9 Mai 1945 : La victoire du National-Bolchevisme Stalinien: Pourquoi les critiques occidentales sont fausses!

9 Mai 1945 : La victoire du National-Bolchevisme Stalinien: Pourquoi les critiques occidentales sont fausses!

Partie 1 :

« Pour De Gaulle, c’est en apprenant, à Londres, les premiers succès soviétiques dans la résistance de leurs armées contre l’envahisseur allemand qu’il se persuade que la victoire des alliés sera acquise plus vite que prévu. Sans les batailles de Russie, pas de débarquement en Afrique du Nord, en Italie, en Provence, en Normandie. Dit autrement : sans le national-bolchévisme, point de combat efficace contre le national-socialisme ». (Jean Daniel, « Voyage au bout de la Nation ») 

« Chaque être humain qui aime la liberté doit plus de remerciements à l’Armée Rouge qu’il ne puisse payer durant toute une vie ! » (Ernest Hemingway)

Un faux « débat » – parce qu’il n’y a rien à débattre et que les véritables questions sur le sujet sont ailleurs – s’est ouvert à l’occasion du 70e anniversaire de la défaite nazie de 1945 (resucée d’un débat similaire en 2005, lors du 60e anniversaire) . Les politiciens révisionnistes des Etats baltes, de Pologne et de Roumanie, n’ont été dans cette affaire – attitude qui leur est traditionnelle depuis 25 ans – que les porteurs de valise de la politique impérialiste américaine et atlantiste en Europe de l’Est.

 

Ce qui a permis ce pseudo débat, c’est d’une part le travail de sape mené depuis près de deux décennies par l’Ecole historique révisionniste atlantiste sur la victoire antinazie de 1945 et d’autre part la méconnaissance fondamentale des media et politiciens occidentaux sur l’histoire des Pays baltes et de l’Europe orientale. On voit ainsi des media importants – comme LE FIGARO – poser des questions qui ont reçu depuis longtemps leurs réponses et reprendre sans aucun recul critique les mensonges de la propagande – qui vise notamment à réhabiliter les fascismes locaux – des régimes baltes.

 

QUELQUES RAPPELS HISTORIQUES SUR L’HISTOIRE DES PAYS BALTES

 

Nous commencerons donc par rappeler quelques faits historiques oubliés ou méconnus, parce qu’ils démontrent qu’il n’y a ici aucun débat :

 

La Lettonie a été un des foyers révolutionnaires de 1917-1920 et a fourni à la Révolution bolchévique de nombreux cadres (à commencer par les régiments de fusiliers lettons qui ont protégé Lenine à Petrograd). C’est l’intervention armée des « corps francs » allemands proto-fascistes et de la Flotte britannique (qui agissait dans le cadre de l’intervention occidentale contre les Bolchéviques de 1918-1921 aux côtes des Armées blanches contre-révolutionnaires) qui a empêché la Lettonie de devenir une république soviétique dès 1918.

 

Au cours des années 20 et 30, les régimes baltes ont évolué vers le fascisme et ont développé des législations antisémites (notamment un statut spécial sans droits civiques pour les juifs lettons).

 

Une partie importante de la classe politique balte est issue de cette matrice pro-fasciste. Cette situation explique pourquoi la collaboration pro-nazie a été si importante en 1941-45 et la participation directe des Baltes à l’organisation et à l’exécution du génocide des juifs. Elle explique aussi le rôle important des fascistes baltes émigrés après 1945 – et revenus au pouvoir après 1990 – dans le combat antisoviétique. Le révisionnisme des régimes baltes, tel qu’il s’étale à l’occasion du 9 mai, est directement issu de cette matrice idéologique (1).

 

En 1940, les pays baltes entrent – légalement et selon les lois internationales – dans l’URSS, qui libère son territoire en 1944-45. Le Kremlin réfute donc à juste titre le terme d’ « occupation » avancé par les régimes baltes à propos de leur intégration dans l’URSS. « Plusieurs pays tentent de récrire l’histoire à leur avantage en profitant du contexte », estimait dès 2005 le journal moscovite IZVESTIA.

 

L’arrivée des Nazis en juin 1941 sonne l’heure de la revanche pour la bourgeoisie balte, accueillant à bras ouvert les armées allemandes, fournissant légions SS et formations policières, dont la première tache sera le massacre des juifs, dont bien peu survivront.

 

L’épuration soviétique de 1945, qui vise plusieurs dizaines de milliers de baltes dans trois pays où la base de la collaboration pro-nazie a été importante, frappe les collaborateurs des nazis et notamment ceux qui ont participé au génocide des juifs. Ce qu’oublient les révisionnistes baltes. Elle est de même nature que celle opérée en France, Belgique ou Italie.

 

La participation directe des fascistes baltes au génocide juif, particulièrement en Lettonie – ce que niait la présidente lettone Vike-Freiberga qui a tenu des propos négationnistes, où le camp nazi d’extermination de Salaspils – l’ « Auschwitz letton », près de Riga, où les nazis réalisèrent des expériences médicales sur des enfants – devient un « camp de travail correctif » (2) – n’est nullement discutable ni discutée. Notamment après les travaux de l’historien letton Andrew Ezergailis (3).

 

De 1940 à 1990, les pays baltes font partie de l’URSS. Ils sont administrés par une classe politique locale et disposent de l’égalité des droits, notamment en matière culturelle. Les langues baltes sont des langues officielles de l’URSS. Et, selon la politique stalinienne, les cultures locales sont non seulement favorisées mais développées. Parmi les dirigeants soviétiques qui s’opposent à l’éclatement de l’URSS en 1988-91, on trouve de nombreux baltes. Notamment le colonel letton Victor Alknis, dirigeant du groupe Soyouz – le plus pro-soviétique – au Soviet suprême d’URSS, qui deviendra ensuite député de la Douma russe.

 

1991 voit le retour des émigrés pro-fascistes. Trois exemples parlent d’eux-mêmes : en 2005, la présidente lettone a un passeport canadien, le précédent président lithuanien avait la nationalité américaine, Janis Kazocinu le chef de la Sûreté lettone en 2005 est un « ex » général britannique et le général Jonas Kronkaitis commandant l’armée lithuanienne en 2005 est un général de l’US Army « à la retraite » (4). La réhabilitation des anciens fascistes, y compris les légionnaires SS, avec l’accord des gouvernements et de la nouvelle classe politique balte, est immédiate dans les trois pays baltes (avec un bémol en Lithuanie depuis 1998).

 

La population des pays baltes n’est homogène dans aucun des trois pays, bien au contraire. On y trouve des minorités importantes (qui en Lettonie notamment forment la majorité de la population réelle) : non seulement russes – 40% en Lettonie et 80% à Riga –, mais ukrainiens, biélorusses, polonais, juifs (rescapés du génocide). La citoyenneté étant définie selon le droit du sang et l’origine ethnique dans les pays baltes, les minorités n’ont pas les droits civiques et politiques (qu’ils ne peuvent acquérir qu’après un processus long et difficile). La majorité des minorités de Lettonie est donc constituée de non-citoyens en raison de leur ethnie, y compris plus de 20.000 juifs de Lettonie. Des citoyens de seconde zone, privés de passeports, de droits civils et politiques. A Riga, la capitale lettone, la langue russe est bannie, totalement absente. Mais les Russes y représentent pourtant près de 80% de la population !

 

Voilà tout ce que les media aux ordres de l’OTAN ne disent pas. En donnant la parole à grande échelle aux révisionnistes baltes, la presse européenne et les politiciens européens – comme Blair, le 1er ministre belge Verhofstad (5) ou le danois Uffe Ellemann-Jensen (6) – se sont fait directement les complices du révisionnisme et du négationnisme baltes.

 

QU’EN PENSENT LES DEPORTES JUIFS ?

 

A ces mensonges issus des pires heures de la Guerre froide (7), les premiers concernés, les déportés juifs, ont déjà répondu.

 

Ainsi Simonas Alperavicius, ex président de la communauté juive, qui « entretient la mémoire de la Shoah à Vilnius » : « L’occupation soviétique nous a sauvé la vie (…) la défaite des nazis a été un bien pour l’ensemble de l’humanité (…) Le 9 mai est, pour nous, l’un des jours les plus importants. Sans la libération, aucun d’entre nous ne serait en vie » (8).

 

« La victoire dans la guerre contre le nazisme aurait été impossible sans la participation de l’Union soviétique », estimait pour sa part l’israélien Shimon Peres. « L’Union soviétique a joué un rôle essentiel dans la défaite de l’Allemagne nazie. La Victoire a coûté la vie à un grand nombre de Soviétiques, y compris des Juifs. Je doute que sans la participation à la guerre de l’Union soviétique et de son Armée rouge, il ait été possible de l’emporter sur les fascistes. Pour ce rôle remarquable, nous devons dire “Hourra !” au peuple soviétique et à ses soldats », a ajouté Shimon Peres. Il rappellait également que « plus de 500.000 Juifs avaient combattu dans l’Armée rouge, dont 198.000 ont péri sur le champ de bataille et 143 avaient reçu le titre de Héros de l’Union soviétique ».

 

LE REVISIONNISME BALTE POUSSE SUR LE TERREAU FERTILE  DU REVISIONNISME ATLANTISTE

 

Mais venons-en au « 9 mai 1945 ». Le révisionnisme balte n’aurait pas trouvé un tel écho si il ne se développait pas sur le terreau fertile du révisionnisme atlantiste. Qui s’est notamment manifesté spectaculairement en 2005 avec vigueur lors du 60e anniversaire de Stalingrad et de la libération d’Auschwitz. Et elle remet çà en 2015, avec notamment les délires révisionnistes d’un BHL, affirmant avec le régime atlantiste de Kiev (qui a réhabilité le fasciste antisémite Bandera), que ce serait « l’Ukraine qui aurait libéré Auschwitz » (sic).

 

C’est l’ Armée rouge qui a libéré Auschwitz. L’Armée rouge et non pas « les alliés », comme le martèlent fallacieusement et régulièrement nos media aux ordres de l’OTAN, qui veulent associer les Anglo-Américains à la geste glorieuse des soldats soviétiques. La réalité est que les Anglo-saxons, pourtant avertis du génocide, ont refusé d’aider les juifs, de bombarder l’infrastructure des camps. Et même de les laisser entrer aux Etats-Unis. La présence du président russe Poutine à Auschwitz lors du 60e anniversaire avait aussi pour but de rappeler le rôle des soviétiques, au moment où se déchaînait le révisionnisme occidental. « Nous rendons hommage au courage des soldats soviétiques dont six cent mille ont donné leur vie pour la libération de la Pologne, avait-il déclaré. Nous n’oublierons jamais le prix exorbitant de 27 millions de vies humaines que l’Union Soviétique a payé pour la Grande victoire (…) Les premiers qui ont vu les horreurs d’Auschwitz ont été des soldats soviétiques. Ils ont éteint à jamais les fours d’Auschwitz et d’autres camps de concentration, ils ont libéré Cracovie. 600 000 soldats soviétiques ont laissé ici leurs vies, ils ont sauvé le peuple juif et beaucoup d’autres ».

 

On oublie trop souvent – et toute la propagande atlantiste vise à cet oubli – que le Nazisme n’a été vaincu que par le formidable effort de l’URSS et de la ligne nationale-bolchévique imposée par Staline (9). Comme le rappelle l’essayiste Jean Daniel, dans son « VOYAGE AU BOUT DE LA NATION » : « sans le national-bolchevisme, point de combat efficace contre le national-socialisme » (10). Les juifs et les tsiganes n’étaient qu’une étape dans le plan de domination nazi, le « Drang nach Osten », qui prévoyait l’extermination de 30 millions de Slaves entre l’Oder et Moscou. Les premières victimes d’Auschwitz furent polonaises et slaves. Pour briser ce rêve nazi, les Soviétiques perdirent 27 millions des leurs. Les pertes des Alliés anglo-saxons sont infimes comparées à ce tribut sanglant.

 

Auschwitz, tout comme la victoire de 1945, sont aujourd’hui l’occasion d’une immense récupération au profit de la propagande occidentale, des USA et de l’OTAN, c’est-à-dire de ceux qui aujourd’hui commettent encore et toujours des crimes de guerre, de la Yougoslavie à l’Irak et à la Libye. Ceux-là même qui osent parler à Auschwitz ou parader à Moscou, participent à la réhabilitation des bandes fascistes et antisémites qui ont participé hier au génocide des juifs dans les pays baltes ou encore en Ukraine. Les anciens SS ont leur place dans le monde made in NATO ! (11)

 

A Riga – épicentre de ce révisionnisme  – on célèbre chaque année la gloire des SS lettons, avec la complicité du gouvernement qui participe à l’OTAN et à l’Union Européenne. Et on y persécute les résistants soviétiques. En Estonie, on inaugure des monuments à la gloire des SS estoniens. Et l’Ecole des cadets de l’Armée estonienne, fleuron de la nouvelle OTAN, inaugurée en 2000 en présence de généraux de la Bundeswehr, porte le nom du commandant de la Légion SS estonienne Anton REBANE. En Ukraine, les bataillons spéciaux du type Azov, sont les héritiers directs des bandes antisémites ukrainiennes et des SS ukrainiens. Dans la foule rameutée à coup de dollars pour soutenir la Junte de Kiev, on pouvait voir flotter les drapeaux de la Division SS ukrainienne et entendre de nombreux chants antisémites. On les avait déjà vu et entendu en 2004, lors de la pseudo « révolution orange » (12).

 

C’est ce révisionnisme, qui ne choque visiblement pas grand monde dans l’Occident américanisé, que dénonçait déjà la Russie il y a dix ans. « La participation du président de la Fédération de Russie à ces actions (les commémorations du 60e anniversaire de la libération d’Auschwitz) est appelée à rehausser l’apport que notre pays a fait dans la victoire sur le nazisme, victoire qui a réuni les conditions nécessaires à un développement libre de la civilisation contemporaine », avait déclaré alors à RIA NOVOSTI un représentant du Kremlin. « Alors que certains milieux tentent de revoir les résultats de la Seconde guerre mondiale et les valeurs y afférentes, cela servira à rappeler l’intangibilité des faits historiques connus », a-t-il ajouté. « L’appel du président de la Russie à rendre hommage aux héros de la guerre et à leurs exploits aura d’autant plus de poids qu’il sera lancé en terre polonaise abreuvée du sang de 600.000 soldats soviétiques qui ont donné leur vie au nom de sa liberté ». Dix ans plus tard, c’est encore pire !

 

LE SILENCE DES IMPOSTEURS

 

Tout cela dans le silence assourdissant des groupes « anti-fascistes » autoproclamés, du style Ras’l Front, Reflex, RésistanceS ou Searchlight, qui démontent à nouveau qu’ils ne sont que des appendices des appareils d’état bourgeois occidentaux et atlantistes.

 

Il y a en effet apparemment, pour la morale à géométrie variable du parti américano-occidental, de bons et de mauvais fascistes. Nos journalistes et nos politiciens atlantistes, si prompts à hurler au « Fascisme » contre les partis dits populistes, sont bien silencieux lorsqu’il s’agit des néofascistes et néonazis de l’extrême-droite xénophobe des pays baltes, du Belarus ou d’Ukraine.

 

Plus honteux encore est le silence des associations juives, que l’on n’a pas non plus entendues protester quand Bush, petit-fils de Prescot Bush  (13), un des financiers des Nazis, paradait à Auschwitz.

 

LES REALITES DE L’HISTOIRE CONTE LE REVISIONNISME

 

Pourtant ce révisionnisme atlantiste ne repose pas sur une lecture objective de l’Histoire. Sans Moscou et sans Stalingrad, sans les 27 millions de morts soviétiques (pour quelques centaines de milliers chez les « libérateurs » yankee), sans la fermeté inflexible de STALINE aux heures les plus sombres de 1941-42, il n’y aurait jamais eu de débarquement allié en Méditerranée ou en Normandie.

 

C’est cette évidence que la propagande libérale dominante tente de dissimuler maladroitement, au nom d’un révisionnisme occidental reposant sur la manipulation de l’Histoire et que dénonçait courageusement l’historien Marc Ferro. Dans L’HUMANITE, l’historien Marc Ferro exposait comment la guerre froide et « l’américanisation de l’histoire » ont minimisé le rôle majeur de Stalingrad : « Dans l’ordre symbolique toutefois, la victoire de Stalingrad est beaucoup plus importante que les autres, elle signifie pour la première fois qu’une grande armée de la Wehrmacht est battue, elle souligne l’entêtement mortel de Hitler dans sa stratégie militaire qui trouve plus fort que lui. Le général Paulus contraint de se rendre, ça veut dire que le vent de l’histoire a tourné à l’Est, du côté des Soviétiques qui brisent l’invincibilité allemande. A Stalingrad, les Allemands font en effet l’expérience d’une puissance de feu et d’une capacité technologique qui leur est supérieure. Ils diront avoir été battus par l’hiver : ils l’ont surtout été par les chars et les canons fabriqués par une industrie soviétique qui a pris la relève de la vieille industrie russe et qui n’a pas baissé les bras. L’URSS, il faut le rappeler, produisait alors plus de canons que l’Allemagne. Peu à peu pourtant on oubliera Stalingrad, à cause de la guerre froide et de l’américanisation de l’histoire qui s’en suivit ».

 

En 1992, Marc ferro écrivait déjà : « Il y aurait un tabou a posteriori qui n’existait pas pour les contemporains: dire que c’est l’armée soviétique qui a brisé la Wehrmacht, et qu’ensuite, grâce à cela, le Débarquement a pu se faire, et les Américains et les Anglais sauver, libérer l’Europe de l’Ouest. Opérations liées chronologiquement mais mécaniquement aussi. Or, à mesure que les années ont passé, que la guerre froide s’est installée, que l’historiographie occidentale s’est imposée, on a fini par réduire la part et le rôle que la puissance soviétique a joués. Et aujourd’hui, où elle se décompose, on a de plus en plus tendance à créditer exclusivement les Anglo-Saxons des succès militaires qui ont pu suivre ».  Il dénonçait déjà « ce refus intériorisé à admettre qu’il peut y avoir eu, à certains moments de l’Histoire, une supériorité technique, industrielle, des Russes sur l’Allemagne pendant cette guerre ».

 

1940-45 : UNE GUERRE IDEOLOGIQUE AVANT TOUT

 

La victoire de 1945 n’est pas seulement celle du grand peuple russe, c’est avant tout celle d’un homme exceptionnel : le maréchal STALINE. Comme le rappelle Marc Ferro : « Staline est généralissime, il prend effectivement en main les opérations (…) Il avait donc développé une stratégie à longue vue qui, d’une certaine façon, préparait la contre-offensive ». En 1945, c’est l’idéologie stalinienne qui triomphe du Nazisme. Une idéologie conjuguant patriotisme et Léninisme qui fut mise en place dès les Années 20 et non pas après 1941 comme on le croit trop souvent. Une idéologie qui est la nôtre.

 

Cet aspect de la guerre de 1940-45 comme une guerre entre trois idéologies – la nazie-fasciste, la Stalinienne et la capitaliste-libérale – est fondamentale. Car même si il usa en maître des mythes nationaux, Staline n’envisagea jamais la guerre comme une guerre contre l’Allemagne mais bien contre le « fascisme allemand ». « Les Hitler vont et viennent, le peuple allemand restera » précisa-t-il en 1942. Dans un discours prononcé au Soviet de Moscou le 6 novembre 1942, Staline affirma aussi : « Nous n’avons pas pour but de détruire l’Allemagne, car détruire l’Allemagne est impossible… notre but n’est pas de détruire toute la force militaire en Allemagne, car toute personne instruite comprendra que ce n’est pas impossible seulement à l’égard de l’Allemagne mais également indésirable du point de vue de l’avenir ».

 

Et c’est au nom de la même conception idéologique de la guerre que des Allemands – plus nombreux qu’on ne le pense – menèrent cette guerre aux côtés des Soviétiques et même dans les rangs de l’Armée rouge ou des formations de partisans de l’Est et des maquis de France. Non seulement les communistes, notamment ceux du groupe Ulbricht, mais aussi de nombreux nationaux-bolchéviques allemands : notamment ceux de l’ « Orchestre Rouge » (nom sous lequel est improprement connu l’Organisation de Résistance ARNACK et SCHULZE-BOYSEN) (14), du « NATIONALKOMIETE FREIES DEUTSCHLAND », de l’ « UNION DES OFFICIERS ALLEMANDS », du « COMITE DE L’ALLEMAGNE LIBRE POUR L’OUEST » (CMVO) (15). Qui fournirent en 1945-49 les cadres de l’ « autre Allemagne », la « nation socialiste » de la DDR.

 

Leur combat – que le nôtre continue directement ! – appelle à une réflexion sur les notions bourgeoises et révolutionnaires de « Nation » et de « Patrie », qui s’opposent. Pour des militants révolutionnaires, l’Etat bourgeois, la Patrie aux mains des bourgeois, sont des ennemis, qu’il faut détruire. Rien ne nous attache donc au patriotisme bourgeois, qui envoie régulièrement à la mort, générations après générations, les classes exploitées. Victor Hugo disait, avec cynisme et raison, que chez les bourgeois « l’amour, ce sont les femmes des autres ; les affaires, l’argent des autres ; la guerre, la peau des autres ».

 

Pour un militant révolutionnaire, la Patrie, c’est son idéologie. Et la Nation, le nouvel Etat révolutionnaire à bâtir après la Révolution. Souvenons-nous de Lénine en 1914-17, appelant au défaitisme révolutionnaire, à la défaite du Régime tsariste, par tous les moyens. Y compris ceux de l’Allemagne impériale. Mais rappelons-nous aussi du jeune Etat soviétique de 1917-20 bâtissant l’Armée Rouge, forgeant le « patriotisme rouge » de la nouvelle Nation bolchevique, portant la guerre aux portes de l’Allemagne et la Révolution dans ses frontières ! Cette réflexion nous amène directement à la Résistance allemande. Dans l’Allemagne de 1943-45, les révolutionnaires allemands qui combattent les Nazis appelaient avec la défaite du IIIe Reich la victoire du Socialisme. Dans l’Allemagne bourgeoise, libérale et occidentale de Bonn, 1945 est une défaite. Et elle l’est encore aujourd’hui, même et surtout si on y parle de « réconciliation ». Mais pour cette « autre Allemagne », socialiste, qui a existé de 1945 à 1989 – et qui existe toujours dans nos cœurs ! –, la DDR, 1945 était une victoire et une naissance. La différence de vision de la Résistance allemande dans l’Allemagne de Bonn ou dans la DDR éclaire cette divergence fondamentale entre la patrie bourgeoise et la Patrie révolutionnaire. La DDR puisait dans la résistance anti-nazie l’un de ses fondements. L’Allemagne de Bonn, elle, a longtemps considéré les Résistants comme des traîtres et a mis longtemps à les reconnaître. Pour mieux récupérer et trahir leur combat. Ce qui révèle par ailleurs une connivence idéologique entre l’Allemagne nazie et celle de Bonn.

 

A suivre dans la 2e partie

(dans l’édition suivante de PCN-Info)

 

Luc MICHEL

 

Photo : Couverture de NATSIA EVROPA, édition spéciale franco-russe de NATION EUROPE éditée par le PCN pour le 9 mai 2005.

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NOTES ET RENVOIS DE LA 1e PARTIE :

 

(1) Le parcours du colonel estonien Alfons Rebane symbolise cette situation : dirigeant fasciste et putschiste avant 1941, commandeur de la légion SS estonienne de 1941 à 1945, dirigeant de maquis fasciste – aidé par la CIA et le Groupe Gehlen – jusqu’en 1947 en Estonie (où il trouve la mort en 1947 croix de fer nazie au col, son corps étant exfiltré en RFA), réinhumé en Estonie en 2000 en présence d’officiers supérieurs de la Bundeswehr et de l’OTAN, l’Ecole de cadets de l’armée estonienne (membre de l’OTAN) porte son nom (que dirait-on si l’école de cadets de l’Armée belge portait le nom de Degrelle ou celle de l’Armée française le nom de Doriot ?)

 

(2) Rappelons les liens de Vaira Vike-Freiberga et de son mari avec les milieux fascistes lettons : « Une manifestation de Waffen SS s’est tenue, le 16 mars 2005, au cœur de la capitale d’un Etat nouvellement membre de l’Union européenne et de l’OTAN, la Lettonie. Les autorités ont choisi de l’autoriser et de réprimer durement les citoyens qui protestaient. Loin d’être un fait divers, cet évènement est l’aboutissement d’un processus de négation de l’extermination et de réhabilitation du nazisme conduit par la présidente de la République, Vaira Vike-Freiberga (…) Il ne s’agit pas là d’un affrontement folklorique entre skinheads d’extrême-droite et d’extrême-gauche, mais d’un acte politique mûrement réfléchi, personnellement organisé par la présidente de la République, marquant l’aboutissement d’un rapide processus de réhabilitation du nazisme. Il ne s’agit pas non plus d’une répugnante provocation à usage interne, mais d’une stratégie internationale pilotée par l’OTAN, de gages délibérément donnés à des organisations clandestines que l’on tient à remercier pour leur contribution à la désoviétisation de l’Europe et qui sont déjà associées à divers gouvernements, notamment en Ukraine « orange » (…) Le professeur Vaira Vike-Freiberga joue un rôle central dans ce dispositif. La famille de cette canadienne, qui a fuit la Lettonie à la chute du Reich, était liée aux agents nazis des réseaux stay-behind de l’OTAN, via une association clandestine destinée à la diaspora, Les Faucons de la rivière Daugava (Daugavas Vanagi). Celle de son époux, Imants Freibergs, est passée par le camp du MI6 en Allemagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Professeur de psychologie à l’université de Toronto, spécialiste de l’influence des drogues sur le comportement humain, Mme Vike- Freiberga s’installe à Riga début 1999, prend la nationalité lettone et est élue au printemps présidente de la République ; mandat qui lui sera renouvellé quatre ans plus tard. Au cours des dernières années, la présidente Vike-Freiberga s’est attelée à réécrire l’histoire européenne (…)

En janvier 2005, le gouvernement letton a publié un ouvrage intitulé HISTOIRE DE LA LETTONIE : XXe SIECLE. Il est précisé à l’intérieur du livre qu’il a été imprimé avec le soutien financier de l’ambassade des Etats-Unis. Le lancement a été effectué lors d’une conférence de presse de la présidente de la République. On y lit avec surprise, entre autres, que le camp de Salaspils, où les nazis réalisèrent des expériences médicales sur des enfants et où 90.000 personnes furent assassinées, n’était qu’un « camp de travail correctif » et que les Waffen SS étaient des héros de la lutte contre les occupants soviétiques. Cet ouvrage, ainsi que divers manuels scolaires, a soulevé la colère des parlemantaires et du gouvernement russe, et l’émoi dans de nombreux pays d’Europe centrale et orientale ».

 

(3) Cfr. Andrew Ezergailis, THE HOLOCAUST IN LATVIA, 1941-1944 : THE MISSING CENTER, Historical Institute of Latvia (June, 2002).

 

(4) Dans son livre KGB ET CIE, A L’ASSAUT DE L’EUROPE, Roumania Ougartchinska explique que la population lettone désabusée appelle ces émigrés « la bande des étrangers ».

« C’est dans cette perspective que le MI6 et la CIA ont pris le contrôle de la Lettonie. À la faveur du chaos post-soviétique, ils y ont placé leurs hommes à la tête de l’Etat (…) A titre d’exemple, le Bureau de protection de la Constitution (SAB), notamment chargé de défendre la démocratie, est dirigé par Janis Kazocinu. Or, celui-ci est en réalité un général de l’armée britannique, devenu attaché militaire à Riga lors de l’indépendance, puis adjoint du chef d’Etat-major. Il n’a pris la nationalité lettone qu’à l’occasion de sa nomination ».

 

Cfr. Roumania Ougartchinska, KGB ET CIE, A L’ASSAUT DE L’EUROKE, Editions Anne Carrère, 2005

et Edward W. Baranauskas, « The Jonas Konkraitis story », LITHUANIAN WEEKLY, Vilnius, 5-18 août 2003.

 

(5) Plusieurs pays occidentaux ont soutenu la présidente négationniste lettone, qui « montre clairement qu’un an après que la Lettonie a pris une nouvelle fois la place qui lui revenait de droit dans l’Europe et 14 ans après avoir regagné son indépendance, vous êtes capables d’aller de l’avant avec la réconciliation et de faire des efforts (afin de nouer) des relations constructives avec la Russie » (sic), déclarait le Premier ministre Tony Blair dans une lettre adressée à Vike-Freiberga. Pour le chef du gouvernement belge Guy Verhofstadt, la décision de participer aux cérémonies du 9 mai à Moscou – tout en insultant la Russie – est « une forte affirmation de votre volonté et celle de votre pays de consacrer des efforts pour construire l’avenir » (resic).

Le congrès américain a débattu sur un projet de résolution demandant à la Russie de reconnaître et condamner « le fait qu’entre 1940 et 1991 l’Union soviétique a occupé illégalement et annexé l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ».

 

(6) Uffe Ellemann-Jensen, Ancien ministre des Affaires étrangères du Danemark, « Comprendre le passé et regarder l’avenir », LE FIGARO, 9 mai 2005 : « J’admire le troisième président balte, Vaira Vike-Freiberga, de Lettonie, qui a décidé de se rendre à Moscou, pour honorer ce qui le mérite et dire haut et fort ce qu’il ne faut pas dissimuler. Elle montre par ce geste la position forte de son pays en tant que membre de l’Otan et de l’Union Européenne, et adopte une attitude morale qui inspire le respect. C’est tout à son honneur » (sic). Uffe Ellemann-Jensen ne nous dit pas ce qu’ils pensent des propos négationnistes de la présidente lettone concernant le camp d’extermination de Riga …

 

(7) L’historien Marc Ferro rappellait dans L’EXPRESS (« Les 100 jours qui ont changé le monde », Paris, 2 mai 2005) que le révisionnisme letton plonge ses racines l’idéologie atlantiste de la Guerre froide : « Ces Baltes perpétuent ce qu’on appelait alors l’ « esprit de Riga », c’est-à-dire la résistance, successivement, à l’impérialisme tsariste puis soviétique. Ce refus était incarné par des émigrés baltes aux Etats-Unis, puis par des diplomates en poste dans ces pays qui avaient contesté, en 1941, la conclusion de la « grande alliance » entre Washington et Moscou, et plus encore l’esprit de conciliation qui avait régné à Yalta. Derrière George Kennan, Loy Henderson, Charles Bohlen, diplomates et collaborateurs du Département d’Etat, ils mettaient en place le futur argumentaire de la guerre froide (…) Plus tard, ces mêmes hommes énoncèrent la doctrine du containment : bloquer les Soviétiques sur leurs positions ».

 

(8) in « La mémoire de la Shoah à Vilnius », COURRIER INTERNATIONAL, Paris, n° 757, 4 mai 2005.

 

(9) Des historiens du Stalinisme comme Mikhail AGURSKY ou David BRANDENBERGER font du « National-bolchevisme russe » et de la « Troisième Rome » bolchévique l’essence même de l’idéologie du régime. On ne peut en effet ignorer dans les débats sur le National-bolchevisme aussi bien en Russie qu’en Allemagne, la personnalité et la figure de STALINE. Nul plus que lui n’a influencé le National-bolchevisme. Il l’a fait parce que dans son combat pour la conquête du parti et de l’Etat soviétique, il s’est appuyé sur les éléments nationaux-bolcheviques à l’intérieur et à l’extérieur du Parti. Il a également avec sa « théorie du socialisme dans un seul pays », reprise de LENINE, contribué à établir à la direction même de l’URSS ce que le professeur Mikhail AGURSKY, spécialiste de la question, appelle le « National-bolchevisme russe ».

 

Cfr David Brandenberger, « NATIONAL BOLSHEVISM. STALINIST MASS CULTURE AND THE FORMATION OF MODERN RUSSIAN NATIONAL IDENTITY, 1931-1956 », Cambridge, Mass., Harvard University Press, 2002.

Et Mikhail AGURSKY, « THE THIRD ROME », Boulder, Colo: Westview Press, 1987.

 

(10) Jean DANIEL, VOYAGE AU BOUT DE LA NATION, Ed. Arléa, Paris, 1995.

 

(11) Lire : Luc MICHEL, « LES S.S. DE L’OTAN », « NATION-EUROPE HEBDO », n° 31 – 21 avril 2000.

 

(12) La base de l’activisme pro-occidental mobilisé derrière Yushenko et sa « révolution orange » est l’extrême-droite nationaliste, les nostalgiques des fascistes ukrainiens de 1919-50. Le GUARDIAN (Londres) révélait ainsi en 2004 que les pseudo « démocrates » de PORA chantent de vieux hymnes antisémites des années 20-40 !

Pour ceux qui auraient encore des doutes sur la nature réelle, d’extrême-droite, antisémite et néofasciste des hooligans de PORA, voici ce qu’en dit le reporter du quotidien britannique SPECTATOR (6 novembre 2004), John Laughland : « A few years ago, a friend of mine was sent to Kiev by the British government to teach Ukrainians about the Western democratic system. His pupils were young reformers from western Ukraine, affiliated to the Conservative party. When they produced a manifesto containing 15 pages of impenetrable waffle, he gently suggested boiling their electoral message down to one salient point. What was it, he wondered? A moment of furrowed brows produced the lapidary and nonchalant reply, “To expel all Jews from our country”. It is in the west of Ukraine that support is strongest for the man who is being vigorously promoted by America as the country’s next president: the former prime minister Viktor Yushchenko. On a rainy Monday morning in Kiev, I met some young Yushchenko supporters, druggy skinheads from Lvov. They belonged both to a Western-backed youth organisation, Pora, and also to Ukrainian National Self-Defence (Unso), a semi-paramilitary movement whose members enjoy posing for the cameras carrying rifles and wearing fatigues and balaclava helmets. Were nutters like this to be politically active in any country other than Ukraine or the Baltic states, there would be instant outcry in the US and British media; but in former Soviet republics, such bogus nationalism is considered anti-Russian and therefore democratic ».

 

Sur le coup d’état rampant de l’OTAN en Ukraine, lire de Luc MICHEL, « NOUVELLE OFFENSIVE DE L’OTAN A L’EST : « L’UKRAINE ENJEU DE L’IMPERIALISME AMERICAIN MENACEE PAR LA PESTE ORANGE ! », 27 novembre 2004, « LA CAUSE DES PEUPLES – NEWS » – N° 9.

 

(13) Sur les rapports de la famille Bush avec les nazis, lire de :

– Luc MICHEL, « PROPAGANDE ET REVISIONNISME HISTORIQUE A WASHINGTON », PCN-Infos Hebdo, 16 septembre 2003.

– Toby ROGERS, « LA FORTUNE DES BUSH ENTACHEE DU SANG DES DEPORTES ».

 

On parle beaucoup de « repentance », le nouveau terme à la mode. Il n’y a pas de repentance chez les Bush. Le dernier petit-fils de Georges W Bush, né en 2004, a reçu le prénom de Prescot. Celui là même du « grand ancêtre » qui collaborait avec le IIIe Reich.

 

(14) Le « NATIONALKOMIETE FREIES DEUTSCHLAND » puise ses fondements idéologiques dans la « Déclaration pour la Libération nationale et sociale de l’Allemagne » du KPD, publiée en 1930. « En 1943, les anciens dirigeants communistes allemands survivants : Anton Ackermann, Johannes Becher, Hermann Matern, Wilhlem Pieck, Walter Ulbricht y ont organisé un Comité national de l’Allemagne libre (Nationalkomitee freies Deutschland) sous le contrôle étroit des autorités soviétiques. Ce Comité national qui devait coordonner la résistance à Hitler a surtout constitué une élite allemande loyale à Staline, susceptible de prendre le pouvoir à la libération ». Anton ACKERMANN est un des idéologues du KPD, notamment au moment de la « Déclaration pour la Libération nationale et sociale de l’Allemagne », qui voulait arracher les masses nationalistes au Nazisme. Présenté par les historiens comme le théoricien du « national-communisme », il sera de 1945 à 1953 l’idéologue de la DDR. Les 12-13 juillet 1943, le Comité national de l’Allemagne libre fut fondé à Moscou sous la présidence nominale du général Junker Walther von Seydlitz, fait prisonnier à Stalingrad, et sous la direction véritable de Wilhelm Pieck, chef communiste allemand et ancien secrétaire de l’Internationale communiste. Le but de l’opération est double : préparer la naissance d’une nouvelle armée allemande antifasciste de libération et préparer les cadres qui prendront après la victoire le contrôle de la nouvelle Allemagne démocratique. La réaction des anglo-américains est violemment hostile.

 

Les adversaires d’Hitler dans le corps des officiers, dont on avait recherché l’adhésion, suivirent en septembre 1943, lorsque l’ « UNION DES OFFICIERS ALLEMANDS » fut fondée. Alors, le maréchal VON PAULUS, le vaincu de Stalingrad, les généraux VON SEYDLITZ, VON DANIELS, KORFES, LATTMENN et bien d’autres rejoignirent le Comité National, dont plusieurs centaines d’officiers généraux. On y retrouvait de vieux adversaires de HITLER, comme Ottomar PECH, futur général de la NVA, qui appartenait au réseau berlinois de l’ « ORCHESTRE ROUGE », dirigé par les nationaux-bolchéviques ARNACK et SCHULZE-BOYSEN. Ou encore le général Otto KORFES, membre du groupe national-révolutionnaire de STAUFFENBERG (son beau-frère fut exécuté pour avoir participé au soulèvement héroïque du 20 juillet 1944).

 

Les actions de propagande du « Comité National », avec ses millions de tracts, de journaux et les appels journaliers de Radio Moscou « au peuple allemand et à la Wehrmacht allemande », contribuèrent à la désagrégation de la machine de guerre nazie. Agissant internationalement au sein de l’émigration allemande antinazie, le Comité avait aussi des activités en France occupée, où fut mis sur pieds avec le « COMITE DE L’ALLEMAGNE LIBRE POUR L’OUEST » (CMVO).

 

(15) Lire de Luc MICHEL, « COMMUNAUTARISME EST-ALLEMAND ET COMMUNAUTARISME EUROPEEN : LA VISION NATIONAL-COMMUNISTE DE « L’AUTRE ALLEMAGNE » SOCIALISTE ET PRUSSIENNE », Conférence de l’Ecole de Cadres du PCN et du CEPSE, 0ctobre 2003.

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Partie 2 : PERSONNE NE DEVRAIT MINIMISER LES SACRIFICES

 REALISES PAR L’UNION SOVIETIQUE

 

Moscou craint fort justement une volonté de voir minimiser le rôle de l’Armée rouge et de l’URSS dans la victoire sur le fascisme. En effet, « les nouvelles générations d’Europe occidentale (mis à part les Allemands) et des Etats-Unis sont tentés de croire que ce sont le Royaume-Uni et les Etats-Unis qui ont remporté la guerre. Les festivités de Moscou, de par leur envergure, ont pour tâche de les convaincre du contraire », rappelaient les IZVESTIA.

 

Pourtant des voix s’élèvent pour dénoncer le révisionnisme atlantiste. « Le rôle prépondérant de l’Union soviétique dans la défaite hitlérienne sera-t-il enfin reconnu, ou bien s’agira-t-il d’un simple rituel de politesse à la mémoire de civils et soldats d’un pays étranger, sans que l’on mesure véritablement ce que nous leur devons ? » s’interrogeait dès 2005 Jonathan Steele dans THE GUARDIAN (16). Cet éditorialiste britannique dénonçait cette forme de révisionnisme historique concernant la Seconde Guerre mondiale en la mettant en parallèle avec celle du génocide nazi : « Si la négation du rôle de l’Union soviétique et de l’Armée rouge n’est pas aussi perverse que la négation de l’Holocauste, elle est néanmoins largement répandue en Occident (…) Personne ne peut contester le fait que, après le débarquement allié en Normandie les Occidentaux s’attaquaient à 58 divisions allemandes alors que l’URSS en affrontait 228. L’Armée rouge a donc infligé 80 % des pertes à la machine de guerre nazie – mais combien d’hommes politiques européens et américains l’admettent ? ».

 

Ce refus de reconnaître à sa juste valeur l’apport décisif de l’Armée rouge dans la victoire contre Hitler est tout aussi mensonger que le discours – typique de l’idéologie libérale-atlantiste – visant à placer sur un même plan le nazisme et le stalinisme. « Les éminents historiens du XXe siècle que sont Moshe Lewin et Ian Kershaw ont déjà démontré, dans leur ouvrage sur le stalinisme et le nazisme, l’inefficacité d’une telle approche, car les deux régimes ont des points de divergence fondamentaux », précisait encore Jonathan Steele. « Sous Staline, il n’y avait rien de comparable avec les concepts et les politiques nazis de stérilisation des ‘inaptes’, d’euthanasie des personnes considérées comme un fardeau pour la société, de nations ‘sous-humaines’ et de camps d’extermination des Juifs », rappelle le journaliste. En d’autres termes, « à la différence du régime stalinien, le régime nazi ne peut être perçu comme une dictature de modernisation. Il est préoccupé par la renaissance nationale et la suprématie fondées sur la purification raciale et la régénération ».

 

Steele s’en prenait enfin – en des termes similaires aux nôtres – aux dirigeants baltes d’aujourd’hui qui « ont également tort de prétendre que les régimes d’avant-guerre dans les Etats baltes n’étaient pas autoritaires et chauvinistes et que l’occupation soviétique était égale, voire pire que celle des nazis. Il suffit de lire les mémoires des rares survivants juifs lituaniens ».

 

Même arguments chez l’académicien Alexandre Tchoubarian, directeur de l’Institut de l’Histoire universelle de l’Académie des Sciences de Russie, intervenant, à Moscou en février 2005, au cours d’une « conférence consacrée à la période de la crise internationale d’avant-guerre » et opposant historiens russes et lettons. Sur la question de l’adhésion des républiques baltes à l’Union Soviétique en 1939-1940, et en réponse aux arguments du révisionnisme balte, les savants russes avaient jugé parfaitement « injustifié de parler d’une responsabilité égale de l’Allemagne fasciste et de l’Union Soviétique pour l’escalade de la crise d’avant-guerre et d’autant plus pour le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale (…) Les événements liés à la signature du Traité soviéto-allemand du 23 août 1939 (Pacte Molotov-Ribbentrop) doivent être examinés et analysés, tant des points de vue politique, idéologique et juridique, que compte tenu des réalités historiques concrètes de l’époque », a souligné Tchoubarian. « Les mesures adoptées par le régime de Staline pour rattacher les républiques baltes à l’Union Soviétique n’avaient été en fait qu’une contrainte face à la menace militaire grandissante de la part de l’Allemagne fasciste qui avait écrasé la France en 1940 », a fait remarquer Alexandre Orlov, représentant l’Institut de l’histoire militaire du ministère de la Défense de la Fédération de Russie. « Il avait été indispensable d’empêcher la création d’une tête de pont allemande à proximité immédiate des frontières de l’Union Soviétique. C’est une stratégie d’une limite avancée », a encore précisé l’historien militaire russe. Mikhaïl Magkov, directeur du Centre de l’histoire militaire à l’Institut de l’Histoire universelle de l’Académie des Sciences de Russie, soulignait que « les historiens russes ont rappelé à leurs collègues lettons ce conflit global qu’avaient préparé Hitler et la direction nazie, ces objectifs que s’étaient assignés les fascistes à l’époque. Il ne s’agissait pas seulement de triompher de l’URSS, mais d’exterminer les gens ».

 

POURQUOI MINIMISER LA VICTOIRE SOVIETIQUE ?

 

En Europe occidentale même, d’autres voix se sont élevées pour refuser ce révisionnisme atlantiste. Ainsi Guy SPITAELS, Jean-Marie CHAUVIER et Vladimir CALLER, respectivement Ministre d’Etat et écrivain et journalistes, dans LA LIBRE BELGIQUE (17), sous le titre « Pourquoi minimiser la victoire « rouge » ? », ont développé une argumentation difficilement réfutable dont ils précisent que « ce n’est pas d’ « une opinion » qu’il s’agit ici, mais de faits historiques peu connus des nouvelles générations » : « Pourquoi réduire aujourd’hui le rôle majeur des Soviétiques dans la victoire sur le nazisme en 1945 ? Et l’action des résistances nationales ? Avec la guerre froide, l’historiographie occidentale a surtout crédité les Anglo-Saxons (…) Pourquoi ce qui était « vérité » en 1945, au moment de la victoire sur le nazisme, n’aurait-il plus cours aujourd’hui ? Cette victoire eut pour principaux artisans l’Armée Rouge et le peuple soviétique. La moitié au moins des victimes de la Deuxième Guerre mondiale étaient soviétiques. Les chefs nazis avaient prévu la disparition de 30 millions au moins d’ « Untermenschen » (sous-hommes) soviétiques, et la déportation d’un autre contingent de 30 millions. Dans les territoires occupés, ils ont réussi à exterminer 10 millions de personnes, dont 2,7 millions de Juifs. La « mort programmée » de 3,3 millions de prisonniers soviétiques rien qu’en 1941-42 ! Le siège de Léningrad, les « milliers d’Oradour » en Biélorussie, en Russie et en Ukraine, les 70000 villages détruits, les innombrables massacres perpétrés par les Einzatsgruppen, les SS, la Wehrmacht et leurs auxiliaires nationalistes ou fascistes (polonais, baltes, lettons, lituaniens, ukrainiens), un génocide auquel les Soviétiques ont pu soustraire un million de Juifs (…) Le rôle majeur des Soviétiques dans la victoire fut reconnu, en 1945, par les principaux chefs politiques et militaires des pays de la coalition anti-hitlérienne – le président américain Franklin Roosevelt, le premier ministre britannique Winston Churchill et le général de Gaulle. Nos libérations auraient-elles pu avoir lieu sans les victoires soviétiques remportées successivement à Moscou, Stalingrad et Koursk, la grande contre-offensive qui mena les armées du maréchal Joukov à planter le drapeau rouge, à Berlin, sur le Reichstag ? Sans ces victoires « rouges », le judéocide nazi n’aurait-il pas continué jusqu’à la liquidation des 11 à 12 millions de Juifs d’Europe qui était l’objectif poursuivi ? Il semblerait qu’on veuille parler le moins possible, désormais, de cette contribution soviétique (…)

Les recherches récentes des historiens allemands, puisant dans de nouveaux fonds d’archives, confirment et détaillent le génocide en montrant les complicités locales, notamment en Galicie orientale ex-polonaise. Ils attestent que l’extermination des « Untermenschen » slaves et les débuts du judéocide font partie d’un seul et même processus, inscrit dans l’Histoire de cette guerre à l’Est aux visées coloniales et racialistes (…)

Une autre vérité doit être rappelée. Le « front de l’Est » contre le « judéo-bolchevisme », selon la définition nazie du pouvoir soviétique, n’était pas le fait des seuls Allemands. Des troupes alliées de Roumanie, de Hongrie, d’Espagne, d’Italie, de Croatie, des légions et divisions SS venues de toute l’Europe, y compris du pays flamand et de Wallonie, y ont appuyé l’entreprise nazie, avec la bénédiction de certains clergés. Certains historiens se croient d’ailleurs fondés à parler de « guerre civile européenne », où l’Europe « chrétienne et civilisée » se serait coalisée aux côtés des fascismes « contre la barbarie bolchevique ». Une thèse qui convient aujourd’hui à ceux qui, en Allemagne et parmi les héritiers des nationalismes collaborateurs en pays baltes et en Ukraine, ou en Flandre, entendent réhabiliter les anciens SS et les mouvements nationaux ou « antistaliniens » qui se fourvoyèrent avec Hitler jusqu’à prendre part au génocide nazi ».

 

Et ils terminaient ce réquisitoire implacable par la condamnation sans appel du révisionnisme balte : « Ainsi, nous souhaitons simplement qu’en ces 8 et 9 mai, journées anniversaires de la capitulation nazie, certains faits historiques ne soient pas victimes du mensonge par omission. Et que l’occasion ne soit pas saisie pour réhabiliter la collaboration et ériger des monuments aux anciens SS ! ».

 

UN AUTRE VISAGE DU STALINISME

 

La propagande américaine, reprise par ses valets occidentaux, assimile sans cesse STALINE et HITLER, l’espoir et l’enfer. Les Américains, qui n’ont jamais connu la guerre sur leur sol, ont oublié les 27 millions de morts soviétiques de la Grande guerre patriotique. Des historiens partiaux comme FURET, le renégat COURTOIS ou l’équipe de Thierry WOLTON accréditent d’ailleurs cette thèse d’une parenté entre Stalinisme, Bolchevisme et National-socialisme, faisant de STALINE « le complice de HITLER ».

 

Un livre de Thierry WOLTON, « ROUGE BRUN » (18), comprend d’ailleurs un chapitre sur les Nationaux-bolchéviques russes et allemands (19), qui est une véritable insulte à la mémoire des uns et des autres.

 

La vérité est que l’Union soviétique depuis la Révolution d’Octobre était une citadelle assiégée, qui avait connu la guerre civile et l’intervention étrangère. Une réalité omniprésente à la mémoire de STALINE et des soviétiques, comme le leader soviétique le rappelait aux heures les plus sombres de l’offensive allemande, lors de l’anniversaire de la Révolution d’Octobre du 2 novembre 1941 à Moscou : « Il y a eu des jours où notre pays connut une situation encore plus pénible. Rappelez-vous l’année 1918, date à laquelle nous célébrions notre premier anniversaire de la Révolution d’Octobre. Les trois quarts de notre pays se trouvaient alors aux mains de l’intervention étrangère. Nous avions momentanément perdu l’Ukraine, le Caucase, l’Asie centrale, l’Oural, la Sibérie, l’Extrême-orient. Nous n’avions pas d’alliés, nous n’avions pas d’Armée rouge, – nous étions seulement en train de la créer ; nous manquions de blé, d’armement, d’équipement. Quatorze Etats enserraient notre pays, mais nous ne nous laissions pas décourager, ni abattre. C’est dans le feu de 1a guerre que nous organisions alors notre Armée rouge et avions changé notre pays en un camp retranché. L’esprit du grand Lénine nous inspirait alors pour une guerre contre l’intervention étrangère. Et qu’est-il advenu ? Nous avons battu l’intervention, récupéré tous les territoires perdus et obtenu la victoire ». (20)

 

Les pseudo « arguments » des COURTOIS et autres WOLTON  relatifs à  la  soi-disant « complicité de STALINE pour HITLER », à sa « passivité » qui aurait expliqué ce qu’ils appellent « l’effondrement des armées soviétiques devant l’assaut hitlérien », sont aujourd’hui confrontés à l’ouverture des archives militaires soviétiques à Moscou. Celles-ci ne concordent guère avec les thèses des historiens libéraux. Les archives soviétiques dont nous disposons confirment la réalité historique de la figure héroïque d’un STALINE inflexible, refusant de quitter Moscou alors que les armées nazies sont à moins de 20 kilomètres du Kremlin.

 

Un autre visage du Stalinisme en ressort, qui, dès 1940, se prépare à faire face à l’assaut hitlérien.

 

MOSCOU 1941 : LE PIEGE STRATEGIQUE TENDU AUX ARMEES ALLEMANDES

 

Les éditions PRESIDIO PRESS, bien connues des amateurs d’histoire militaire, ont publié une nouvelle analyse de la campagne allemande de 1941, la fameuse Opération Barbarossa, qui finit par échouer devant Moscou, au mois de décembre de la même année. « THUNDER ON THE DNEPR – ZHUKOV-STALIN AND THE DEFEAT OF HITLER’S BLITZKRIEG », est l’œuvre de deux auteurs : un historien américain, Bryan FUGATE, et un historien russe, ancien officier d’état-major de l’armée soviétique, le colonel Lev DVORETSKY (21). « Cela constitue d’ailleurs … un gage de qualité, car cette « double vision » est assortie d’une « plongée » particulièrement bien informée dans les archives soviétiques récemment déclassées et les plus originales. De nombreuses légendes sont ici mises à mal : l’excellence des généraux allemands et les entraves supposément mises en travers de leur route par l’immixtion politique de HITLER dans leurs décisions ; le caractère central de la boue et du « général Hiver » dans l’échec allemand, etc. Non, il apparaît bien en effet que les Soviétiques, malgré de graves lacunes et déficiences, disposaient tout de même de stratèges de bon niveau tels que Joukov ou Timoshenko, et qu’ils avaient soigneusement planifié une partie de leurs actions de retardement et d’attrition de l’armée allemande ». (22)

 

Ce nouveau regard sur la conduite de la guerre par le maréchal STALINE fait également apparaître des faits que les critiques considèrent comme « troublants », notamment le piège stratégique « tendu aux armées allemandes du centre, que STALINE et ses généraux ont attiré devant Moscou pour les y écraser ».

Bien loin des soi-disant « erreurs politiques et stratégiques » d’un STALINE paralysé de sympathie pour un régime nazi qui était la négation même de la vision de l’homme nouveau que prônait le Bolchévisme et la Russie soviétique. « On y apprend aussi des faits aussi troublants que « parlants » pour les praticiens du jeu d’histoire que nous sommes : ainsi le fait que les bonnes décisions prises par ces deux généraux soviétiques durant cette désastreuse année 1941 étaient principalement le résultat d’études réalisées en 1940 et dans les premiers mois de 1941 lors de gigantesques séances de « kriegspiel » menées au Kremlin, en présence de Staline, et qui avaient abouti à la conclusion que, non seulement les Allemands pouvaient être stoppés avant Moscou, mais encore qu’il était alors vain, pour l’Armée rouge, de contre-attaquer trop tôt. Ces jeux avaient encore montré qu’une défense en profondeur devait être disposée tout au long du Dniepr, dans le but de ralentir et d’épuiser les Allemands. Le centre de gravité de ce dispositif allait être situé sur la petite localité de Yelnia (nom bien obscur en regard de Leningrad, Stalingrad et autre Koursk… !), où de féroces combats se déroulèrent bel et bien à l’automne 1941. Là, l’Armée rouge tendit une « embuscade stratégique » au Groupe d’armées Centre, lequel se montra dès lors incapable de résister à la contre-attaque soviétique de décembre ». (23)

 

LA POPULARITE DE STALINE EN RUSSIE AUJOURD’HUI

 

Ce rôle essentiel, crucial, de Staline dans la victoire de 1945 explique pourquoi la figure du Maréchal soviétique s’impose aujourd’hui, malgré six décennies de calomnies, dans la mémoire et le cœur des Russes.

 

Car il existe une forme de révisionnisme encore plus insidieuse, rencontrée chez les anciens partisans du Gorbatchévisme, et qui est de nier le rôle de Staline dans la victoire. De l’avis du politologue Leonid Radzikhovsky, « si un autre que Staline avait été à la tête de l’URSS il n’y aurait peut-être pas eu 30 millions de morts, mais il n’y aurait pas eu non plus la Victoire (…) L’apport gigantesque fait par Staline (et aussi par son parti et son système) à la Victoire est indéniable ». « Les mots « le peuple a vaincu sans Staline » ont un sens émotionnel, seulement ils n’ont aucune teneur réelle. Il est clair que c’est le peuple qui combat, le peuple qui est organisé, qui est dirigé », avait dit le politologue dans une interview accordée au quotidien gouvernemental ROSSISKAÏA GAZETA en mai 2005.

 

L’opinion publique russe ne s’y trompe pas. Et la politique du Kremlin l’a bien compris. Ceci dès 2005.

 

« Depuis des mois, le Kremlin prépare les cérémonies qui vont célébrer – dans tout le pays – la victoire et la grandeur de la Russie soviétique et la grandeur de son chef Joseph Staline, redevenu très populaire sinon clairement réhabilité » soulignait RFI (24). « Dans les rues de Moscou, des affiches qui reproduisent le graphisme des vieilles affiches soviétiques rendant hommages aux anciens combattants et à l’URSS victorieuse sont omniprésentes et réaffirment les grandes filiations du nationalisme russe : Koulikovo, la victoire du prince Donskoï contre les Mongols en 1380 ; Borodino, la victoire de Koutouzov contre la Grande armée de Napoléon en 1812 ; et l’épopée qui fit basculer la Seconde guerre mondiale de Stalingrad à la prise de Berlin », c’est-à-dire fort précisément les axes de la propagande de guerre stalinienne.

 

« Cette réactivation de mémoire est d’autant plus en phase avec l’opinion russe que les dernières révolutions paisibles en Géorgie, en Ukraine ou au Kirghizistan sont perçues comme des mauvais coups d’une main invisible américaine qui aurait favorisé aussi le dernier élargissement de l’Union européenne à une dizaine de pays de l’Est… autant de bouleversements qui ont passablement réduit la sphére d’influence de l’éternelle Russie (…) En voulant gagner la bataille de la commémoration, Vladimir Poutine cherche aussi à redire qu’il n’a pas de leçons à recevoir, ni des Etats-Unis, ni des Européens, et que son pays reste une grande puissance avec laquelle il faut encore compter… », ajoutait l’éditorialiste de RFI.

 

CONTINUER LE COMBAT !

 

Nous ne sommes pas de ceux qui sont attachés sentimentalement aux mythes historiques, au passé, aux commémorations. L’usage des « totems de la tribu » – comme les définissait cyniquement Koestler – n’a de sens que pour l’action, pour défendre le présent et forger le futur.

 

Le 9 mai et le débat ouvert par les révisionnismes jumeaux des Atlantistes et des post-fascistes baltes ou ukrainiens ont le mérite de nous rappeler que la guerre commencée en 1917 n’est pas terminée. Que celle de 1940-45 voyait s’affronter non pas deux mais trois idéologies. Et que celle qui a pris le devant sur la scène de l’histoire – la libérale-capitaliste avec son hégémon yankee et son bras armé atlantiste – fait toujours la guerre aux peuples du monde. Après la « troisième guerre mondiale », la guerre froide, qu’ils ont gagné, les idéologies atlantistes, au premier rang desquels figurent les arrogants néo-conservateurs apparentés à ce fascisme (25) que l’on a cru terrassé en 1945, entendent mener la « quatrième guerre mondiale ». Ainsi « les néoconservateurs américains pensent qu’ils ont gagné la troisième guerre mondiale contre l’URSS. Ils se considèrent aujourd’hui au cœur d’un nouveau conflit planétaire » (26).

 

Earl Tilford, ancien directeur de recherche à l’Institut d’études stratégiques de l’armée américaine nous le confirme : « C’est la quatrième guerre mondiale. Laissez tomber le côté racoleur et crapoteux d’Abou Ghraib. Arrêtez de proférer des slogans idiots comme : « Bush a menti et des soldats meurent ». Endurcissez-vous et préparez-vous à une guerre longue et meurtrière. Cette guerre, nous n’avons pas le droit de la perdre ».

 

La Résistance soviétique nous indique clairement que l’impérialisme ne se discute mais qu’il se combat. « Plus un pas en arrière » commandait avec raison Joseph Staline.

Luc MICHEL

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NOTES ET RENVOIS DE LA 2e PARTIE :

(16) Jonathan Steele, “History shows this drive to the east could bring disaster. Denial of Russia’s role in defeating Hitler feeds a dangerous mentality”, THE GUARDIAN, Friday May 6, 2005.

(17) Guy SPITAELS, Jean-Marie CHAUVIER et Vladimir CALLER, « Opinion – COMMEMORATION DU 8 MAI 1945. Pourquoi minimiser la victoire « rouge » ? », LA LIBRE BELGIQUE, Bruxelles, 9 mai 2005.

(18) Thierry WOLTON, « ROUGE BRUN, LE MAL DU SIECLE », Ed. J.C. Lattès, Paris, 1999.

(19) Ibid, chapitre 11 : « La Synthèse national-bolchévique. L’attraction des extrêmes ».

Travestissant l’histoire, et à la suite de beaucoup d’autres, WOLTON oublie de préciser que les Nationaux-bolcheviques allemands ont été les premiers et les derniers à résister au REICH nazi, qu’ils ont porté le triangle rouge, et l’étoile jaune pour certains, dans les camps d’exterminations nazis. Et qu’ils n’ont jamais abdiqués.

(20) J.V. STALINE, « Discours prononcé à la revue de l’Armée rouge » (sur la place Rouge à Moscou), 7 novembre 1941.

(21) Bryan FUGATE et Lev DVORETSKY, “THUNDER ON THE DNEPR – ZHUKOV-STALIN AND THE DEFEAT OF HITLER’S BLITZKRIEG”, Presidio Press, USA (Californie), 1998.

(22) (23) Laurent HENNINGER, « La Bibliothèque stratégique, l’art de la guerre », in « VAE VICTIS », Paris, n° 20, mai-juin 1998.

(24)  Richard Labévière, « La bataille de la commémoration », RADIO FRANCE INTERNATIONALE, 6 mai 2005.

(25) Lire sur ce sujet de Justin Raimondo, “Today’s Conservatives Are Fascists”, (ANTIWAR.COM) BEHIND THE HEADLINES, January 3, 2005.

Extraits: “The idea that today’s conservatives are in any way defenders of individual liberty, the free market, and what Russell Kirk called “the permanent things”, i.e., the sacred traditions that have accumulated over time to constitute the core of our Judeo-Christian culture, is no longer a defensible proposition. Instead, what used to be called the conservative movement has morphed, almost overnight, into a coterie of moral monsters, whose political program is one of unmitigated evil. (…) In any case, by this time the evidence for the malevolent transformation of the American Right is all around us – in the ravings of Fox News “commentators,” in the sheer existence of Ann Coulter, in the usurpation of a formerly respectable political tendency by the greasy evasions of the “neo”-conservatives. This change is most starkly dramatized in three disturbing trends: Widespread support on the Right for internment of Japanese-Americans during World War II, touting Michelle Malkin’s shoddy-to-nonexistent scholarship, with the implication that we should be contemplating the same treatment for Americans of Arab descent, the justification of torture when utilized by the American military in the name of the “war on terrorism” by “conservative” legal theorists, and advocacy of a ruthlessly aggressive foreign policy of military expansionism, supposedly in order to spread “democracy” around the world (…) the totalitarian sickness is gnawing away at the very vitals of the American conservative movement. This cancer germinated as a result of the Right’s lockstep support for the worldwide “war on terrorism,” which they take to mean not just the ongoing conflict in Iraq, but a perpetual war for perpetual “peace”. (…) It is the banner of a thoroughly degenerated and corrupt “conservatism” that is, in effect, fascism – a blueprint for totalitarianism erected in the name of fighting “terrorism”. (…) Mussolini never got his thick mitts on nuclear weapons, and for that we ought to be grateful: but today’s neocons do have access to nukes, via their sock puppet in the White House, and thus represent an imminent threat. They are not only waging an immoral and destructive war in Iraq – a war destructive of U.S. interests as well as Iraqi lives – but they are moving on new fronts, from Syria to Russia and the Caucasus, to start new conflicts. This is the main justification and motivating factor behind their political agenda: tyranny on the home front and blood-lust abroad (…) Surely “fascism with a ‘democratic’ face” sums up the Bushian “global democratic revolution” just as accurately and succinctly, although admittedly this fails to capture the full horror of what the “liberation” of Iraq actually entails. Perhaps “fascism with a democratic face – and bloodstained hands” is more precise”.

(26) Tom Engelhardt, « La quatrième guerre mondiale a-t-elle débuté ? », in MOTHER JONES, traduction française dans COURRIER INTERNATIONAL – n° 757 – 4 mai 2005.

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