A 48H de la commémoration du 11 avril Laurent Gbagbo parle de sa libération

A 48H de la commémoration du 11 avril Laurent Gbagbo parle de sa libération

Heureux qui comme ce proche du président Laurent Gbagbo, qui l’a récemment rencontré à la Haye et échangé avec lui autour de sa libération que tous les deux hommes souhaitent imminente, comme bien d’autres Ivoiriens d’ailleurs !

En effet, de sources proches de la résistance ivoirienne, en France, « le président va bien. Il est même dans une forme olympique », affirme cet homme, ami de longue date de l’ex-chef d’Etat ivoirien. « Mais ce qui le préoccupe surtout, ce sont les palabres et les divisions dans son camp », précise cet habitué du centre pénitentiaire de La Haye, qui rentre fraichement d’un énième voyage aux Pays-Bas, depuis que le président Laurent Gbagbo y a été transféré, fin novembre 2011. « Mes amis doivent être ensemble, former un bloc. Ma libération n’est pas l’affaire de quelques personnes ou d’un seul groupe.

C’est un peuple entier qui a été bafoué dans sa dignité et qui continue de souffrir. Alors, dis-leur de s’unir pour me faire libérer et libérer la Côte d’Ivoire », a indiqué le dirigeant ivoirien au visiteur. C’est la réponse de l’’exn° 1 ivoirien au spectacle de désunion observé depuis trois ans dans les rangs de ses partisans, où les ambitions personnelles semblent avoir pris le pas sur la cause essentielle, à savoir, libérer Gbagbo. Des numéros de solistes souvent étalés dans les médias, sur les réseaux sociaux et même souventes fois rapportés directement au célèbre détenu de Scheveningen, soit au téléphone, soit à l’occasion de visites de certains proches. A titre d’exemples, en France, les mouvements de la «résistance ivoirienne » sont divisés.

En Côte d’Ivoire, Mamadou Koulibaly, l’ancien dauphin de Laurent Gbagbo, a claqué la porte du Front populaire ivoirien (FPI, ex-parti au pouvoir) pour créer sa propre formation politique qui ne vaut pas un clou sur la scène nationale. La majorité présidentielle (LMP), la coalition électorale mise sur pied fin 2010,a également implosé. Bref, c’est le printemps de ceux qui se la joue perso, éloignant ainsi la perspective d’un front uni de l’opposition face à Alassane Ouattara, qui de l’avis de nombreux observateurs, reste pourtant la seule condition pour battre l’actuel locataire du palais présidentiel d’Abidjan, aux élections prévues théoriquement pour 2015.

Le président Laurent Gbagbo a donc raison d’inviter à la cohésion des troupes, face à l’adversité. Des contradicteurs qui malgré leur force du moment,auront du mal à vaincre un bloc uni. Surtout que leurs soutiens occidentaux sont très sensibles au rapport des forces sur le terrain. Ainsi, si les forces du changement restent mobilisées et déterminées, il n’y a pas de raison que la balance ne penche pas en leur faveur. Car dans l’histoire des peuples, jamais une dictature même la plus sanglante, n’est parvenue à vaincre un peuple debout.

Et Laurent Gbagbo en sa qualité d’historien, n’a même pas besoin de dérouler sa science à ses compatriotes pour que ceuxci saisissent la force que représente l’union des coeurs, eux qui ont encore frais à l’esprit, l’épreuve de feu, en octobre 2000, avec la soldatesque enragée de feu le Général Robert Guéi, résolument engagé dans un schéma suicidaire de confiscation du pouvoir alors qu’il avait été défait dans les urnes par son adversaire, Laurent Gbagbo. C’est dans les braises que les Ivoiriens sont allés, ce jour-là, chercher le pouvoir que le chef de la junte tentait de leur voler. Aussi, en fin connaisseur de la politique et des relations internationales, l’exchef de l’Etat ivoirien sait que si les lignes bougent à Abidjan, les choses iront également très vite pour lui à la Haye. D’où la grande confiance de l’homme et de son visiteur quant à sa libération prochaine.

Un schéma dans lequel le président Pascal Affi N’guessan inscrit désormais son action de mobilisation pour arracher la libération du président Laurent Gbagbo. Et l’Alliance des forces démocratiques,- du nom de la nouvelle coalition de l’opposition conduite par le Front populaire ivoirien (FPI), en est la belle illustration si on en croit une source proche du nouveau groupement. De plus, l’invitation des siens, au resserrement des liens, du président Laurent Gbagbo, intervient pratiquement à la veille de la commémoration du 11 avril 2011, de triste mémoire. Un contexte qui donne davantage de poids au message du pensionnaire de la Haye, en sonnant comme une exhortation à tirer avec beaucoup de lucidité, les enseignements du dénouement de la crise postélectorale afin de se projeter sur les sentiers de la victoire finale.

Pour marquer le coup, le FPI organise vendredi prochain à son siège provisoire d’Abidjan Riviéra-Attoban, une grande cérémonie commémorative de l’évènement, avec en attraction, Pascal Affi N’guessan, qui entretiendra l’auditoire autour du thème suivant : « comprendre le 11 avril 2011 : logique pénale, réparation et réconciliation nationale ».En prélude à la manifestation, le ministre Sébastien Dano Djédjé a animé hier, un point de presse autour des enjeux et appeler les uns et les autres à une mobilisation exceptionnelle.

Même son de cloche à Paris, où une marche gigantesque est prévue le samedi 12 avril prochain pour marquer d’une pierre blanche l’évènement. De sources proches de la diaspora ivoirienne,pareilles manifestations sont programmées,le même jour, dans les principales capitales européennes où l’on a toujours battu le pavé pour la cause du président Laurent Gbagbo. Du côté des médias, c’est aussi la frénésie. De nombreuses rédactions parisiennes et européennes auraient déjà dégagé des espaces pour la commémoration.

Sur certaines chaines, les plateaux commenceront même dès la veille. Sacré. Laurent Gbagbo! Pour mémoire, c’est le 11 avril 2011, que le président Laurent Gbagbo a été arrêté dans les ruines de sa résidence officielle, soufflée par trois jours et trois nuits de bombardements intensifs de la chasse franco-onusienne qui a pris fait et cause pour le candidat Alassane Ouattara,pourtant donné perdant au second tour de la présidentielle 2010, par le Conseil constitutionnel ivoirien. Remis aux forces pro-Ouattara, Laurent Gbagbo sera détenu par la suite, pendant sept mois, dans un mouroir, au nord de la Côte d’Ivoire avant d’être transféré fin novembre 2011, à la cour pénale internationale (CPI) où il attend toujours de passer à l’audience de confirmation des charges, les juges ayant déclaré que les preuves brandies jusquelà,par l’Accusation ne sont pas susceptibles d’ouvrir la voie à un procès de l’ex-dirigeant ivoirien.

Géraldine Diomandé

Source: Aujourd’hui

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