Aïcha Koné: Son histoire avec Gbagbo. «Des gens me disent, toi une Nordiste, que fous-tu derrière les boussoumani? Mais ils oublient que ma mère a un côté gouro.»

Aïcha Koné: Son histoire avec Gbagbo. «Des gens me disent, toi une Nordiste, que fous-tu derrière les boussoumani? Mais ils oublient que ma mère a un côté gouro.»

Les bons rapports d’Aïcha Koné avec les hommes au pouvoir ne sont plus à démontrer. Toute vérité qui donne l’impression que le métier de politique voulait également de la chanteuse. «Oui, c’est comme si… Mais je n’y peux rien, c’est mon destin. Sinon, je ne suis pas vraiment politique», nuance-telle,en «roulant» les yeux comme elle sait le faire. Seulement, au cours de cette dernière décennie, la chanteuse s’est politiquement engagée à cause, selon elle, de la crise politico-militaire imposée à la Côte d’Ivoire.

Mais n’oublions pas qu’Aïcha était déjà auteure de quelques chansons politiquement bien. Entres autres, «Kanawa» (ne pars pas à la guerre) dans laquelle elle lançait déjà des messages forts d’amour et de paix à l’endroit de toute la planète. sans doute, à commencer par d’anciens présidents de la sous-région tels que Lassana Conté de la Guinée-Conakry, Charles Taylor du Liberia, Abdoulaye Wade du Sénégal et maintenant Alpha Condé de la guinée Conakry et l’entourage de Blaise Compaoré du Faso. A cette liste s’ajoutent bien sûr ses «parents» ivoiriens Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, Robert Guéi et Laurent Gbagbo. «Ce sont des personnalités qui aiment mes chansons. Certains d’entre eux préf èrent mes interviews qui dégagent, selon eux, une certaine maturité», confiait-elle à Notre Voie, en 2010.

Aïcha précise que sa mère a eu comme demi-soeur Macoucou Traoré, l’épouse du sénateur Ouézin Coulibaly. C’est cette dernière qui a commencé par lui tracer les sillons des Palais présidentiels. Une autre exception qui confirme la règle, est qu’au-delà d’un réflexe patriotique, le soutien d’Aïcha Koné au président Gbagbo a une histoire naturelle. «Je suis particulièrement avec le président Gbagbo parce que le cas de la Côte d’Ivoire qu’il a héritée en 2002 est un cas spécial. Avec ses prédécesseurs, on vivait dans l’opulence, on était presque insouciant. Moi, sincèrement, je vous avoue que je ne suis pas une militante du Front Populaire Ivoirien (FPI, ndlr). En 2000, je n’ai pas voté pour le candidat Gbagbo mais on n’a pas gagné. C’est lui qui a gagné. Maintenant, nous sommes là comme tout le monde. Et brusquement, en 2002, il y a eu la guerre. Il y a eu des morts, des blessés, des viols, des traumatismes. On vit dans la peur ; on ne sait pas ce qui se passe. Moi, en ce qui me concerne, je ne sais pas qui nous a attaqués. Je vivais un véritable drame», déplore la chanteuse, avant de poursuivre : «Je n’ai pas accepté qu’il y ait eu la guerre et je me suis mise à me poser la question: quelle sera ma destination si cette guerre s’intensifiait ? Et puis qui nous fait cette guerre ? J’étais dérangée. Vous me comprenez ? Après, on a découvert qui était derrière tout ça. Des noms que je respectais! Je ne citerai personne.»

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Pour Aïcha Koné, la guerre en Côte d’Ivoire a déterminé beaucoup plus son choix pour Laurent Gbagbo (qui sera renversé en avril 2011), que ses liens familiaux avec le leader socialiste détenu à la prison de la Haye (Pays-Bas). Lisons son témoignage : «Ma mère me l’avait dit depuis 1990. Mais j’avais déjà fait le choix de demeurer PDCI. Je ne sais comment le dire mais je suis avant tout patriote. Je suis une patriote logique et raisonnable. Nous, au PDCI, nous avons régné 40 ans et je trouve injuste qu’on ne laisse pas travailler celui à qui Dieu a donné la chance de gouverner». Elle poursuit : «Quand des gens me disent : «Toi une Nordiste, que fous-tu derrière les boussoumani (bushmen) ?» Mais ils oublient que ma mère a un côté Gouro. Elle est de Sinfra (centre-ouest), précisément du village de Douafla, famille Douabou. Donc, je suis partagée entre les deux régions».

Vous avez dit Aïcha et Gbagbo ? Voilà qui devrait couper court à toutes les supputations les plus imaginatives !

S. A.

Source: Notre Voie

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