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Afrique du Sud: L’ANC voudrait redistribuer les terres

Afrique du Sud: L’ANC voudrait redistribuer les terres

Pourquoi l’Afrique du Sud va basculer vers une crise de redistribution des terres? – Tout Sud africain qui sous-estime l’énormité des problèmes de redistribution des terres du pays, l’un des vieux héritages de l’apartheid, ferait mieux de réfléchir sur la situation au Zimbabwe où l’économie a implosé après une violente saisie des terres, il y a une dizaine d’années.

Beaucoup d’observateurs soutiennent que l’Afrique du Sud ne peut pas être comparée à son  voisin du Nord, mais la réalité demeure que Pretoria a accompli peu de progrès dans la résolution de l’impasse depuis que Mandela est arrivé au pouvoir, il y a deux décennies de cela.

La question est revenue sous les feux des projecteurs après que le ministre du Développement rural et de la Réforme foncière, Gugile Nkwinti, a déclaré au parlement cette semaine, que les noirs sud africains qui n’ont pas de terres à cause des politiques de l’apartheid, «se sont mis en quatre» pour résoudre l’impasse et deviennent de plus en plus impatients.

«Cela est insupportable. Nous ne pouvons pas continuer comme cela», a-t-il déclaré. Nkwinti propose maintenant des initiatives de réformes foncières, qui si elles sont adoptées, verront les fermiers donner la moitié de leurs terres à leurs employés.

Les réactions ont été rapides et furieuses, et il y a eu des divisions profondes sur la question. Le parti officiel de l’opposition, ‘Democratic Alliance (DA)’ a déclaré que les propositions sont une recette pour le désastre.

«Elles vont exacerber l’insécurité, détruire des emplois, accélérer l’exode déjà catastrophique de l’expertise agricole, de l’industrie et auront une terrible implication sur la sécurité alimentaire dans le moyen terme», a indiqué la dirigeante de DA, Helen Zille.

Le porte-parole des combattants de la liberté économique, Andile Mngzitama, a quant à lui, déclaré que les travailleurs agricoles vont faire face à des expulsions de masse à cause de la proposition.

Cornelius van Renburg, de l’organisation agricole AfriSake, a averti que cela mènera à une agitation ouvrière généralisée dans le secteur de l’agriculture. Il a déclaré que le gouvernement est en train de créer des attentes parmi les ouvriers agricoles qui ne pourront pas être satisfaites.

«Si jamais le plan est adopté, rien n’empêchera l’implantation d’une politique similaire dans tout autre secteur de l’économie. Tout travailleur de toute industrie sera capable de manière légale d’exiger 50% de participation dans les actifs de son employeur’, a-t-il déclaré.

Cependant, le porte-parole du ‘African national Congress’ au pouvoir, Zizi Kodxa, a indiqué que la politique était nécessaire pour annuler les injustices du passé et pour donner une expression pratique à l’exigence que «la terre doit être partagée entre ceux qui la travaillent».

Il y a 100 ans, en  juin 1913, le ‘Natives Land Act’ de l’Afrique du Sud a été adopté. Cette législation a exclu effectivement la population noire de la propriété de quelque 90% des terres du pays.

Quand l’African National Congress est arrivé au pouvoir en 1994, quelque 60.000 exploitants de race blanche possédaient presque 70% des terres classifiées comme agricoles et donnaient en bail encore 19%.

L’ANC a promis de redistribuer 30% des terres des propriétés de la race blanche aux fermiers  noirs en 1999 et de restituer les propriétés perdues qui sont les résultats d’une législation raciste.

En 2012, environ 8 millions d’hectares avaient été transférés, ce qui représente un tiers seulement du chiffre visé au début.

Une somme estimée à 3,2 milliards de dollars us a été dépensée dans le programme de réforme foncière entre 1994 et 2013, ce qui équivaut à un budget d’une seule année pour la construction de logements.

En outre, la progression lente de la redistribution des terres est devenue une question brûlante; justement comme elle l’a été, il y a une dizaine d’années, quand les fermiers blancs zimbabwéens ont vu leurs terres enflammées. L’avertissement est là, devant les yeux de tout un chacun.

Craig Urquhart

 

Source: Pana

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