Affaire mandat d’arrêt contre Soro: L’inacceptable chantage politique de Ouattara (Le Reporter)

Depuis le 8 janvier dernier, Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international dans le cadre de l’enquête sur le coup d’Etat de Gilbert Diendéré et de l’ex-RSP. Depuis, c’est le branle-bas incompréhensible au sommet de l’Etat ivoirien.

Le président Ivoirien Alassane Ouattara a décidé de prendre personnellement en charge le dossier et de le gérer par voie diplomatique avec les nouvelles autorités. C’est une terrifiante conception de l’Etat de droit. En clair, l’Exécutif ivoirien décide d’une part, de faire de cette affaire qui engage la responsabilité individuelle de Guillaume Soro, une affaire d’Etat et d’autre part, de solliciter des autorités burkinabè, notamment le Président Kaboré, de s’immiscer dans les affaires judiciaires. En prenant une telle option, Alassane Ouattara fait preuve d’un mépris total de l’indépendance de la Justice burkinabè. Pire, il avalise les positions des courtisans et autres communicants de Guillaume Soro qui confondent volontairement l’individu à l’institution parlementaire et à l’Etat de Côte d’Ivoire. L’on se doutait que Guillaume Soro tenait Ouattara jusqu’au coup sur des affaires intérieures. Mais ça, c’est leurs affaires internes et il appartient aux Ivoiriens de laver leur linge sale en famille. Mais l’on était loin de se douter que Ouattara veuille exporter la mainmise de l’Exécutif sur la justice en Côte d’Ivoire au-delà des frontières ivoiriennes.

Il faut le dire tout de suite. Le mandat d’arrêt contre Guillaume Soro, relève de sa présumée implication individuelle dans le coup d’Etat foireux de Gilbert Diendéré. Le juge d’instruction dispose des éléments qui renforcent ses suspicions sur cette implication. Parmi ces éléments figurent les écoutes téléphoniques avec Djibrill Bassolé qui auraient été authentifiées par des experts français et des armes retrouvées dans son domicile ouagalais. Le juge souhaite entendre Guillaume Soro. Pourquoi les autorités ivoiriennes ont fortement dramatisé cette affaire qui est juste un élément de procédure judiciaire, qui plus est, concerne la personne de Soro ? Comment des parlementaires ivoiriens peuvent exiger de la Justice d’un Etat souverain le retrait d’un mandat d’arrêt contre un citoyen ? Ou alors faut-il croire que Soro a agi dans les faits qui lui sont reprochés pour le compte de l’Etat ivoirien ? Si tel est le cas, le Burkina avisera. Le mandat ne devrait poser aucun problème entre le Parlement ivoirien et celui burkinabè, ni entre les deux pays. Ou alors dans la Côte d’Ivoire de Ouattara, la position de 2e personnage de l’Etat donne-t-elle tous les droits à Guillaume Soro pour entreprendre impunément des actions de déstabilisation d’autres pays ?

Dans tous les cas, il faut espérer que le Président Kaboré et son gouvernement et le Parlement burkinabè ne céderont pas à cet inacceptable chantage. Le coup d’Etat de Gilbert Diendéré a endeuillé des familles burkinabè. S’il avait réussi, les nouvelles autorités ne seraient pas à leur place actuelle. C’est dire qu’elles doivent au moins honorer la mémoire des martyrs tombés sous les balles assassines des putschistes et leurs complices. Roch Marc Christian Kaboré doit faire comprendre à son homologue ivoirien que les affaires judiciaires relèvent des institutions judiciaires qui sont indépendantes. Il a prêté serment de défendre la Constitution et des lois du Burkina Faso. Il ne saurait se laisser conduire par Ouattara dans un parjure. Le peuple résistant du Burkina le tient, dans tous les cas, à l’œil. Aucune immixtion dans les affaires judiciaires ne saurait être tolérée. Il faut espérer que les animateurs de la Justice ne vont pas se laisser entraîner dans une remise en cause de leur indépendance. Le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire ne sauraient être pris en otages par un groupe d’individus qui se croit tout permis.

Certes, en tant que président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro n’est pas un justiciable comme tous les autres. Mais il reste un justiciable tout de même. Les autorités ivoiriennes auraient un peu plus d’égard vis-à-vis de leurs homologues burkinabè et de la Justice militaire en empruntant d’autres voies que celle de l’arrogance de Soro et de son réseau de courtisans et imposteurs et de celle déclarée de la diplomatie qui frise plus un certain mépris que d’une volonté de résoudre un problème qui n’existe pas entre les deux pays. Du reste, les mêmes autorités n’usent-elles pas de subterfuges pour refuser l’extradition de Blaise Compaoré pour qu’il réponde de ses faits dans l’assassinat du Président Thomas Sankara ? Autant les Burkinabè que les Ivoiriens ont intérêt à savoir si oui ou non Soro a trempé dans un coup d’Etat qui a ensanglanté un pays frère. D’autant plus que l’attitude de Soro encourage son présumé complice burkinabè Djibrill Bassolé à refuser les convocations des juges d’instruction, exigeant le retrait des écoutes de la procédure. Affaire donc à suivre de très près !

Source: reporterbf.net

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Oui pour le compromis, mais non à la compromission !

La courageuse et salutaire décision de la Justice burkinabè de lancer un mandat d’arrêt international contre l’ancien chef rebelle ivoirien Guillaume Soro, dans l’affaire du coup d’Etat de septembre 2015 au Burkina Faso, ne finit pas de donner lieu à des réactions souvent des plus consternantes. C’est à se demander si certains n’ont pas perdu tout sens du discernement. Il se trouve des gens pour estimer que la Justice n’aurait jamais dû lancer ce mandat d’arrêt. Et pour toute argumentation, ce mandat pourrait contribuer à fragiliser davantage la situation sécuritaire du pays, en le plaçant dans le collimateur de M. Soro et de ses réseaux mafieux de terroristes et autres récalcitrants extrémistes de l’ancien régime ainsi que leurs connexions dans les réseaux djihadistes.

En clair, les tenants d’une telle approche de la situation, dont certains poussent même l’outrecuidance jusqu’à parler de « justice spectacle », veulent dire que le Burkina doit s’abstenir d’un quelconque affrontement avec Soro Guillaume parce qu’il aurait une telle force de nuisance que le Burkina ne peut en sortir que perdant. Ainsi donc, quand bien même tout le monde est convaincu que Guillaume est fautif, qu’il a commis un grave crime en s’attaquant à la sûreté du Burkina, celui-ci devrait, par couardise, se résigner, au nom d’une hypothétique sécurité, et lui garantir une impunité totale. Quelle insulte ! Quel affront ! Quel mépris vis-à-vis de la dignité de tout un peuple ! Y a-t-il encore pire insécurité que celle à laquelle les actes déjà posés par Guillaume ont exposé le Burkina ? Que peut encore perdre le Burkina dans cette situation ? Comment tout un pays devrait-il se résigner face à un individu, fût-il un ancien chef rebelle ? Non, cela est inadmissible. Il faut rigoureusement tirer toutes les conséquences de cette affaire. Autrement, ce serait un précédent très grave, une compromission très dangereuse qui pourrait se payer très cher un jour.

Source: reporterbf.net

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