017

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