Affaire le procureur contre Gbagbo: Les juges récusent plusieurs témoins clés de Bensouda

Affaire le procureur contre Gbagbo: Les juges récusent plusieurs témoins clés de Bensouda

Les juges de la chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (Cpi), conduits par la juge unique Sylvia Fernandez de Gurmendi, viennent de porter un uppercut à la procureure Fatou Bensouda. Dans l’affaire contre le Président Laurent Gbagbo. Les juges de la chambre préliminaire I, ont rejeté dans une décision du 06 mars 2014, de nouvelles preuves jugées «fiables et probantes» par la Gambienne, en application de l’article 35 du règlement. Ces soi-disant nouvelles preuves de la procureure sont en rapport avec les événements qui ont eu lieu à Abobo, pendant la crise postélectorale en 2010. Bensouda, après avoir inventé et pondu près de 1300 faux documents, a cette fois fait appel à une prétendue liste de témoins oculaires, P -414. Selon la procureure, les déclarations de ces témoins, seraient fortement «incontestables, probantes, fiables et que les témoins étaient dans la ville d’ Abidjan au moment des violences postélectorales. Et, elle a également fourni une description de sa visite du site de bombardement du marché d’Abobo, le 17 mars 2011 et les corps et l’autopsie des femmes tuées dans la même commune».

Pour certains journaux proches du régime Ouattara, ces témoins vont faire couler le Président Gbagbo, une bonne fois pour toute. Tels ont été leurs commentaires, le week-end dernier dans leurs colonnes. Une vraie arnaque vis-à-vis de leurs lecteurs. En effet, il n’en est rien. Ces soi-disant témoins oculaires, ne peuvent rien apporter de nouveau à Fatou Bensouda. Leurs témoignages ne seront pas pris en compte par les juges de la chambre préliminaire I lors d’une eventuelle audience de confirmation des charges. Car, pour ces juges, la sollicitation de la magistrate gambienne, afin d’ajouter une déclaration à sa liste modifiée des éléments de preuve a été faite hors délai. Cela remonte au 27 février 2014. Où le procureur, dans le cadre de la procédure de confirmation des charges, a décidé d’ajouter à sa liste modifiée des éléments de preuve, les déclarations de témoins référencées P-414 sur les évènements d’Abobo.Sur ce point, c’est Me Emmanuel Altit, avocat principal du Président Laurent Gbagbo, qui a attiré l’attention des juges, sur le manquement du procureur à ce stade.

«La défense suggère à la chambre préliminaire que l’on ne devrait pas permettre au procureur d’ajouter à sa liste modifiée de preuves, la déclaration des témoins (P-414) parce que le retard de l’obtention de cette preuve est attribuable au procureur et parce que l’octroi d’une telle autorisation aboutirait à un préjudice pour la défense», avait expliqué Me Altit dans une requête adressée à la chambre préliminaire I le 05 mars 2014. Dans leur réponse, les juges de cette chambre conduits par Sylvia De Gurmendi vont donner raison à la défense du Président Gbagbo. Ils expliquent que dans cette procédure, la chambre préliminaire I a le pouvoir discrétionnaire d’accepter de nouvelles preuves obtenues après les délais fixés par la chambre. Et que ce pouvoir discrétionnaire doit être exercé dans le respect de l’objet de la procédure de confirmation des charges. C’est ainsi que les juges de la chambre préliminaire I, considèrent que «les déclarations des témoins P-414 ne peuvent pas être considérées comme indispensables pour la chambre dans sa décision, si les charges doivent être confirmées».

En d’autres termes, Sylvia de Gurmendi et ses pairs ont purement et simplement rejeté la demande du procureur. Voici une décision qui va faire pâlir la Gambienne. Elle qui, dans sa vaine quête de nouvelles preuves contre le Président Gbagbo, a sillonné Abidjan et Paris pendant des mois. La procureure a même sollicité les ambassades occidentales, les services du ministère français de la Défense, la Licorne basée à Abidjan pour tenter de recueillir de nouvelles preuves. On se souvient même que pour ce cas des événements d’Abobo, la procureure a remué les différents cimetières d’Abidjan, pour obtenir des preuves en vain. Son rêve d’enfoncer le Président Gbagbo, avec des témoignages biaisés au départ, est totalement brisé par les juges de la chambre préliminaire I. Les fameux témoins de Bensouda ne seront donc pas présents à une probable audience de confirmation des charges contre le Président Gbagbo. Injustement et illégalement détenu dans une cellule de la prison néerlandaise de Scheveningen.

On voit mal donc comment Bensouda pourra étayer efficacement, ses supposés 45 incidents qu’elle a évoqués le 03 juin 2013. Un sérieux handicap pour la Gambienne. Dont la copie a toujours été sévèrement remise en cause par les juges de la chambre préliminaire I. Ils doivent normalement, après avoir jugé insuffisantes les nouvelles preuves de Bensouda, prononcer la mise en liberté du Président Gbagbo. Dont le retour en Côte d’Ivoire est vivement souhaité voire réclamé par toutes les couches sociales du pays. Notamment les chefs religieux.

Mgr Ahouana : «Nous prenons les dispositions pour le retour de Gbagbo»

L’un d’eux qui n’a pas sa langue dans la poche, a fait une sortie dans ce sens le vendredi 21 février 2014, à Gagnoa. Il s’agit de Mgr Paul Siméon Ahouana, Archevêque de Bouaké, également 3ème vice-président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr). Profitant d’une cérémonie de purification des terres de cette ville, ce dignitaire religieux s’est prononcé sur le cas du Président Gbagbo. En révélant que tout est mis en oeuvre au sein de la Cdvr pour que Laurent Gbagbo rejoigne son pays. «Nous prenons des dispositions pour que tous ceux qui sont hors du pays reviennent, même le Président Laurent Gbagbo. Nous sommes au sein de la commission pour faire des recommandations», a dévoilé Mgr Ahouana. Qui a tancé de manière voilée, le régime actuel, qui s’est enlisé depuis son arrivée au pouvoir en avril 2011, dans la vengeance, la haine, les arrestations etc. Pour ce chef religieux, les problèmes liés à la crise postélectorale, pouvaient et devaient se régler entre Ivoiriens et en Côte d’Ivoire. «Dans nos villages, quand, il y a des problèmes, on les règle au village. Quand bien même un fils du village a tué quelqu’un, on règle au village», regrette amèrement le 3e viceprésident de la Cdvr. Dans ce nondit, Il est déçu que Ouattara ait déporté le Président Gbagbo à La Haye. Alors que le problème devait se résoudre en Côte d’Ivoire.

Sa colère est grande contre le régime Ouattara, qui allie la violence à la politique. Or, pour l’homme de Dieu, faire de la politique, c’est penser le bien-être, le développement, la prospérité pour ses concitoyens. Tout le contraire de ce qu’on voit avec le régime Ouattara. Cela ne plaît pas à Mgr Ahouana qui s’interroge : «Est-ce qu’au nom de la politique, un être humain peut tuer son semblable? Parce que nous savons que lorsqu’on parle de politique, c’est pour travailler pour le bien-être de la population. Si tuer son frère, c’est cela la politique, ce n’est pas la peine. Il faut qu’on forme nos politiciens. On tue au nom de quoi? De la politique ? Il faut qu’on réfléchisse à une nouvelle vision de la politique dans notre pays. Le pouvoir, c’est un service. Quand Dieu te donne un pouvoir, c’est pour servir des frères». Un cinglant revers qui ne dit pas son nom pour le régime Ouattara.

Dont les dirigeants au sein du Rdr, ont transporté la violence, les tueries, les casses, les assassinats dans le milieu politique ivoirien à partir de 1992 jusqu’en 2011. C’est principalement à ce parti qui est au pouvoir grâce à la violence, que le chef religieux s’adresse particulièrement.

Fabrice Tété

Source: Le Temps N°3145

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One comment

  1. C’est du cinéma tout ça , que DIEU vous bénisse

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