Affi et les dirigeants du FPI: Les secrets du report… d’une arrestation programmé selon “L’Intelligent d’Abidjan”

Affi et les dirigeants du FPI: Les secrets du report… d’une arrestation programmé selon “L’Intelligent d’Abidjan”

Après les appels répétés au boycott du RGPH 2014 par le président du FPI et son parti, le Procureur de la République a instruit la brigade de recherche de la gendarmerie nationale, à l’effet d’auditionner Affi N’Guessan, Laurent Akoun, Odette Lohourognon sur leur opposition systématique, ayant entraîné violence et mort d’hommes, dans le cadre du déroulement du recensement général de la population. 

Les entendre sur leur posture de rébellion contre un acte régalien prescrit par la Constitution, est à priori une démarche normale s’imposant à tout citoyen, tout justiciable; tout comme cela fait partie tant des prérogatives, que des obligations régaliennes de tout État sérieux.

Affi N’Guessan a donc été entendu et il est retourné libre chez lui après son audition. Ce qui n’était pas évident, compte tenu de la gravité des charges pesant sur Affi et le FPI, et qui se résument aussi en ces mots : défiance envers le gouvernement, incitation à la désobéissance civile, menaces de troubles à l’ordre public. Le salut d’Affi N’Guessan et les siens, selon certaines indiscrétions, est venu de la grande magnanimité du Président de la République. Alassane Ouattara, il faut le dire, est pris en otage par deux clans.

Le clan des faucons, des durs qui veulent voir Affi et des cadres du FPI retourner en prison pour méditer sur ce que représente la raison d’Etat, surtout lorsqu’on a été au pouvoir 10 ans durant, et qu’on est les mieux avertis à respecter les lois de la République. Pour les durs, il n’y a plus lieu de discuter de quoi que ce soit avec le Fpi, qui incarne la mauvaise foi. Cependant pour les colombes, et les conciliateurs autour de Ouattara, renvoyer Affi et certains membres du FPI en prison équivaudrait à leur tresser des couronnes de faux héros. Cela n’en vaut pas la peine et leur convocation par le Parquet pour être entendus par la brigade de recherche de la gendarmerie leur vaut avertissement solennel. Quitte à eux de décoder le message de l’épée de Damoclès qui pèse sur leurs têtes à tout moment, s’ils ne s’avisaient pas de donner le change d’être des responsables d’association, politiquement correct au regard des textes de loi de la République.

Sans être dans le secret des dieux, il faut l’avouer net, que c’est le Président Ouattara, usant peut-être de son pouvoir curia-legis (pouvoir d’arrière-cour et de garant constitutionnel du pays) qui aura sauvé Affi et ses compagnons d’un emprisonnement certain, immédiat et programmé, les véhicules pour la Maca et les prisons de l’intérieur étant déjà prêts. Le parquet dirigé par le Procureur de la République, et qui a l’initiative des poursuites, est rattaché à la chancellerie, contrairement au juge du siège. L’interaction entre le parquet et l’exécutif est dans l’ordre du fonctionnement des institutions, et non une entrave à la justice. L’indépendance des juges du siège est le garant du contrepoids et de l’indépendance de la justice. Le Président Ouattara ayant fait de la réconciliation nationale son principal cheval de bataille, comme il l’a répété hier à la Haute autorité de l’audio-visuelle (HACA), il est normal donc que l’exécutif entre fermeté et respect de l’autorité de l’ État, dans le cadre de la prise des décisions en faveur des populations, agisse dans le sens de l’apaisement. Toutefois Ouattara a aussi averti hier, que les lois de la République s’appliquent à tous.

Affi et le FPI ont échappé hier à la prison. Provisoirement. Ils sont en sursis! À présent ils doivent s’inscrire résolument dans la donne de l’apaisement du climat politique parce que des radicaux, face à leurs jactances politiques, chantages et appels à la rébellion, veulent sine die, le départ de Simone Gbagbo à La Haye et l’enfermement à Bouna, Katiola…d’éventuels trublions FPI qui nargueraient encore la République. Affi N’Guessan et le FPI ont échappé à la prison hier. Ils doivent leur salut à Ouattara, la seule soupape de l’apaisement social. Des hommes avertis en valent plusieurs….

Souvaine Doudou

Source: L’Intelligent d’Abidjan

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