« Alliance » en vue de Bédié avec Affi, mais que vaut son combat sans les « GOR » face à Ouattara ?

« Alliance » en vue de Bédié avec Affi, mais que vaut son combat sans les « GOR » face à Ouattara ?

Depuis son « divorce » avec son principal allié le Rassemblement Des Républicains (RDR), Henri Konan Bédié, caresse l’ambition de s’allier avec la tendance du Front Populaire Ivoirien (FPI) dirigée par Pascal Affi N’Guessan.

Il a invité le nouvel élu local dans le Moronou au congrès de son parti tenu lundi dernier dans sa ville natale de Daoukro.

Et pourtant l’ancien premier ministre de Laurent Gbagbo a montré toutes ses limites en politique. Impopulaire, seulement 9% récoltés à la présidentielle de 2015 , sa position paradoxale concernant la Commission Electorale Indépendante (CEI) qu’il qualifie d’illégale mais participe aux élections qu’elle organise, son échec à la marche de protestation contre le régime Ouattara en juin 2017, sont entre autres, des faits qui démontrent, que le député de Bongouanou sous-préfecture, est le mauvais pion à prendre comme allié, par l’ex chef d’Etat, dans sa volonté de faire revenir son parti au pouvoir en 2020.

Mais là où celui qu’on appelle affectueusement « N’zueba » pourrait se planter, c’est de vouloir ignorer l’existence des partisans restés fidèles à Laurent Gbagbo et vouloir faire marche avec l’homme qui n’a jamais rencontré son mentor depuis son arrestation en 2011.

De loin, les « Gbagbo ou Rien » (GOR) observent le jeu « trouble » de Bédié. Un cadre du FPI tendance Sangaré interrogé sous le sceau de l’anonymat, nous a fait savoir ceci : « Tant que le président du PDCI ne demande pas publiquement la libération de Laurent Gbagbo, il n’aura jamais notre soutien dans sa nouvelle bataille contre Ouattara après l’épisode de 1993 jusqu’au coup d’Etat de 1999 », a indiqué notre interlocuteur.

Aujourd’hui avec la sortie de prison de Madame Simone Gbagbo les cartes politiques sont désormais redistribuées.
Après 7 années passées en détention, l’epouse de Laurent Gbagbo demeure populaire. La preuve toutes ses personnalités et populations de tout bord qui prennent d’assaut sa résidence à Cocody-Riviera pour lui dire « Yako ».

Si Henri Konan Bédié veut vraiment mener un combat contre Alassane Ouattara et son clan, il sait avec qu’elle tendance du FPI il doit marcher.

Reste désormais à savoir, si l’ancien président ivoirien aura le courage d’approcher Sangaré.

Pour rappel, à l’ouverture du 12e congrès du PDCI en octobre 2013 au palais des sports de Treichville, Bédié taxait presque Gbagbo de dictateur, si on s’en remet à cette partie de sa déclaration

« Le FPI qui a toujours proclamé haut et fort qu’il soutenait la liberté d’expression et la liberté de la presse a menacé régulièrement d’emprisonner et au besoin d’éliminer tout journaliste qui oserait écrire contre le pouvoir, bâillonnant ainsi les journalistes qui devaient désormais se soumettre à la pensée unique, celle du chef Laurent Gbagbo. C’est que le chemin vers une pratique démocratique, sous le régime « frontiste » a été bien long. Sous l’apparence d’un Etat démocratique « agressé» où fonctionnaient de nombreux partis politiques et une société civile souvent aux bottes des partis, sévissait une dictature qui ne disait pas son nom. Ainsi, alors que l’égalité des citoyens constitue la base de la démocratie, de nombreux citoyens étaient empêchés de prendre part aux votes, tout simplement, parce que vivant dans des régions du pays dont ils n’étaient pas originaires », déclarait Bédié.

Donatien Kautcha

Source: Koaci.com

One comment

  1. Il n’y a rien de plus noble, de plus impératif et de plus évident que la supériorité de l’objectivité comme fin dans toute action journalistique, il est bon de le savoir. Cependant cher Donatien Kautcha, vos lignes par le biais du titre « l’Alliance » du 22 octobre 2018 dans Eburnienews , semblent chargées de pathologies , un danger que court Konan Bédié qui ne touche pas à l’essentiel en harmonisant sa vision politique à celle d’Affi N’guessan.

    Je puis vous signifier d’emblé que je ne suis qu’un ivoirien qui a conscience des valeurs positives de la politique et de son impact éminent sur la cité et le citoyen lorsque celle-ci est conduite par des intelligences. Or les signes de ce que je peux considérer comme pièce qui se joue au Fpi de puis une demie douzaine d’années semblent chargés d’intrigues dans un décor d’acteurs dont les discours sont moins dynamiques et plus que contestables.

    A l’analyse de votre contenu bien partial qui exprime une alliance sans espoir entre les deux hommes sus-cités, l’on comprend aisément que rien d’important ne peut se jouer sans le Fpi tendance Sangaré Aboudramane. Certes 9% de suffrage en faveur de Affi peut vous conduire à vous convaincre des limites de sa popularité, mais cela reste toute fois discutable et prête à vos conclusions de paraître fourbes , ce qui rend d’avantage acerbe la pièce inconnue qui fait de ses acteurs des objets de dérision.

    L’Etat de Côte d’ivoire se débat dans une crise démocratique sans précédent et les hommes politiques de surcroît, des opposants qui ont pour vocation de mettre en lumière le triomphe de leurs idées par des actions judicieuses qui inspirent la crédibilité, se trouvent fort démunis parce que ancrés dans des convictions moins conciliatrices qui canalisent des formes explosives d’erreurs qui les placent au premier rang de la déraison.

    Cher Donatien Kautcha, les nuages s’accumulent, les héros d’hier ne sont pas ceux d’aujourd’hui et demain servira certainement d’autres formes d’intelligences, celles qui seront loin de l’ère de l’imprévoyance pour consacrer la sagesse au détriment de modes d’expression belliqueux porteurs d’idéologies qui contrastent avec l’ordre des valeurs dynamiques.

    Les indices qui relèvent des signes de déclin sont visibles dans le champ politique qu’il nous est donné d’observer dans ce pays où l’intérêt primordial des ivoiriens est plutôt à rechercher. Votre objectivité cher Donatien Kautcha , s’attacherait à contribuer à la reconstruction d’une opposition dont l’ombre des réalités gênerait moins car les formes de conflits interne au Fpi centrés sur des causes de déchirure qui porte à questionnements, minent sa crédibilité et ouvrent à une pathologie manifeste.

    La proximité de Affi N’guessan à la vision de Henri Konan Bédié reste donc loin d’être un complexe. C’est pourquoi, au-delà du mal constamment souhaité à cette volonté d’Affi à affirmer la transcendance, l’ambition collective d’une réappropriation du Fpi par des militants qui souhaitent un lendemain harmonieux pour ce parti, devrait prévaloir.

    Il y a lieu plus que jamais de se départir de l’émiettement et rassembler les conditions d’un sursaut politique au Fpi, ne pas jouer ce grand rôle et s’engluer dans des vagues d’humeurs qui confondent et affaiblissent, c’est servir à sa disparition. Les mutations sont à présent opérantes, il y a lieu d’en tenir compte.

    Emmanuel Brogbé
    Juriste Ecrivain Communiquant politique
    France

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