Affi N’Guessan et le FPI seraient-ils tombés dans le piège de Ouattara?: Les ratés d’un accord

On reprend les mêmes et on recommence.Hier, une délégation du FPI a rencontré celle du gouvernement « à la demande du parti de Laurent Gbagbo », a tenu à préciser le ministre Bruno Koné au sortir d’un conseil des ministres. Mais selon Michel Amani, c’est plutôt suite à un courrier de Jeannot Ahoussou Kouadio, ministre des affaires présidentielles, que le FPI a dû à nouveau se rendre à la primature pour évoquer des sujets sur lesquels les deux delegations planchent depuis trois ans sans résultats tangibles.

De fait, il a été encore question des prisonniers politiques proches de Laurent Gbagbo, de l’occupation des biens des militants par les hiérarques du régime, du dégel des avoirs et du sort des exilés dans les pays limitrophes. Au total, sept points étaient à l’ordre du jour de la rencontre. Sept points déjà sanctionnés par des accords mais que le gouvernement rechigne toujours à appliquer et sur lesquels il s’est d’ailleurs montré coutumier de voltes-faces spectaculaires ou de silences. Tirant alors les conséquences de cette situation, le FPI avait conclu que le gouvernement n’est pas disposé à discuter et a suspendu à son tour toute négociation avec le régime.

Quelques semaines plus tard, le secrétariat général bétonnait cette menace en conditionnant tout retour du FPI à la table de négociation par la nomination d’un médiateur et par un début d’exécution des accords obtenus. Visiblement, on est loin du compte. Car hier, au sortir de la rencontre avec le gouvernement, Pascal Affi N’guessan a indiqué luimême que quelque 150 prisonniers politiques vont être libérés sur les 800 qui sont toujours retenus dans les différents goulags du pays, tandis que le gouvernement insistait sur le dégel de 50 nouveaux comptes. En retour, le régime demandait au FPI de lever officiellement son appel au boycott du recensement général de la population et de l’habitat, admettant ainsi que l’opération de dénombrement de la population connaissait de grandes difficultés sur le terrain. Une réalité que le gouvernement a d’abord voulu ignorer, menaçant d’ailleurs ouvertement d’emprisonner les auteurs du mot d’ordre de boycott.

C’est donc un accord dans un accord qui signe un tournant dans la lecture des événements qui secouent la Côte d’Ivoire. Ainsi, le gouvernement qui garde sans le moindre jugement 800 pro-
Gbagbo ou soupçonnés comme tels en prison, qui a fait extrader Charles Blé Goudé après avoir promis de ne pas le faire et qui maintient toujours le couple Gbagbo en prison, l’un à la CPI où il est pris en otage et l’autre à Odienné, se donne désormais un nouveau moyen de pression sur le FPI qui va sans doute regretter d’avoir demandé cette discussion. Signe des temps, alors que la délégation gouvernementale avait le sourire aux lèvres, le président du FPI s’est montré quelque embarrassé en rappelant que « notre espoir est que cette rencontre donne les arguments, les instruments pour convaincre nos instances afin de revenir sur cette décision». Ce qui devrait être particulièrement difficile à avaler par le peuple du FPI qui reproche depuis quelques temps à la direction de ne pas en faire assez sur la question de la libération de Laurent Gbagbo.

Vu sous cet angle, le FPI s’est plutôt laissé enfermer dans le piège posé par Alassane Ouattara. Car au regard de la réalité du terrain,de quels pouvoirs dispose-til réellement pour mettre fin au boycott dans ce pays où le réflexe des Ivoiriens est avant tout de faire payer à Alassane Ouattara son inhumanité envers les Gbagbo et tous ceux que son régime torture ? La décision appartenant désormais au comité central, on a quelques jours encore pour le savoir.

En attendant, le FPI a désormais assez de quoi alimenter la polémique en son sein pour regarder de près la réforme de la commission électorale indépendante que le pouvoir domine encore et contre laquelle Bertin Kouamé Konan dit KKB s’est insurgé, il y a quelques jours, affirmant qu’il n’a pas envie de cautionner ce qui va conduire les Ivoiriens vers une nouvelle tragédie. Mais le FPI perd surtout l’illusion de peser sur les décisions du gouvernement. C’est pourtant à cela que répondait la nécessité de nommer un médiateur afin de servir de moyen de pression sur le régime et sortir de ce tête-à-tête où le FPI laisse une grande partie de son énergie. Au demeurant, le FPI va devoir gérer les susceptibilités de ses nouvelles amitiés.

Car même si la règle adoptée par l’alliance permet la flexibilité et la liberté nécessaires pour que chaque parti puisse négocier seul, le FPI est obligé de rassurer ses nouveaux partenaires en raison de son statut de leader. « Que vont désormais penser nos alliés si on les appelle à discuter ? », s’interrogeait avant-hier encore un membre de la direction du parti qui n’ignore pourtant pas l’existence de cette liberté dont les membres de l’Alliance peuvent se prévaloir. C’est dire à quel point la gêne est manifeste dans les rangs du parti de Laurent Gbagbo.

Source: Aujourd’hui

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Dialogue Gouvernement –Fpi : Libération de 150 détenus pro-Gbagbo contre la levée du mot d’ordre de boycott du récensement

Le Président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N’guessan a annoncé, jeudi, à l’issue d’une rencontre avec le gouvernement que “150 détenus” proches de l’ancien Chef de l’Etat Laurent Gbagbo “seront libérés dans les heures qui suivent”.

Faisant le compte rendu de cette reprise du dialogue politique avec le gouvernent, Pascal Affi N’guessan a indiqué que les discussions ont porté notamment sur la “situation administrative des cadres du FPI, les rentes viagères, la situation des détenus, des exilés et des comptes gelés”.

“Sur l’ensemble de ces questions, le gouvernement nous a apporté des précisions sur l’état d’avancement de ces dossiers”, a-t-il expliqué en ajoutant que “le financement des partis politiques” a été également au menu de ces échanges.

“Le gouvernement a marqué sa volonté d’aller de l’avant, à travailler avec le FPI (…)” et a pris les dispositions pour que “150 détenus soient libérés dans les heures qui suivent”, a ajouté Pascal Affi N’guessan.

A ce propos, Jeannot Kouadio Ahoussou ministre d’Etat, ministre auprès du président de la République chargé du dialogue politique a relevé que c’est une liste de 719 personnes qui a été soumise au gouvernement par le FPI. Mais, a-t-il précisé ” sur cette liste, 228 personnes ne sont pas dans le fichier de la justice (…) Il s’est avéré que 150 personnes peuvent être mises en liberté provisoire”.

“Sur le dégel des avoirs, des chiffres sont avancés par le procureur de la République”, a poursuivi le président du FPI sans plus de détails. Le procureur de la République Richard Christophe Adou, a annoncé mercredi soir, avoir procédé le même jour au dégel de 50 comptes bancaires, appartenant à des personnalités proches de M. Gbagbo. Début avril, ce sont 43 comptes qui avaient été déjà dégelés par la justice ivoirienne.

Sur la levée du mot d’ordre de boycott du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), Pascal Affi N’guessan a rappelé que cette décision a été prise par le Comité central du FPI. “Nous irons rendre compte au Comité central du FPI” qui décidera, a-t-il conclu.

Délégation du FPI: Pascal Affi N’guessan, Sébastien Danon Djédjé, Michel Amani N’guessan, Alcide Djédjé, Etienne Amoakon et Franck Anderson KouassI.

Délégation du gouvernement: Jeannot Kouadio Ahoussou (ministre d’Etat, ministre après du président de la République chargé du dialogue politique), Hamed Bakayoko (ministre d’Etat, ministre de l’intérieur et de la sécurité), Paul Koffi Koffi (ministre de la défense), Ally Coulibaly (ministre de l’intégration africaine et des ivoiriens de l’extérieur), Affoussita Bamba-Lamine (ministre de la communication), Mathieu Badaud Darret (ministre des eaux et forêts) et Remi Kouadio Allah (ministre de l’environnement et du développement durable).

Source : Le Democrate

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