Abraham Diao répond à Franklin Nyamsi: « Faut-il en rire ou en pleurer? »

Abraham Diao répond à Franklin Nyamsi: « Faut-il en rire ou en pleurer? »

Abraham Diao, dans cette tribune, répond à Franklin Nyamsi qui s’est demandé dans un article si la charte de la transition signée au Burkina n’était pas une « charte de la trahison ». Lisez donc.

J’avoue que mes sentiments sont mitigés après la lecture de l’article du sieur Franklin Nyamsi (qui ressemble à s’y méprendre à celui de l’autre triste sieur Souleymane Alex Bamba ).

La meilleure posture à mon avis face à tant de myopie et de mauvaise foi est sans nul doute le silence car polémiquer sur le sujet avec l’auteur de tant de rancœurs et de haine c’est lui faire la publicité qu’il recherche et le sortir de l’obscurantisme dans lequel il a toujours été prisonnier de son plein gré.

Cependant, j’ai envie de parcourir quelques passages de son écrit nauséeux et hautement fallacieux.

Je voudrais d’abord faire remarquer à ce monsieur que nulle part dans notre charte il n’est dit que « En cas de contrariété entre la Charte de la Transition et la Constitution, les dispositions de la présente Charte prévalent. »

Notre charte, validée, par toutes les composantes de la société burkinabè, qui ont par ailleurs été impliquées dans sa rédaction, et applaudie par tous les burkinabè, ce qui lui confère sa légitimité à nos yeux, dit plutôt que « En cas de contrariété entre la Charte de la transition et la Constitution, le Conseil constitutionnel statue. »

Monsieur, on ne peut pas vous empêcher d’avoir des desseins cachés mais ayez au moins l’honnêteté intellectuelle (encore faut il que vous soyez un intellectuel, ce qui n’est pas gagné d’avance, d’où d’ailleurs mon débat concernant la différence entre les diplômés et les intellectuels) de restituer les choses telles qu’elles sont.

Vous dites par ailleurs plus loin dans votre écrit en parlant des valeurs affirmées par notre Constitution en son préambule et consacrées par la Charte pour guider la transition (le pardon et la réconciliation ; l’inclusion ; le sens de la responsabilité ; la tolérance et le dialogue ; la discipline et le civisme ; la solidarité ; la fraternité ; l’esprit de consensus et de discernement) que « Parmi ces valeurs, généreusement citées d’autant plus qu’on se fiche pas mal de leur correspondant réel dans l’actualité burkinabé, on note par exemple le couple « pardon-réconciliation »: Ceux qui se vengent du régime CDP actuellement ne sont-ils pas précisément ceux qui écrivent ces mots généreux?

On note le couple de valeurs « tolérance et dialogue »: ceux qui ont exclu la majorité présidentielle issue des urnes du débat transitionnel ne sont-ils pas les mêmes à prononcer du bout des lèvres leur tolérance et leur dialogue? »

Je vous ferais remarquer que même dans la Côte d’Ivoire post crise de Allasane Ouattara et de Soro Guillaume, la réconciliation et le pardon ont été précédés de la recherche de la vérité et de la justice. Pourquoi voulez vous qu’il en soit autrement au Burkina ?

Nous savons pardonner à nos frères pour leurs errements et leur folie mais nous n’oublions pas pour autant et il existe des préalables dans tout processus qui se veut sérieux et durable.

Toujours en parcourant votre écrit, je lis ceci « On apprend donc, en parcourant le titre II de la Charte dite de la Transition, que le résident de la Transition sera un saint-homme civil ayant en plus le privilège d’être un « burkinabé de naissance » (art.3). »

Quoi de plus normal que le Burkina Faso soit dirigé par un burkinabé tout autant que la Côte d’Ivoire est dirigée par un ivoirien et que la France est dirigée par un français. Il n’y a rien là de bien nouveau pourtant.

Vous vous attendiez à quoi, que le Burkina nouveau soit gouverné par n’importe quel extraterrestre ? Que la chienlit s’installe pour que vous puissiez vous en réjouir aves vos maîtres déchus?

Aucun burkinabé n’est exclu comme vous le prétendez ci-après: « les rédacteurs veulent-ils ainsi s’adresser aux près de 5 millions de burkinabé vivant en Côte d’Ivoire, dont certains bi-nationaux ivoiro-burkinabé, qui seraient ainsi d’emblée exclus de la course aux fonctions suprêmes burkinabé? N’a-t-on pas entendu, aux débuts du coup d’Etat du Lieutenant Colonel Zida, ses amis politiques prévenir, comme les militaires, que les Burkinabé de l’Etranger seraient exclus des prochains scrutins »

Notre charte dit que tout candidat aux fonctions de Président de la transition doit entre autres être burkinabè de naissance.

Qu’y a t il d’absurde et d’insensé dans cette condition?

Vous ne trouverez nulle part dans nos documents officiels de clause qui soit de nature à marginaliser les millions de nos frères établis dans les pays étrangers frères.

Mieux, nulle part dans notre constitution vous ne verrez un quelconque empêchement à avoir la double nationalité et prétendre aux plus hautes fonctions du pays.

Concernant le vote des burkinabé de l’étranger, voilà ce que l’article 22 de la charte de la transition dit: « La participation des Burkinabè de l’étranger à l’élection présidentielle qui sera organisée pour mettre fin à la transition, se fera conformément aux dispositions de la Constitution et du Code électoral. »

Où lisez vous qu’un quelconque Burkinabè, de l’étranger ou pas, est exclu?

Des mensonges et rien que des mensonges voilà tout le contenus de votre écrit.

Dans quel but? Vous seul le savez mais j’ai foi que vous n’arriverez pas à vos fins car le peuple burkinabé n’est pas celui que vous semblez avoir connu il y a de cela une ou deux décennies.

Nous vous montrerons ce que Burkina Faso et burkinabé veulent dire, vous semblez être ignorant des valeurs que véhiculent ces noms.

Je vous donne rendez vous dans un an, à la fin de la transition, pour faire le bilan et voir qui de nous deux est dans le vrai.

J’ai la conviction que le peuple burkinabè a ici l’occasion de rabattre le caquet à l’oiseau de malheur que vous êtes pour toujours.

Notre Burkina Faso nouveau saura se relever plus fort et ne sortira que grandi de cette épreuve.

Si vous n’aimez pas notre pays, le Burkina Faso, ayez au moins un minimum de respect pour ses fiers habitants que sont les Burkinabè.

Ne restez pas esclave d’une période de notre pays. Je ne sais pas à quand remonte votre dernier voyage chez nous mais je vous fais l’invitation de revenir bientôt dans notre cher et beau pays pour vous ressourcer, comprendre à quel point le burkinabé s’est bonifié au fil du temps et des épreuves et voir ce qu’il est capable de faire quand il est déterminé.

Abraham DIAO

Burkinabé et fier des institutions de son pays

Source: Burkina24

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