Alain Lobognon se plaint de son «RDR»

Alain Lobognon se plaint de son «RDR»

Mal pour mon RDR

Au moment où le PDCI célèbre ses fondateurs et ses pionniers, au RDR, la colère monte. Pourquoi les grands partis de la coalition au pouvoir connaissent-ils deux différentes situations à quelques mois des prochaines échéances électorales?

C’est aux premières heures du Rassemblement Des Républicains, alors encore courant au sein du vieux parti que je me suis engagé dans le futur mouvement politique. Je suis encore un témoin lucide. Désolé si ma contribution de ce jour choque certaines personnes. Ce n’est d’ailleurs pas la première.

Le slogan « le RDR, une force qui va! » pour indiquer le sens du progrès fut pour moi une raison forte de croire en des lendemains glorieux. Le parti comptaient des cadres, qui a l’époque, donnaient de leurs moyens matériels et de leur temps pour montrer aux pessimistes et aux moqueurs que seuls l’engagement et la foi pouvaient payer.

Qui aujourd’hui au sein de l’appareil dirigeant du parti créé en 1994 se souvient des contributeurs qui ont fait vivre le RDR dans toutes les localités de Côte d’Ivoire? Personne! Les militants que l’on appelle les frustrés étaient présents aux premières heures, aux premiers meetings, lors de toutes les tournées de la direction du parti aux heures les plus chaudes. Combien de responsables au sein de l’actuelle direction intérimaire connaissent l’histoire de ces militants qui n’ont jamais exigé le moindre poste ministériel parce que ayant sacrifié, pour les plus nombreux, leur formation scolaire et universitaire pour voir le rêve des fondateurs se réaliser?

Le RDR est malade de ses dirigeants actuels qui ont pensé qu’il suffisait de rouler dans une grosse cylindrée ou de fumer le cigare ou de porter un panama ou encore de disposer d’un bureau à la Rue Lepic pour avoir le droit de réécrire l’histoire de ce parti de masse.

Aujourd’hui la masse grogne. Elle a pleinement raison de grogner. Et moi qui ai eu la chance d’arriver à un haut niveau de responsabilité étatique, je ne cesserai pas de lui apporter mon soutien moral. Parce que je sais que les grognons du RDR n’attendent rien d’extraordinaire de la direction du parti, en dehors de peu de justice sociale pour tous les Ivoiriens et de vraie reconnaissance pour les plus méritants.

Quand j’étais ministre, mes principaux opposants étaient au sein du RDR ces quelques parvenus se disant plus méritants parce que bardés de diplômes accompagnés de lettres de recommandation. De vrais amnésiques que la malhonnêteté intellectuelle ne changera jamais. C’est ceux-là qui travaillent à faire disparaître un parti qu’ils ont combattu aux heures chaudes.

J’ai eu la chance de croiser certains anciens pourfendeurs du parti à la Rue Lepic ou à certains postes de responsabilités dans l’administration. Aux heures de la répression, ces nouveaux hauts cadres du RDR s’étonnaient de nos choix risqués, alors que le miel coulait à côté. Ceux-là qui militaient à visage découvert au PDCI et au FPI sont aujourd’hui au RDR les oiseaux rares qui annoncent un possible un échec électoral dont les militants de la base ne veulent pas. Refuser d’entendre la masse et interpréter ses récriminations en entretenant un discours populiste est bien trop risqué.

Que les grands stratèges du RDR sortent de leurs bulles. Les prochaines échéances électorales le recommandent.

Alain Lobognon

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