Afrique du Sud : Un demi-million de mineurs d’or malades vont pouvoir poursuivre leurs employeurs

Afrique du Sud : Un demi-million de mineurs d’or malades vont pouvoir poursuivre leurs employeurs

Vendredi dernier, un juge d’Afrique du Sud a rendu un verdict historique à Johannesburg en autorisant plusieurs centaines de milliers de mineurs d’or atteints de silicose à prendre part à une action collective contre leurs anciens employeurs.

À l’origine, ils n’étaient que 56 anciens mineurs, affirmant avoir contracté la silicose – une maladie mortelle débilitante due à l’inhalation prolongée de poussières de silice qui s’accumulent dans les poumons, et dont le seul traitement connu est la transplantation pulmonaire – après avoir travaillé des années dans des conditions dangereuses, à souhaiter lancer une action collective contre des compagnies minières d’Afrique du Sud. Vendredi dernier, la justice sud-africaine, estimant qu’ils n’avaient effectivement pas les moyens de se lancer dans des poursuites à titre individuel contre leurs anciens employeurs, leur aura donné raison, comme l’explique le Guardian.

La décision prononcée par le juge Phineas Mojapelo devant la Haute Cour de Johannesburg revêt un caractère historique. Ce dernier a en effet déclaré que le demi-million de mineurs du pays ayant comme point commun de souffrir de silicose ou de tuberculose, et leurs familles dans le cas des personnes décédées, vont maintenant pouvoir demander des dédommagements pour une somme totale qui pourrait atteindre plusieurs centaines de millions de dollars américains :

Nous considérons que dans le contexte de cette affaire, une action groupée constitue la seule option réaliste par le biais de laquelle les mineurs peuvent faire valoir leurs droits de manière efficace contre les compagnies minières.

Le juge a estimé qu’entre « 17 000 et 500 000 » personnes ayant travaillé dans les mines d’or d’Afrique du Sud à partir de 1965 pourraient prendre part à cette action collective. La plupart sont désormais à la retraite forcée, après avoir contracté la maladie, ou décédés. Le cas échéant, leurs familles auront la possibilité de se joindre à l’action collective.

Si la plupart de ces mineurs sont Sud-africains, on recense également des citoyens de plusieurs pays voisins comme le Lesotho, le Malawi ou encore le Swaziland. En tout, près d’une trentaine de poids lourds du secteur minier, dont Anglo American, AngloGold Ashanti, Gold Fields, Harmony Gold, Sibanye Gold et African Rainbow Minerals (ARM), pour n’en citer que quelques-uns, pourraient être inquiétés. Chacune de ces entreprises a maintenant le choix de faire appel ou non.

La décision du juge Mojapelo fait suite à une affaire similaire sur le sol sud-africain, bien que de moindre ampleur. Ainsi, en mars dernier, dans le cadre d’un accord à l’amiable, plusieurs anciens mineurs souffrants de silicose et leurs familles avaient déjà pu obtenir à la surprise générale la création par deux mastodontes de l’industrie minière, Anglo American South Africa et AngloGold Ashanti, d’un fonds de compensation de 30 millions de dollars.

Source: 8e-etage.fr

About Tjefin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*