Affaire Soro-Bassolé: Le Député congolais Francis Kalombo dénonce dénonce une guerre de positionnement pour la succession d’Alassane Ouattra

Affaire Soro-Bassolé: Le Député congolais Francis Kalombo dénonce dénonce une guerre de positionnement pour la succession d’Alassane Ouattra

La bataille de l’opinion dans l’affaire du putchtape est décidément devenu le point focal des activités de Guillaume Soro ces temps-ci. En tout cas, il n’entend pas lésiner sur les moyens pour se repositionner après les brédouillages du début où son service de communication l’a pratiquement lâché pour cause d’incompétence notoire.

Ainsi, après s’être fait inviter au parlement anglais, le Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire cherche maintenant des soutiens extérieurs, même si ceux-ci s’avèrent être des “petits couteaux” qui ne pourront pas l’aider à grande chose si tout venait à se compliquer pour lui. C’est le cas de sa dernière trouvaille en la personne du député congolais Francis Kalombo. Ce monsieur est certe membre fondateur du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (Pprd, au pouvoir). Mais que représente-il vraiment au Congo mis à part le fait qu’il demande à Joseph Kabila de rénoncer à son ambition de tripatouiller la constitution dans le but de faire un 3e mandat?

C’est en tout cas cet homme que Guillaume Soro est allé chercher pour lui apporter son soutien dans l’affaire des fameuses écoutes téléphoniques qui tendent à l’incriminer fortement. Il a publié l’interview du député congolais sur son site internet. Sur le pucthtape, la position de Francis Kalombo est sans équivoque. Il dénonce une cabale montée de toute pièce dans le but de mettre son “ami” Guillaume Soro en difficulté dans la guerre de positionnement pour la succession d’Alassane Ouattra.

Il prévient donc son “ami” d’être sur le qui-vive continuellement: « Pendant cette période, je pense que le Président Guillaume Soro doit s’attendre chaque jour à des crocs-en-jambe. Parce que des gens lui prêtent des intentions. Même s’il trébuche dans la rue, les gens vont l’interpréter autrement, parce que nous sommes en politique. Il faut seulement que la population comprenne qu’il va toujours exister la calomnie. La population doit être vigilante et ne pas gober tout ce qui se raconte. Aujourd’hui, personne ne peut nier que Guillaume Soro est un patriote qui aime son pays », conseille-t-il.

Le député congolais condamne les écoutes téléphoniques, car soutient-il « Ceux qui diffusent ces genres d’information savent bel et bien que c’est des mensonges inventés de toute pièce. Mais le temps qu’on arrive à expliquer aux gens que ce sont des mensonges inventés de toute pièce, ça créé des dégâts. Voilà pourquoi nous condamnons ce genre de comportement.» Il termine non sans lancer une flèche aux présumés adversaire de son ami Guillaume Soro: «Le combat politique doit être un combat loyal. Chacun doit venir avec un programme et le communiquer aux Ivoiriens. Mettre les bâtons dans les roues des uns et des autres ne fait pas ».

Eburnienews.net
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CI-DESSOUS L’INTEGRALITÉ DE L’INTERVIEW

Honorable Francis Kalombo (RDC) : ” Soro doit s’attendre chaque jour à des crocs-en-jambe ”

« Il s’est battu bec et ongle pour sauver la Côte d’Ivoire »

Député congolais et membre fondateur du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (Pprd), Francis Kalombo séjourne à Paris depuis quelques mois. L’éloignement physique ne l’empêche pas de donner son avis sur la situation politique dans son pays et ailleurs. Il se prononce ici sur l’affaire des écoutes téléphoniques illicites visant Guillaume Soro.

Honorable, vous-êtes à Paris depuis quelques mois pour raison de santé. Il n’empêche que vous suivez l’actualité dans votre pays. Quel regard portez-vous sur la situation en RDC aujourd’hui ?

Je suis membre un des membres fondateurs du PPRD parti au pouvoir. Je suis issu des rangs de la majorité présidentielle. J’ai été élu à deux reprises. Je suis président de la Ligue des jeunes de mon parti. Je suis avocat et enseignant à l’Université en RDC.

Pratiquement tous les jours, je suis l’actualité de mon pays. Il ne faut pas oublier que j’ai un mandat et j’ai une base. La politique de mon pays me concerne puisqu’en tant que élu, je représente la nation, même en étant ici en France.

Peut-on dire que, avec le calme relatif qui règne en RDC, les choses sont en bonne voie en ce qui concerne l’évolution démocratique ?

Nous traversons en République démocratique du Congo, une période très très importante de notre avenir en tant que patrie ; où nous avons la force de la loi qui prime sur la loi de la force. Aujourd’hui, nous sommes à la croisée des chemins. Devons-nous aller comme convenu, et donner à notre peuple une culture démocratique afin que notre pays puisse figurer en pole position parmi les nations véritablement démocratiques ; ou devons-nous reculer ? Vous connaissez l’histoire de notre pays avec l’avènement du Maréchal Mobutu dont cette année est le cinquantenaire de sa prise de pouvoir par un coup d’Etat. Après 32 ans de dictature, ce dernier a été chassé par la population. La suite, vous la connaissez : Il y a eu des guerres désastreuses. Nous avions enregistré plus de huit millions de victimes, de déplacés, des exilés… Aujourd’hui, vous avez un Congo à l’extérieur et un Congo à l’intérieur. Les Congolais qui sont à l’extérieur constituent presqu’un pays entier. Ceux qui ont pris les armes par la suite l’ont justifié du fait qu’il n’y avait pas de démocratie en RDC. Maintenant que nous avons mis en place une Constitution, aujourd’hui, nous devons lutter pour préserver cette Constitution et faire en sorte qu’elle ne puisse pas être violée. Nous devons faire en sorte que la culture démocratique soit ancrée dans le cœur des Congolais. Un Congo malade, c’est l’Afrique qui pourrait en pâtir. N’est-ce pas que nous sommes au cœur du continent ?

Vous semblez en filigrane reprouver un 3è mandat du président Joseph Kabila…

Ecoutez, ce n’est pas que moi qui le reprouve. C’est suite aux millions de morts, suite aux négociations que nous avions mis en place cette Constitution. Il ne faut pas oublier qu’il y avait des chefs de guerre qui ont été candidats en 2006 et qui ont perdu l’élection présidentielle et qui, néanmoins, ont accepté de jouer leur rôle dans l’opposition. Nous avions connu d’autres élections en 2011. Pourquoi maintenant ne pouvons-nous pas organiser des élections ? Le bon sens voudrait qu’il y ait des élections et que celui qui ne peut plus se présenter accepte de faire la place aux autres. Si on veut revenir en arrière, avoir des hommes-providentiels, des hommes puissants sans qui le pays ne peut pas avancer ; si on veut s’inculquer cela, nous allons tuer la RDC. L’histoire montre que chaque fois qu’on a ainsi pensé, cela nous a fait reculer et on n’a pas pu développer notre pays.

Honorable, vous suivez également de loin l’actualité en Côte d’Ivoire et en privé, vous avez manifesté votre dégoût au sujet des écoutes illicites qui impliquaient deux personnalités : Guillaume Soro, Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire et Djibril Bassolé, un proche de l’ancien président Blaise Compaoré. Pouvez-vous officiellement vous prononcer sur cette affaire ?

Je suis depuis toujours l’actualité en Côte d’Ivoire qui fut le centre des Affaires en Afrique, surtout pour nous Congolais. Beaucoup de grands hommes d’affaires de RDC ont investi en Côte d’Ivoire. Moi j’y ai vécu pendant un certain temps, notamment à Marcory. Pour en revenir à Guillaume Soro, je tiens beaucoup à le féliciter. Quand on veut parler de Guillaume Soro, quand on veut lui imputer des choses, il faut au moins tenir compte de son passé. Et quel est ce passé ? Voilà un jeune homme courageux qui a vu que le pays sombrait. Il prend des armes, chose qui n’est pas du tout facile, il faut le savoir. Ce n’est pas de gaîté de cœur qu’on arrive à prendre des armes pour défendre l’idéal auquel on croit. C’est-à-dire la liberté, la démocratie et le bien-être du peuple. Il pouvait payer de sa vie. Il a vu les siens tomber, il a vu les siens mourir. Prendre les armes ce n’est pas du tout facile. On le fait avec un objectif, non pas de tuer, mais de sauver la démocratie et de sauver sa patrie. Il s’est battu bec et ongle pour sauver la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas, il a participé à ce que la Côte d’Ivoire puisse quitter cette zone de turbulence pour aboutir à la situation qu’on apprécie aujourd’hui. Voilà quelqu’un qui a été Premier Ministre. Cela les gens ne doivent pas l’oublier. Il a préféré perdre tous ces privilèges, quitter ses fonctions et s’associer aux autres pour ramener la paix en Côte d’Ivoire et soutenir la légalité. Je ne suis pas surpris de ce qui lui arrive aujourd’hui. Il y a ce qu’on appelle la guerre de positionnement. C’est tout à fait normal. Il y a beaucoup de jeunes en Côte d’Ivoire qui pensent que maintenant que l’actuel Président ne peut plus briguer un troisième mandat ; il l’a dit et coup de chapeau à lui, puisqu’au moins, on a quelqu’un qui va respecter ses engagements, et ben voilà ! Cette guerre commence. La politique n’est pas un milieu d’enfants de chœur.

Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?

Ecoutez, même si on veut écouter et qu’on dénature ce qu’il a dit. Nous sommes en politique ! Je dis toujours aux hommes politiques de ne pas être surpris. Nous tous on a été victimes de ce genre de cabale. Pendant cette période, je pense que le Président Guillaume Soro doit s’attendre chaque jour à des crocs-en-jambe. Parce que des gens lui prêtent des intentions. Même s’il trébuche dans la rue, les gens vont l’interpréter autrement, parce que nous sommes en politique. Il faut seulement que la population comprenne qu’il va toujours exister la calomnie. La population doit être vigilante et ne pas gober tout ce qui se raconte. Aujourd’hui, personne ne peut nier que Guillaume Soro est un patriote qui aime son pays. Il s’est battu pour son pays au risque de perdre sa vie. Les gens ne doivent pas oublier cela. Là où il est arrivé aujourd’hui, c’est le fruit d’un travail. Ce n’est pas un don. Finalement, à travers cette bande audio trafiquée, que veut-on lui reprocher ? D’être ami à Djibril Bassolé ? Attendez, il ne faut pas oublier que M. Bassolé a été négociateur dans la crise ivoirienne. Il connaît tous les acteurs en Côte d’Ivoire. Si un jour ce Monsieur venait à solliciter les Ivoiriens, ce ne serait pas une mauvaise chose de lui venir en aide. Même un prisonnier de droit commun, l’Etat lui vient en aide en lui fournissant de la nourriture pour rester en vie. L’appel de Djibril Bassolé, en réalité, n’a rien à voir avec un financement quelconque d’une rébellion.

Lorsque vous avez écouté la bande audio d’environ 16 minutes reconnue comme un faux grossier par l’entourage de Guillaume Soro, quelle a été votre réaction immédiate ?

C’est justement ce que je vous disais. Moi je fais de la politique, Non seulement je suis un homme politique, je suis aussi un politologue. J’enseigne la politique. J’ai cette double casquette. Cela ne me surprend pas, parce que le milieu politique n’est pas un milieu d’enfant de chœur.

Nous sommes dans une situation où l’actuel Président ne se présentera plus. Il faut qu’il y ait une nouvelle personnalité qui se présentera. Et on prête à tout le monde des intentions. Même si le Président Soro ne s’est pas déclaré qu’il est candidat, les gens se disent, voilà, il peut l’être. Effectivement, Soro remplit toutes les conditions pour devenir un futur candidat et être élu Président de la République. D’autres aussi ont légitimement cette carrure. C’est cette guéguerre qui peut naître. Ce n’est pas Guillaume Soro qui peut subir les contrecoups de cette rivalité, mais d’autres personnalités, futurs candidats. Donc je ne suis pas surpris. Mais je le dis et je le répète : ce n’est pas bon ce genre de cabale ! Nous devons être démocrates ! La calomnie et tous ces comportements, vous ne faites pas mal à Guillaume Soro en tant qu’individu, mais vous faites mal au peuple ivoirien. Ceux qui diffusent ces genres d’information savent bel et bien que c’est des mensonges inventés de toute pièce. Mais le temps qu’on arrive à expliquer aux gens que ce sont des mensonges inventés de toute pièce, ça créé des dégâts. Voilà pourquoi nous condamnons ce genre de comportement. Le combat politique doit être un combat loyal. Chacun doit venir avec un programme et le communiquer aux Ivoiriens. Mettre les bâtons dans les roues des uns et des autres ne fait pas

Un message à l’endroit de Guillaume Soro ?

Je lui dis courage ! Je sais que c’est un homme courageux. Je lui demande de continuer le combat qu’il a accepté de mener et qu’il aille jusqu’au bout dans ce combat. Aujourd’hui, Guillaume Soro ne s’est pas déclaré candidat. Il a un mandat, celui de mener les Ivoiriens là où il doit les mener en sa qualité de deuxième personnalité du pays. Il ne faut pas oublier qu’il a aussi des relations à travers l’Afrique et le monde qui peuvent profiter à son pays. Le Président Soro doit être serein et continuer ce qu’il a affaire. J’en appelle à la presse de ne pas publier ces informations perfides. Nous qui suivons l’actualité africaine et ivoirienne, nous disons que les gens doivent arrêter ces genres de comportement. Nous avons tous nos relations. Les gens doivent comprendre que l’appel du général Djibril Bassolé à son jeune frère Guillaume Soro s’est fait en réalité après le coup du général Diendéré. Ce n’était donc pas pour faire un coup quelconque. Quand le Président Ouattara accueille Blaise Compaoré en Côte d’Ivoire, lui porter assistance dans un moment difficile, est-ce pour autant qu’on peut accuser M. Ouattara d’être impliqué dans ce qui s’est passé au Burkina Faso, il y a un an de cela ? Non !

Vous n’avez pas d’appréhension quant à une banalisation des écoutes téléphoniques illicites ?

Si ! Tout le monde condamne ces pratiques. Vous l’avez vu dans le cas de la France, de l’Allemagne. Tous ces grands pays, chaque fois qu’on les écoute, il y a des condamnations. Le fait d’enregistrer une autorité est condamnable. Et plus condamnable encore le fait de publier des écoutes mensongères. On ne peut pas accepter cela. Nous disons que ces pratiques ne peuvent pas continuer. Nous prônons en Afrique, l’Etat de droit. On ne doit pas encourager ces agissements.

Interview réalisée à Paris par Karim Wally

Source: guillaumesoro.ci

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