Alassane Ouattara à propos du retrait du FPI de la CEI: «Le FPI pourrait être accusé de parjure» | eburnienews | Diaspora ivoirienne | Actualité Politique | Diaspora africaine en France Alassane Ouattara à propos du retrait du FPI de la CEI: «Le FPI pourrait être accusé de parjure»
Alassane Ouattara à propos du retrait du FPI de la CEI: «Le FPI pourrait être accusé de parjure»

Alassane Ouattara à propos du retrait du FPI de la CEI: «Le FPI pourrait être accusé de parjure»

Le Président de la République, S.E.M. Alassane Ouattara, a animé une conférence de presse, ce mercredi 17 septembre, au terme de la visite de quatre jours qu’il effectuait dansn la région de l’Iffou.

Au cours de cette séance d’échanges avec les journalistes, le Chef de l’Etat a fait le bilan de son séjour dans l’Iffou qui lui a permis d’aller à la rencontre des populations, d’écouter leurs préoccupations et d’y apporter des solutions.
Pour le Président Alassane Ouattara, qui s’est réjoui de l’appel de Daoukro en faveur de sa candidature unique qui permettra au Gouvernement de continuer son travail sans interruption et de donner encore des résultats palpables pour nos concitoyens au cours des prochains mois, le pays se trouve sur la bonne voie au vu de la moitié des investissements prévus déjà réalisés, à mi-mandat, dans la Région de l’Iffou comme l’indiquent les investissements de plus de 24 milliards de F CFA à Daoukro et ceux de 40 milliards de F CFA faits dans la Région de l’Iffou; soit un total de 64 milliards de F CFA. Ci-dessous l’intégralité de son échange avec la presse.

PROPOS LIMINAIRES

Messieurs les présidents de conseils d’administration, directeurs généraux, mesdames et messieurs, je pense qu’aujourd’hui je n’ai pas besoin de faire un discours liminaire. Vous voyez la luminosité sur mon visage, ça veut tout dire.

Mais ceci étant, je voudrais avant toute chose, saluer et remercier le Président Bédié pour son hospitalité et toues les bonnes attentions dont nous avons fait l’objet non seulement, Mme Ouattara et moi-même et toute la délégation. Saluer les responsables et cadres de la région de l’Iffou qui se sont fortement mobilisés pour que cette visite soit un grand succès.

J’étais sûr que cela devrait être un succès mais succès exceptionnel. Nous avons passé des moments formidables ici pendant quatre jours. Si nous n’avions pas les contraintes à Abidjan on serait resté encore quelques jours.

Et les populations nous ont accueilli dans la ferveur, la fraternité l’amitié et nous avons également pu dire ce que nous avons pu faire à mi-mandat. Nous avons déjà fait la moitié des investissements, c’est déjà pas mal.

La première année a été une année perdue, si je peux m’exprimer ainsi. Ça veut dire que nous avons la possibilité d’atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés. Je suis personnellement heureux de la position prise d’orientation par le président Bédié de notre action commune pour que le RHDP me présente comme seul candidat qui permettra donc au gouvernement de continuer son travail sans interruption et de donner encore des résultats plus palpables à nos concitoyens au cours des prochains mois. Ce sont ces mots que je voudrais vous dire en vous remerciant d’être venu aussi nombreux.

ECHANGES AVEC LA PRESSE

Loukimane Coulibaly (Reuters) : Nous sommes à environ trois mois et demi de la fin de l’année civile, comment va l’économie Ivoirienne ? Est ce que vous pensez que le taux de croissance de 9.1% projeté pour cette année est réalisable ? Quelles sont les secteurs de l’activité économique qui vous ont satisfait et quels sont les secteurs qui doivent redoubler d’effort pour booster l’économie en 2015 ?

La croissance de l’économie est toujours très bonne. Je pense que nous avons eu un taux de 10% en 2012, un taux d’environ de 9% en 2011 et un peu plus de 9 % en 2013. Je pense que nous serons dans les mêmes zones en 2014.

Bien évidement, nous sommes préoccupés par la question du virus de l’Ebola et des difficultés des pays voisins qui sont des partenaires commerciaux et économiques. Quel sera l’impact de la fièvre Ebola dans les pays voisins sur l’économie ivoirienne ? Je ne saurai vous le dire aujourd’hui, mais nous travaillons à revoir nos estimations et nous assurer que nous maintenons un fort taux de croissance au cours des prochaines années.

En réalité, cette croissance continuera d’être forte parce que les investissements sont à un niveau élevé par rapport au produit intérieur brut. Parce que ces investissements sont financés non seulement par l’extérieur mais l’épargne intérieure.

En deuxième lieu, la consommation est boostée par les politiques du gouvernement avec bien sûr le fait que nous avons débloqué les salaires en partie. Cela augmente le pouvoir d’achat des fonctionnaires.

Nous avons quasiment doublé le Smig, ce qui aide le secteur privé. Nous avons augmenté les prix aux producteurs en ce qui concerne les produits agricoles notamment le café-cacao. Quand vous êtes dans une telle situation où vous avez une augmentation des investissements et de la consommation, bien évidement ceci conduit à une augmentation des exportations.

Nous sommes confiants que le taux de croissance continuera en Cote d’Ivoire non seulement en 2014 mais aussi sur les années à venir. Nous serons conformes à nos prévisions. Dès maintenant nous allons commencer à travailler sur le programme 2016-2020 parce qu’il faut bien évidement assurer cette croissance pour aboutir à l’émergence.

Donc je peux résumer en disant que nous sommes confiants de l’aboutissement de nos efforts et surtout que tout cela profite aux ivoiriens, améliore le quotidien de nos concitoyens en matière de pouvoir d’achat des fonctionnaires, des paysans et du secteur privé.

Que nous puissions avant la fin de l’année affiner les mesures pour réduire le coût de la vie et faire en sorte que nous puissions nous attaquer de manière forte à la question du chômage des jeunes.

Loukimane Coulibaly (Reuters) : Dans le courant du mois de juillet, vous avez levé 750millions de dollars avec l’eurobond. Après ce succès, est ce que vous envisager à nouveaux de solliciter ce marché à quel moment et pour quel montant ?

Alassane Ouattara : Le taux est assez faible sur les 750 million qui ont été emprunté, 5,625%, c’est seulement un demi point au dessus du taux comme le Portugal ces dernier mois.

Il est évident que nous avons encore de la marge. Tout dépendra des propositions du Premier ministre, ministre de l’économie, des finances et du budget.

S’il estime que la trésorerie demande un nouvel appel au marché extérieur, nous le feront parce que nous avons encore la capacité de le faire. Les notations de Moodys et Fitch nous permettent encore d’aller sur les marchés internationaux avant la fin de l’année. Nous pouvons emprunter plus mais tous cela dépendra des nécessités d’emprunter ou pas.

Aussi, j’encourage les banques commerciales installées en Cote d’ivoire de faire un effort sur leur taux, pas seulement pour le gouvernement mais aussi pour les entreprises et les particuliers. Si nous pouvons emprunter à l’extérieur à 5,625% pourquoi pas ici.

J’aurais d’ailleurs l’occasion de m’adresser au patronat le 18 septembre. Je vais insister sur la nécessité de baisser les taux pour aider les petites et moyennes entreprises et accélérer les crédits pour les entreprises nationales. Nous avons donc la marge, le taux d’endettement est faible, moins de 40 %. Nous avons un taux de déficit qui est faible, à peu près 2%, le taux d’inflation qui est à 1,5%. La Cote d’Ivoire a donc la capacité d’emprunter plus.

Mais nous veillons aussi à maintenir un taux d’endettement modéré qui ne doit pas atteindre 50% sur les années à venir. La question de l’emprunt dépendra des circonstances, mais nous avons la possibilité d’emprunter à nouveaux sur les marchés internationaux ou sur les marchés intérieurs, si nous le souhaitons.

Félix Bony (L’Inter) : Le président Bédié vient d’emboucher la même trompette que le président Mabri par rapport à votre candidature unique au sein du RHDP, il y a que le MFA, ne se sentant pas concerné par la gestion du pouvoir d’Etat, est ce que des réglages se feront et comment compter vous ramenez le MFA à la candidature unique ?

Alassane Ouattara : Je fais remarquer que l’UDPCI a déjà pris position, je me réjouis de cette décision prise, il y a quelques mois. Le PDCI aujourd’hui par la voix du Président Henri Konan Bédié se propose de réunir d’ailleurs une convention. Et je n’ai aucun doute que le MFA et l’UPCI se joindront à cette décision pour que je sois effectivement le candidat du RHPD, aux élections présidentielles de 2015.

Dangui Dangui (Radio Côte d’Ivoire) : Le président Bédié a parlé d’alternance en 2020 quel commentaire vous en faites ?

Dans sa déclaration il parle de l’alternance. Il est clair qu’il faut l’alternance puisque moi je ne serai plus candidat en 2020. Donc ce sera un parti unifié.

L’alternance, il faut que ce soit une autre personne, je respecterai bien sûr la constitution. Par conséquent, il n’y aura pas de PDCI de RDR ou d’UDPCI à partir du moment où il y a un parti unifié, il y aura naturellement une alternance à cette occasion avec quelqu’un qui prendra notre place à cette période là et bien sûr nous serons là je souhaite, le Président Bédié et moi pour aider cette personne où cette équipe pour essayer de bien gouverner la Côte d’Ivoire.

Habiba Dembélé (RTI1) : M. le Président le PPU que vous avez mis en place au Golf avec un budget de 45 milliards est passé à 150 milliards. Quel est l’avenir du PPU ?

Alassane Ouattara : Nous continuerons avec le PPU. C’est un programme que nous avons mis en place quand nous étions à l’Hôtel du Golf avec le soutien de la communauté internationale puisque nous n’avions pas la capacité de faire actionner le Trésor. Mais depuis, nous avons augmenté, nous continuerons d’augmenter. Nous avons dit Programme présidentiel d’urgence pour régler les problèmes d’urgence.

Cette visite a été décidée il y a six à sept mois et voyez ce qui a été fait. Cela n’aurait pas été possible sans le PPU. C’est ce qui va se poursuivre et si nécessaire on augmentera au-delà des 150 milliards le Programme présidentiel d’urgence. Je pense que nous avons des urgences dans notre pays parce que ce pays a vécu une très grande pauvreté pendant plus de dix ans.

Alors, il faut réparer tout cela, notamment les problèmes d’eau, d’électricité, de santé, d’école. Mais les grands projets d’infrastructures se feront dans le cadre du programme d’investissement normal.

Il n’y a pas de contradiction. L’essentiel est d’augmenter la part de l’investissement dans le PIB. C’est ce qui est en train d’être fait. Je voudrais féliciter le Premier Ministre et le Secrétaire général de la Présidence pour le suivi très rigoureux qui est fait concernant le PPU.

Abdoul Razak (Onuci-fm) : Je voudrais revenir sur la question de la Cei en rapport avec le retrait des partis membres de l’alliance démocratique de Côte d’Ivoire (Afd-ci). Vous en avez parlé lors de la rencontre avec les cadres et chefs traditionnels de la région de l’Iffou le lundi dernier au domicile du président Henri Konan Bédié. Est-ce à dire que le débat est définitivement clos sur la participation de ces partis aux activités de la Cei ou qu’est ce qui sera fait dans le sens de la conciliation ?

Alassane Ouattara : Pour nous, il n’y a plus de débat au niveau la Cei. Certains disaient qu’ils voulaient un consensus. C’était très bien. Il n’y avait pas d’engagements. Mais, certains une bonne chose de souhaiter un consensus. Le Fpi, lui-même a voulu un consensus sur la Cei. Ils n’ont pas pu le faire. Ils ont voté.

Je pense que, c’est ce qui s’est passé à la Cei. Les 2/3 des membres ont élu le bureau. Il doit se mettre au travail. Ce bureau doit continuer à travailler, doit être ouvert, tendre la main à ceux qui estiment qui pour contribuer aux activités du bureau.

D’ailleurs, je note que tous les responsables ont prêté serment devant le Conseil constitutionnel, il faut donc qu’on voit au niveau du droit se qui est possible. On ne peut pas avoir prêté serment et ne pas l’exécuter. En droit, cela veut dire qu’il y a parjure. Donc, je souhaite que les responsables du Fpi, ce n’est pas eux tous. Il y a deux membres de l’opposition qui sont dans le bureau de la Cei. Il y a encore un ou deux autres qui hésitent encore. Je crois que ce sont des choses qui vont se normaliser.

Je crois que le vote au sein du Fpi a été très limite. Puisque 119 personnes ont voté pour l’entrée du Fpi à la CEI et 130 ont dit non. C’est pratiquement à 10% près. Je note que le Fpi a voté et la Cei en a fait de même.

Donc, nous sommes en démocratie, je respecte les décisions démocratiques. J’en appelle au Fpi de siéger à la Cei. C’est dans son intérêt et de celui de la Nation. Ma vision de la Côte d’Ivoire, c’est que tout le monde participe au processus.

Ce système des quatre quarts recommandés par le National démocratic institute(Ndi) qui dit que tous les acteurs soient présents pour se contrebalancer.

Leur absence voulait dire que leur point de vue ne sera pas malheureusement pris en compte en totalité. Quoique les autres partis de l’opposition y sont peuvent porter leur point de vue. Ce n’est pas un drame. J’aurais souhaité bien sûr que tout ça se normalise rapidement. Vous savez qu’on a perdu beaucoup de temps.

La Cei devait être en place fin juillet, nous avons tout fait pour que cela évolue dans un climat apaisé. Pour que les choses puissent se faire dans un moment où nous sommes sûrs de respecter la date des élections Présidentielles en octobre 2015.

Là, nous sommes pris par les délais, il n’y a plus question de retarder le processus. J’en appelle à ceux qui ne siègent pas encore à la Cei de le faire dans l’intérêt de tous.

Mass Domi (L’Arc-en-ciel) : Le gouvernement a demandé aux Ivoiriens de plus se serrer la main, virus Ebola oblige. Et, ils voient à la télé, leur Président serrer les mains. Est-ce que le président serait doté d’un anti Ebola ?

Alassane Ouattara : Il faut continuer de respecter ces mesures, se serrer les mains, le moins possible, éviter les accolades également. Mais avant d’aller au meeting, vous voyez qu’il y a des dispositifs pour que les gens se nettoient les mains, se lavent les mains. Et, moi je fais la même chose avant de quitter ma résidence. Quand j’arrive, je suis aseptisé. Ceux à qui je serre les mains sont également aseptisés.

Donc, il n’y a pas d’incompatibilité. Nous sommes totalement conformes aux directives de Mme la ministre de la santé. C’est pourquoi d’ailleurs, nous évitons de ne pas serrer la main dans la foule. Peut-être que toutes les personnes n’ont pas été soumises à ce traitement, mais il faut continuer, c’est important. Nous avons évité l’introduction de la fièvre Ebola en Côte d’Ivoire et nous devons tout faire pour nous protéger.

Emmanuel Kouassi (Frat-Mat) : Depuis le décès du président Félix Houphouët Boigny, la Côte d’Ivoire n’arrive plus à organiser des élections sans violence. Peut-on dire que le président Houphouët est parti avec la paix qu’il considérait comme sa seconde religion ?

Alassane Ouattara : Je signale qu’évidemment, la boîte de pandore a été ouverte avec le coup d’Etat qu’il faut condamner à nouveau. Il faut condamner la violence. Il faut rentrer de manière définitive dans un processus démocratique et qu’à présent, l’alternance se fasse (…). Il faut être positif et dire que la paix maintenant, est retrouvée. Elle ne doit plus jamais nous échapper parce que nous allons bannir la violence de la politique. Nous sommes en train de construire un Etat de droit et nous ferons en sorte que tous les citoyens aient les mêmes droits et les mêmes obligations.

Dessrait (Notre voie) : Vous avez toujours affirmé votre détermination à lutter contre l’impunité.

Alassane Ouattara : En matière d’impunité, tout le monde connaît mon point de vue. Il est clair que les enquêtes sont en cours, elles doivent se poursuivre et elles doivent aboutir. Mais je signale quelque chose. Vous-même qui êtes confrère de la Voie, savez que les procédures concernant l’ancien président ont commencé il ya 3 ans et ce n’est que la semaine dernière qu’il a été décidé que le procès allait commencer sans que la date ne soit fixée.

Vous voyez ? Ça veut dire qu’il faut au moins 3, 4 à 5 ans avant même d’arriver au procès. Donc il n’y a pas de raison pour qu’en Côte d’Ivoire qu’on aille plus vite que les autres.

Dessrait (Notre voie) : Nous sommes tentés de vous demander où en sommes nous avec les enquêtes sur le massacre du camp de Nahibly à Duékoué ?

Alassane Ouattara : Les enquêtes sont en cours et elles seront donc menées par une justice impartiale. Tous ceux qui ont commis des crimes devront répondre devant la justice. Et je n’aie aucun état d’âme sur cette question là. On peut continuer de me faire confiance. Donc on ne peut pas sanctionner des gens qui n’ont pas été jugé. C’est ça.

Destrait (Notre voie) : Lorsque vous avez fait l’enquête sur la crise poste électorale, il y a eu près de 750 personnes qui ont été tué dans votre camp et jusque-là, il n’y a pas de sanction. Concernant la réconciliation nationale, il y a des dignitaires de l’ancien régime qui sont au Ghana et qui ne peuvent pas rentrer. Qu’est-ce qui va se passer aujourd’hui pour que cette réconciliation se réalise effectivement ?

Alassane Ouattara : La question de la justice doit être également l’équité dans la justice. En dehors des cas de fragrants délits. Vous savez bien qu’il ya eu des cas de fragrants délits qui ont été jugé. Et par conséquent, nous devons continuer.

Mais ce que nous essayons de faire, c’est de dire que tout ce qui n’est pas crime de sang doit pouvoir faire l’objet de liberté provisoire. Et ce travail est en cours, le procureur et le ministre de justice travaillent. Et je pense que le nombre de personnes concernées par les détentions à fortement diminué.

Et ce sont les crimes de sang sur lesquels il faut mettre l’accent et faire en sorte que les libertés ne puissent pas être immédiatement provisoires. Pour la question des mandats d’arrêt, vous observerez que des personnes soupçonnées de crimes économiques, sont rentrées en Côte d’Ivoire, bien qu’il ait eu des mandats d’arrêts contre elles.

Nous ne sommes pas là pour mettre les gens en prisons. Je pense que les gens doivent avoir la liberté de rentrer ils sont les bienvenus. Donc pas d’impunité, équité dans la justice.

Concernant la réconciliation nous sommes très engagés. Mais la réconciliation ne veut pas dire qu’il faut laisser de côté la justice.

Koné Yassine (Vox Africa) : Concernant le virus Ebola est-ce que c’est le choix du gouvernement ivoirien de ne pas vouloir communiquer sur ce virus qui a attaqué les pays frontalières quant on sait la porosité de nos frontières avec la Guinée et les autres pays. Parce que selon certaines sources il y aurait eu des cas signalés à Port-Bouët ?

Alassane Ouattara : Ce n’est pas vrai. Nous sommes transparents. Ce serait même irresponsable de cacher un cas. Il n’en est pas question et nous devons vérifier tout et nous devons prendre toutes les précautions, ce que nous sommes en train de faire.

Je peux vous assurer qu’à l’heure où je vous parle il n’y a pas un seul cas d’Ebola en Côte d’Ivoire. Et notre objectif c’est que ça soit zéro cas jusqu’à ce que ça finisse également dans les pays voisins. Bien évidemment je suis d’accord qu’il y a la porosité de nos frontières.

C’est pour cela qu’au lieu de l’interdiction totale, nous avons créé des couloirs humanitaires pour que ceux qui passaient par les pistes viennent par les couloirs humanitaires et puissent être contrôlés avant d’entrer en Côte d’Ivoire.

Donc nous sommes soucieux de ne pas bloquer le déplacement des populations de manière totale. Mais nous voulons être sûrs que ceux qui viennent n’apportent pas de virus Ebola.

Fabrice Tété (Le Temps) : Est-ce vous ne pensez pas que la candidature unique est un recul de la démocratie ?

Je ne sais pas en quoi la candidature unique est un recul de la démocratie. Si le Pdci, le Rdr, l’Udpci et les autres partis du Rhdp estiment avoir la possibilité d’avoir un seul candidat parce que nous gouvernons ensemble, moi je pense que c’est une très bonne chose.

N’empêche qu’il y aura d’autres candidats j’imagine. D’ailleurs, j’ai lu dans la presse qu’il y a des candidatures déclarées. Je ne vais pas faire la publicité à mes concurrents. Mais il y a déjà des candidatures déclarées. Donc, il n’y a pas de recul. Bien évidemment, c’est une bonne chose qu’il y ait le maximum de candidatures possibles.

Fabrice Tété (Le temps) : Monsieur le Président de la République, la Cour pénale internationale met la pression pour le transfèrement de Simone Gbagbo à La Haye. Sera-t-elle transférée ou pas ?

Alassane Ouattara : Nous avons indiqué à la CPI que nous sommes en mesure de juger Simone Gbagbo. Les interrogatoires sont en cours et le processus se déroule normalement. Il n’y a pas de raison que nous ne puissions pas la juger en Côte d’Ivoire. Sur cette question je pense qu’au 10 octobre la CPI fera le constat que nous avons déroulé les procédures comme il se doit par rapport au jugement de madame Simone Gbagbo. Et par conséquent nous avons toutes les capacités de la retenir en Côte d’Ivoire pour la juger.

Traoré Mamadou (AIP) : M. Le Président, nous constatons depuis votre arrivée au pouvoir, de la nomination de cadres ivoiriens de la diaspora ayant servi dans des entreprises et institutions internationales, qui ont d’ailleurs fait leurs preuves à ce niveau. Nous assistons également à des cessions de recrutement dans l’enseignement supérieur de cadres ivoiriens de la diaspora. Je voudrais comprendre cette option de recourir à l’élite ivoirienne de la diaspora.

Alassane Ouattara : Les nominations au niveau de la diaspora, sur un certain nombre de postes, d’ailleurs que vous connaissez, c’est-à-dire à la RTI, je crois il y en a deux ou trois autres, aussi bien au CEPICI, ce sont des appels à candidatures, ce sont des nationaux qui réside aussi bien Côte d’Ivoire qu’à l’étranger. Nous prenons les meilleurs.

Dans certains cas c’étaient des frères et sœurs de la diaspora, dans d’autres, ce sont des frères et sœurs qui résident en Côte d’Ivoire. Il n’y a pas de discrimination particulière, nous voulons trouver les meilleurs quand il s’agit de recruter à ces différents postes.

Koné Yassine (Vox Africa) : Sur quoi doit reposer, selon vous, le nouveau pacte de confiance que vous demandez aux Ivoiriens ?

Alassane Ouattara : Vous savez pour qu’une nation avance rapidement il faut véritablement un pacte de confiance entre les citoyens. Et que l’on soit persuadé qu’on est dans un pays où il y a l’égalité des chances, l’état de droit, où en réalité dans la gestion de l’Etat il n’y a pas de passe trois.

Et que les citoyens sentent que les possibilités sont les mêmes pour tous quant à leur avenir.

Ce qui veut d’abord qu’il faut commencer par donner les infrastructures de base, que ce soit l’eau, l’électricité, les écoles, les centres de santé. C’est cela sans doute qui permet de rassembler et d’asseoir la confiance entre les concitoyens. Une fois que cela est fait en matière d’éducation supérieure et autres, maintenant la compétition ainsi dans que dans l’administration la concurrence permet aux uns et aux autres de monter et d’apporter une contribution à un autre niveau.

Donc moi j’en appelle à la confiance entre tous les concitoyens. Ce n’est pas une question de parti politique. Je trouve que cela est totalement immatériel. Le pacte de confiance ne concerne pas juste le Rhdp mais c’est tous nos concitoyens qui doivent se dire que s’ils ont la capacité, bien évidemment, qu’ils pourront exercer des fonctions dans l’administration et ils auront les mêmes chances que tout le monde.

Je pense que d’ailleurs après les élections de 2015 que nous devons trouver des voies et moyens pour toutes les personnes qui ont fait l’objet d’arrestation provisoire et autres et qui ont été remises dans l’administration que ces personnes voient le déroulement de leurs carrières de manière normale, sans aucune restriction.

Une fois que les jugements seront rendus et qu’ils ne sont pas coupables ils doivent pouvoir retrouver le travail qu’ils avaient avant. (…)

Donc il n’y aura pas de discrimination en ce qui concerne notre gestion. Nous considérons que c’est ça le pacte de confiance. Que tous les Ivoiriens se disent que nous devons être ensemble pour construire cette nouvelle Côte d’Ivoire. Et cette Côte d’Ivoire doit donner les mêmes chances à tous les citoyens.

Et que se faisant nous irons plus vite et nous pourrons obtenir les résultats que certains pays comme la Corée du Sud que je vais visiter la semaine prochaine, ont pu obtenir.

Parce qu’à un moment donné ils se sont dits qu’il y a une seule Corée, cette Corée du Sud parce que l’autre Corée ne faisait plus partie de leur territoire et de leur philosophie.

Nous avons une seule Côte d’Ivoire qui appartient à tous les Ivoiriens, nous devons nous mettre au travail, nous faire confiance. Nous devons voir qu’au fil des mois que la justice est équitable, l’état de droit est respecté et que les conditions de vie des citoyens sont améliorées partout sur le territoire national.

Et qu’en définitive cette volonté de vivre ensemble qui a caractérisé la Côte d’Ivoire pendant des décennies revienne, se renforce et se solidifie avec des années à venir. En tout cas moi, j’ai cette ambition de reconstruire la confiance entre nos concitoyens et j’en appelle à tous de m’aider dans ce travail.

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