Ambroise Gnahoua, Représentant du FPI au Sénégal: «L’appel unilatéral au cessez-le-feu de Affi N’guessan frappé de suspicion légitime»

Ambroise Gnahoua, Représentant du FPI au Sénégal: «L’appel unilatéral au cessez-le-feu de Affi N’guessan frappé de suspicion légitime»

Selon la presse nationale, en particulier le quotidien Notre Voie du 13 septembre 2016, Pascal Affi N’guessan a lancé, le samedi 10 septembre dernier, un “appel unilatéral au cessez-le-feu” dans le cadre “de la situation de crise que traverse le Front Populaire Ivoirien…”.

Dans sa déclaration, il appelle notamment, d’une part, le président Laurent Gbagbo “à contribuer par un appel solennel au retour de la paix au sein du parti” et, d’autre part, le “vice-président SangaréE Abou Drahamane, à donner un contenu à ce slogan…asseyons nous et discutons….”

Par ailleurs, au sujet de la pétition initiée par Bernard Dadié et Joseph Kokou Koffigoh et dont le coordonnateur est Alphonse DOUATI, il dit: “par cette pétition, nous voulons rappeler à la communauté internationale et à la justice en particulier, que la détention prolongée du président Gbagbo est un problème….”.

Cette déclaration, qui a déjà fait l’objet de nombreuses réactions, demeure, de mon point de vue, foncièrement marquée par la poursuite de l’imposture de son auteur déclinée ici en termes d’amnésie volontaire et d’usurpation d’action politique initiée par des tiers, donc de tromperie (I). En réalité, l’attitude de Pascal Affi N’guessan depuis sa sortie de prison peut être lue en lien avec l’évolution le procès contre Laurent Gbagbo (II).

I – la poursuite de l’imposture de l’Affidie

Au début de cette crise, j’ai été de ceux qui, à partir d’août 2014, ont demandé à Pascal AFFI NGUESSAN d’oeuvrer, en sa qualité de l’époque, à l’unité du parti, notamment en recherchant ardemment une synthèse des différentes positions qui s’exprimaient à l’époque. Que Pascal Affi N’guessan ait mis 2 ans pour comprendre que l’unité du parti est indispensable à la réussite de notre combat est pour moi l’expression de sa défaite et de l’échec de sa fameuse “expertise stratégque” dont il se targuait pour défier les militants et les structures du parti. De ce point de vue, je marque une certaine satisfaction.

J’ai également été de ceux qui lui ont conseillé, maintenant que le congrès de Mama s’est tenu, d’adopter la seule voie disponible pour espérer réintégrer le parti: la repentance sincère . A ce niveau, sa déclaration est largement loin du compte. Elle révèle au contraire qu’il n’a rien compris et qu’il demeure dans sa logique d’imposture adoptée depuis sa sortie de prison en août 2013.

En effet, cette déclaration est marquée par l’amnésie volontaire:

# Affi N’guessan parle comme s’il n’avait pas déclenché la crise en juillet 2014 en prenant unilatéralement “une décision en tous points non conforme aux textes et aux pratiques en vigueur au sein du parti” (décision du Comité de contrôle du 9 août 2014);

# il parle comme si le comité de médiation présidé par le Gouverneur Henri-Philippe Dacoury-Tabley n’avait pas existé et que lui, Affi, n’avait pas accepté ses recommandations, lesquelles ont été régulièrement endossées par le Comité Central en août 2014;

# il oublie volontairement que ce Comité de médiation avait surtout recommandé que les contradictions internes au sein du parti soient tranchées par un congrès;

# Pascal Affi N’guessan parle comme s’il n’avait pas demandé et obtenu de la justice ivoirienne l’annulation de ce congrès, (à la veille de son ouverture) et de la canditature du président Gbagbo, ainsi que la poursuite contre les soutiens à cette candidature, conduisant à l’arrestation illégale ou le maintien en détention de plusieurs de nos camarades (Lida, Assoa, Oulaye, Dano, Koua, Dahi, Simone, etc. Dois-je lui rappeler sa déclaration liminaire à la conférence de presse qu’il a donnée le 9 décembre 2014 au QG d’Attoban (Notre Voie n° 4886 du jeudi 11 décembre 2014);

# Il parle comme s’il n’avait pas fait preuve d’une morgue incroyable au cours de cette déclaration liminaire et de cette conférence de presse en traitant les soutiens du président Gbagbo que nous sommes de “camp des rancoeurs et de la récrimination, ….camp des Gbagbo ou rien qui est aussi le camp de la confrontation, de la systématisation des positions voire de la stigmatisation. Dans ce camp, 3 courants sont à l’oeuvre: ..patrimonialiste, ..messiainique., …opportuniste.”

# mais surtout, il fait comme si le comité central du 5 mars 2015 et le Congrès de Mama du 30 avril 2015 n’avaient pas eu lieu et qu’il demeurait membre et président de notre parti.

Cette amnésie volontaire vise à créer la confusion pour permettre la continuation de l’imposture affidéenne.

Cette imposture s’étend à la pétition internationale pour la libération du président Gbagbo dont tout le monde connait l’histoire si récente et si actuelle. Il essaie pourtant de la détourner à son profit et à celui de ses maîtres. En effet, à lire Pascal Affi N’guessan, on pourrait croire qu’il est le véritable initiateur et père de cette pétition. Il tente de la détourner à son profit. “par cette pétition, nous voulons rappeler…” Et pourtant, chacun se souvient combien lui et ses cyberactivistes ont moqué cette initiative de notre camp, jurant de son échec inéluctable.

II – Affi N’guessan et l’évolution du sort du Président Laurent Gbagbo

Pour comprendre l’évolution des positions de Pascal Affi N’guessan depuis sa sortie de prison, j’observe qu’elle n’est pas sans lien avec l’évolution du sort du président.

Rappelons nous que lorsqu’Affi sort de prison en août 2013, la procédure de confirmation des charges contre le président Gbagbo a échoué et a été ajournée pour insuffisances de preuves. Son discours pendant les premiers mois de sa reprise de service en tant que Président du FPI, fidèle aux idéaux et au combat du parti, tenait en réalité compte de la forte possibilité de la libération imminente du Chef, le président Gbagbo.

Or, dans la première quinzaine du mois de juin 2014, ces charges ont été finalement confirmées (même dans des conditions contestables), induisant la tenue d’un long procès. La chanson de certains à l’époque était: “c’est fini pour Gbagbo, il sera condamné à 50 ans”. Dès lors, Pascal Affi N’guessan a rompu les amarres en proclamant son heure venue. C’est ainsi que dès le 4 juillet 2014, il s’est cru assez fort pour pour réaménager à sa convenance le secrétariat général et fare une OPA sur le FPI. Dans la foulée, il était reçu par Hollande…. Manifestement, il n’avait pas prévu notre niveau de résistance, démontrant ainsi sa méconnaissance ou son mépris pour ce parti qu’il a pourtant dirigé pendant plus de 13 ans.

Aujourd’hui, deux ans après, il n’est plus illusoire, malgré lui et grâce au combat de tous ceux qui sont restés fidèles au président Gbagbo et au FPI, de penser que le président va recouvrer la liberté et revenir au pays. Pour moi, cette déclaration obéit à cette évolution, pour tromper les esprits faibles et, sans doute, aménager pour le pouvoir Ouattara, une voie de sortie, voire une récupération de ce mouvement dont l’issue victorieuse est inéluctable, surtout au vu du dérourelement des audiences et de l’audition des témoins à charge.

En conclusion, cette déclaration de Pascal Affi N’guessan est donc inacceptable pour les raisons ci-dessus. Elle est par ailleurs frappée de suspicion légitime parce qu’elle survient après une soi-disante “reprise du dialogue politique”. Or, il est clair que si dialogue politique il doit y avoir, Pascal Affi N’guessan, qui a depuis longtemps mis sa conviction et notre idéologie politiques à l’encan ne saurait parler en notre nom et nous engager. Notre Chef est et demeure Laurent Gbagbo.

Ambroise Gnahoua

Représentant du FPI au Sénégal, en Mauritanie, en Gambie et au Cap-Vert

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