A trois mois de la fin du mandat de Ouattara, des élections transparentes et démocratiques sont-elles possibles ?

A trois mois de la fin du mandat de Ouattara, des élections transparentes et démocratiques sont-elles possibles ?

En octobre prochain, le mandat d’Alassane Dramane Ouattara prendra fin. Les élections devraient donc avoir lieu. Mais plusieurs indicateurs posent des questions. En effet, la réconciliation nationale promise par le chef de l’Etat n’a pu avoir lieu. L’insécurité encore présente dans le pays, inquiète les populations. Le chef de l’Etat a commencé à battre campagne quand il interdit des meetings à l’opposition. La commission électorale est aux ordres de Ouattara. Nous avons d’ailleurs vu le président de cette institution, Youssouf Bakayoko battre campagne pour le chef de l’Etat. Le listing électoral est géré de façon unilatérale. Des prisonniers politiques sont nombreux dans les geôles de Ouattara sans aucune forme de procès… Autant de signaux qui posent problème parce qu’ils rendent l’atmosphère socio-politique lourde.

Les observateurs raisonnables ne voient pas le début d’une volonté du pouvoir de désamorcer une autre crise qui point en perspective. Or, après ce que la Côte d’Ivoire a connu suite aux élections de 2010, la raison et la conscience politique commandent que des élections apaisées aient lieu, de sorte que la confiance puisse revenir entre les Ivoiriens. Ce qui pourrait favoriser l’installation progressive de la paix. Tous les politiques, quels que soient leurs bords doivent donc, en toute sérénité aborder les problèmes qui se posent pour que des frustrations et des blessures ne se ravivent pas. Malheureusement, le chef de l’Etat est dans la logique d’un schéma qui se veut un peu burundais. En effet, non seulement il est posé le problème de l’inéligibilité de Ouattara (candidat exceptionnel en 2010) mais celui-ci est dans une opération de se choisir des concurrents aux fins d’opérer un passage en force.

Ainsi, pendant que l’opposition, réunie dans la coalition nationale du changement pose des questions de fond pour épargner au pays des confrontations inutiles, Ouattara et son clan sont sur la défensive. Ils menacent d’emprisonner des opposants et des journalistes. Ces intimidations qui ne font plus peur à personne montrent que le pouvoir ne contrôlent plus rien en Côte d’Ivoire. Ce qui interpelle tout le monde, c’est que la probabilité pour que le pouvoir devienne vacant prend des proportions importantes. A-t-on suffisamment de temps pour mettre sur pied une commission électorale consensuelle ? A-t-on le temps de confectionner un listing qui peut éviter des fraudes ? A-t-on le temps de désarmer les milices qui sont dans la nature avec des armes ? Une fois qu’on aura répondu rien qu’à ces trois questions sur toutes celles qui sont pendantes, combien de temps y aura-t-il pour battre campagne une fois que les différents acteurs auront obtenu un accord ?

Pour répondre à la question posée dans le titre, quant à savoir si des élections transparentes et démocratiques sont possibles, la réponse est ouvertement négative au regard des indices relevés. C’est donc en toute lucidité que face aux multiples interrogations, l’opposition a le droit d’envisager une transition. Ceci pour épargner une crise plus grave que celle dont on ne voit toujours pas la fin. Ce n’est donc pas seulement par défiance que l’opposition entend prendre ses responsabilités. C’est aussi et surtout par du bon sens.

Claude Koudou

About admin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.