À 18 ans, elle s’apprête à épouser son père : il y a confusion entre tendresse et passion

À 18 ans, elle s’apprête à épouser son père : il y a confusion entre tendresse et passion

Une Américaine de 18 ans a raconté dans une interview au New York Magazine sa relation amoureuse avec son père biologique. Cette histoire incroyable rapportée par le site Metronews est très troublante et peut choquer certains.

A 15 ans, cette jeune femme originaire de la région des Grands lacs aux États-Unis a souhaité connaître son père biologique. Grâce à sa mère, le père et la fille qui ne se connaissaient pas ont pu entrer en contact via Facebook, où ils sont devenus « amis ». L’adolescente se rend compte très rapidement qu’elle a plein de points communs avec cet homme. Ils aiment tous les deux dessiner et regardent les mêmes séries télé. Ils décident donc de se rencontrer. C’est alors que des sentiments étranges apparaissent. La fille trouve son père « tellement beau ».

« C’est là que j’ai perdu ma virginité »

Alors que la jeune fille est invitée à passer quelques jours chez son père et sa belle-mère, la situation dérape. Une nuit, l’adolescente très attirée physiquement finit dans le lit de son père. Ils font l’amour. « C’est là que j’ai perdu ma virginité », raconte-t-elle. Et d’ajouter : « Ça n’était pas bizarre du tout. Cela semblait tellement naturel, pas du tout tabou ».

Fonder une famille

Amoureux, le père et la fille se mettent en couple. Après deux ans de relation, ils envisagent aujourd’hui de se marier et de fonder une famille. Mais pour cela, le couple va être obligé de déménager dans le New Jersey, un État où l’inceste entre adultes n’est pas pénalisé. La jeune femme raconte qu’elle a déjà l’approbation de ses grands-parents paternels : « Ils voient que nous sommes heureux ensemble, et maintenant, ils sont impatients que nous fassions des bébés ! ». Un projet qui ne fait pas peur à cette Américaine, malgré les risques liés à la consanguinité.

Amoureuse une Américaine de 18 ans sapprête à épouser son père biologique À 18 ans, elle sapprête à épouser son père : il y a confusion entre tendresse et passion

Reste un seul problème à régler : la mère de la jeune femme n’a pas encore été mise au courant de cette relation incestueuse…

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Une jeune femme de 18 ans, qui entretient une relation amoureuse avec son père depuis deux ans, et qui s’apprête à l’épouser, c’est l’histoire rapportée le 15 janvier dernier par le “New York Times”. Les sentiments entre la père et la fille sont nés peu de temps après leurs retrouvailles alors qu’ils vivaient séparés depuis des années. Éclairage de Martine Nisse, thérapeute familiale.

Une attraction entre un père et sa fille peut se sexualiser si l’interdit de l’inceste n’a pas été intégré par l’adulte. Dans toutes les civilisations, ce tabou de l’inceste a pourtant une fonction précieuse, tout d’abord génétique.

On a clairement affaire, dans le cas de cette jeune femme de 18 ans qui dit s’apprêter à épouser son père, à une confusion entre tendresse et passion – thématique développée par Sandor Ferenczi dans son texte fondamental “Confusion de langue entre les adultes et l’enfant”. Bien sûr, le complexe d’Œdipe est également passé par là.

C’est aux parents d’intégrer l’interdit de l’inceste

L’attraction entre un père et sa fille est normale, mais la réponse de l’adulte est fondamentale dans son éventuelle sexualisation. L’enfant presque adulte – cette fille avait moins de 18 ans quand il ou elle (les versions différent) a débuté une relation – n’a pas les moyens de différencier une attraction œdipienne d’une réponse qui se sexualise.

Pourquoi est-ce ici la fille qui parle, et non le père ? C’est aux parents d’intégrer l’interdit de l’inceste. Or, le besoin de tendresse de l’enfant se retrouve ici opposé à une réponse passionnelle de l’adulte, qui n’a visiblement pas intégré ce tabou universel.

Le fait que le père et la fille aient été séparés pendant plus de 10 ans, et ne se soit pas du tout vus pendant ce laps de temps, peut aussi bien sûr jouer. Son père l’a visiblement abandonnée lorsqu’elle avait cinq ans, soit en pleine période oedipienne.

Plus de 10 ans plus tard, elle tente de résoudre ce complexe mais le fait dramatiquement. Ceci peut expliquer cela : raconter au monde entier qu’elle va épouser son père c’est une manière de se dire “il ne m’a pas abandonnée, on s’est retrouvés et il m’aime tellement plus que ma mère qu’on va se marier !”

Le comportement de la mère est primordial

Dans un tel cas, le comportement de la mère est primordial. Ici, les parents se sont rencontrés à un bal de promo, ont fait un enfant sans doute sans vraiment le vouloir ce même soir. Le drame pouvait déjà s’écrire à la lumière du passé, d’autant plus quand la mère adopte une position ambivalente.

Ici, c’est elle qui fait le lien entre la fille et son père, en lui donnant son nom, afin qu’elle le retrouve sur Facebook. La mère doit être une aide extérieure pour faire naître une relation saine d’amour filial et paternel, et ne pas basculer dans le génital.

J’ai eu affaire à quelques rares situations de cette nature où la mère favorisait la rencontre entre le père et la fille tout en la mettant en garde sur la possibilité d’une relation sexuelle, en raison du passé du père.

Le père a commis l’inceste sur sa fille. Ce genre de relation donne en général lieu à une dégradation physique de ces jeunes filles. Je pense à l’une d’elles en particulier, qui rêvait d’épouser son père et qui souffrait en même temps d’une anorexie sévère. De tels cas s’analysent à la lumière du passé de manière transgénérationnelle, car bien souvent, l’interdit de l’inceste n’a pas été intégré chez l’adulte dans sa propre histoire d’enfant.

Nul doute que la sexualisation désastreuse des petites filles dans notre société actuelle favorise également la rupture du tabou structurant de l’inceste.

Propos recueillis par Rozenn Le Carboulec.

Source: Le Nouvel Observateur

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