Abandon de leur région: Les jeunes du Worodougou interpellent les cadres

Abandon de leur région: Les jeunes du Worodougou interpellent les cadres

L’Union des jeunes du Worodougou (Ujewo) a dressé le samedi 14 juin 2014 lors d’une rencontre à Adjamé, un sombre état des lieux de leur région, s’agissant notamment des infrastructures socioéconomiques, de la situation économique, du chômage des jeunes, de la cohésion sociale et le foncier rural.

Selon Adama Koné, président de l’UJEWO, les infrastructures dans les départements de Kani et Séguéla sont dans un état déplorable. «La région du Worodougou compte 1502 km de réseaux routiers, dont 87 km en bitumes soit 05,79%. Mais à ce jour, il ne reste que 0.66% de voies bitumées», déplore-t-il. Une situation qui a favorisé l’insécurité du fait des coupeurs de route notamment sur l’axe Vavoua-Séguéla. Aussi, poursuit-t-il, hormis l’hôpital général de Séguéla qui a été réhabilité et équipé en 2013, les autres centres de santé (un hôpital général, une base de santé rurale et 28 centres de santé ruraux que compte la région) «sont dans un état de délabrement très avancé».

La situation est pareille au niveau des infrastructures scolaires (112 écoles primaires et 7 etablissements secondaires) qui sont également confrontés à un manque d’enseignants, surtout au niveau des matières scientifiques. Adama Koné a également déploré le fait que la région du Woroudougou regorge d’énormes richesses et potentialités et enregistre malheureusement 60% de jeunes qui sont au chômage. Il soutient en outre que les conflits entre agriculteurs et éleveurs sont récurrents dans la région et aboutissent très souvent à des pertes en vie humaines. «Les conflits fonciers et les conflits entre éleveurs et agriculteurs fragilisent la cohésion sociale dans la région. Ces conflits fonciers sont issus de l’achat de parcelles de terre (125 000/ha) par des allogènes (burkinabè) qui une fois installés s’accaparent d’autres parcelles sans autorisation préalable. Plusieurs villages et cantons sont présentement confrontés à ces crises foncières», fait-il remarquer.

L’Ujewo interpelle donc les cadres du Worodougou afin que ces problèmes trouvent une solution pour alléger les souffrances des populations. D’autant plus que, faut-il le préciser, cette région laissée à son seul sort est la région d’origine de plusieurs cadres du pouvoir actuel au nombre desquels le ministre de l’intérieur, le secrétaire général du Rdr, le président de la CEI, le chef d’Etat-major des FRCI, le DG du Fonds d’entretien routier, le DG de l’Agence de gestion des route, etc.

M.K.

Source: Le Nouveau Courrier N°1054

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