ANDRE WILLIAM SOSTHENE LAGO ET SA COPINE BLANCHE DAVIS YOHOU ZEKE

ANDRE WILLIAM SOSTHENE LAGO ET SA COPINE BLANCHE DAVIS YOHOU ZEKE

Salut à nous tous. Aujourd’hui, j’ai décidé de nous inviter à être témoins de la discussion sérieuse entre mes amis blancs et moi. Suivons-les commencer sans détour.

« Guikou, nous n’avons pas le temps de te saluer…Vous, les noirs, quel genre de cerveau avez-vous dans la tête ? Vous voyez très bien nos intentions et nos actes, mais vous continuez de ne pas comprendre. Nous nous acharnons sur vos richesses pour nous enrichir plus, avancer notre développement, améliorer l’existence de nos populations. Notre intention est de simplement vous détruire ainsi que vos cultures, d’effacer vos traces sur cette terre. Nous ne voulons pas que vos noms soient mélangés aux nôtres. Tout cela, nous le faisons par pur égoïsme et par un excès d’esprit de supériorité par rapport à vous. Vous ne comprenez même pas que l’imposition des noms aux papes, la difficulté, voire l’impossibilité de nommer un pape noir, un chef suprême islamique, sont des faits bien préparés, afin que se réalise la pérennité des noms arabes, juifs, européens, etc.

Mais vous, que faites-vous pour rééquilibrer cette barre ? Rien, dirions-nous. Oui, vous ne faites rien qui puisse aller dans votre sens, vous consoler. Ha ! Ha ! Ha ! Vous êtes juste des crétins. Votre idiotie n’a de pareille. Pardonne-nous, mais nous devons te dire la vérité. Toutes vos actions consistent à voler nos noms, vous acharner dessus comme vos chauves-souris s’agrippent à vos arbres que nous vous laissons par pitié après avoir pris les meilleurs. Comme pour les autres richesses, vous nous aidez ainsi à faire disparaître vos propres noms. Vas-tu sur Facebook ?… »

« Eh, Guikou ! Réveille-toi et cesse de cligner des yeux comme un Salam Ouédraogo qui sort de son K.O. technique ».

Ils n’ont pas tort. Leur discours m’avait mis K.O. Mon esprit s’est tellement ouvert sur nos erreurs monumentales que mes yeux, eux, se sont fermés. De honte ? Je ne le sais pas. Mais attention, je dois répondre à leur question. D’ailleurs, ils la relancent.

_ Nous t’avons demandé si tu passes aussi ta vie sur Facebook.

_ Y passer ma vie ? Non, j’y vais quelquefois.

_ Tu veux dire que contrairement à tes frères et sœurs noirs, tu n’y plastronnes pas ?

_ Je dis non, car je n’en ai pas le temps. Et puis, continuez votre discours, il m’intéresse.

_ Nous voulions attirer ton attention sur ces noirs de Facebook. Avant d’y découvrir un homme ou une femme dont le nom est à 100% africain, il te faut d’abord compter cent à deux cent qui ont un deux trois ou quatre prénoms de blancs. Ha ! Ha ! Ha ! Alors que nous-mêmes, les vrais propriétaires de nos noms, n’en portons qu’un seul ! Pourquoi êtes-vous si ridicules ? Pourquoi êtes-vous si mesquins ? Pourquoi êtes-vous si gourmands ? Ou bien, pourquoi cherchez-vous toujours votre grandeur à travers les prénoms des blancs ? N’avez-vous pas honte d’avoir honte de vos propres prénoms de noirs ?

_ Ecoutez les amis, vous n’allez pas continuer de m’insulter et d’insulter ma race. Donc arrêtez, sinon je vous brandis mon prénom de blanc tout de suite. Ca fait quoi si nous on prend vos noms ? Ne m’obligez pas à parler tout mon français ivoirien ici.

_ Attends, Guikou. Donc tout ce que tu viens de dire était en français ? Pardon, répète-nous le tout.

_ Vous ne voulez plus vous moquer de moi à travers les bêtises de ma race, mais aussi de notre manière de parler vos langues ? Dans ce cas, vous allez rire à vous éclater. Moi-même qui vous parle, mon anglais ressemble à du Bété. Et quand vous arriverez chez les libériens, ce sont vos cadavres que l’on ramassera avant que ne vous tue cette maladie que vous nous avez apportée à travers la fabrication intentionnelle de vos virus.

_ Hé Guikou, ne nous accuse pas sans preuve. Cette maladie est bien de chez vous.

_ Continuons de parler du problème des prénoms africains, la vérité vous rattrapera un jour…

_ Bon, nous voulions te demander d’informer tes frères et sœurs noirs, que nous devançons les prochaines décisions de l’ONU et de l’UNESCO, destinées à réhabiliter vos beaux prénoms de noirs que vous sous-estimez à mort. Au lieu de les faire disparaître de la terre, nous les prendrons et les rendrons célèbres à travers les médias. Pendant que vous croyez que ce sont nos noms qui vous vont pour votre célébrité, nous utiliserons les vôtres pour démentir votre croyance naïve, vous ridiculiser et vous faire regretter vos bêtises de noirs… Avez-vous jamais eu le temps de vous asseoir, afin de réfléchir sur vos problèmes réels ? Quel Dieu vous a dit que vos noms et prénoms qu’il vous a lui-même donnés, ne sont pas bons ? Est-ce parce que vous vous appelez David, Marie, Joseph, Ibrahim, Chérif, Aminata, que votre destin sera le meilleur sur terre ? Et les chinois, japonais, hindous, etc. qui gardent fièrement les noms de leurs traditions, que leur dit ce Dieu qui ne parle qu’à vous les noirs ? Et puis, entre nous, rien ne change en vous depuis que vous portez ces noms-là. Ah non ! Vous les portez pour souffrir sur la terre et entrer au paradis après votre mort, n’est-ce pas ? Bande de crétins ! Attendez que le paradis vous trouve ici. N’est-ce pas ainsi que vous parlez en Côte d’Ivoire, un pays plein de noirs qui rejettent aussi leurs noms de noirs ?…

Frères et sœurs africains noirs, imaginez-moi, devenu tout petit devant mes amis blancs. D’abord, me fait rire ma menace de leur brandir mon prénom de blanc. Je l’ai pourtant banni de ma tête depuis des années, même s’il trône encore sur le papier d’identité que les blancs eux-mêmes ont fabriqué afin de me repérer comme leur esclave. Ensuite, je suis incapable d’avouer que mes amis ont raison, de condamner devant eux notre attitude de bassesse vis-à-vis de nos propres noms, de  notre idée qu’ils sont inférieurs aux noms des autres races, de ma tentative de nous faire découvrir et corriger nos erreurs, etc.

Je réfléchis encore à la réponse à leur donner, quand mon téléphone sonne.

« Tu peux répondre », me dit un ami blanc. Alors, je prends mollement mon appareil.

_ Allo !… Quoi ? Tu dis que c’est qui ? Edouard ? Ho ! Toi aussi…

Plouh ! Je raccroche. Celui-là, je l’attendais au tournant. Je lui ferai avaler un os pour lui apprendre mieux comment on s’entête à valoriser le nom des autres à la place de son propre joli nom Yro. Mais mon téléphone sonne encore.

_ C’est qui ? Laurent ? Tu m’emmerdes, rappelle-moi quand tu t’appelleras Daman.

Encore un coup de fil. On dirait qu’ils se sont entendus.

_ Oui ? Jacques Roger ? Rappelle-moi plus tard et avec tes nom et prénom de noir. J’aurai alors à t’informer du calvaire que je vis actuellement. Au revoir, j’ai un autre appel… Allo ? Tina ? Attends, c’est quelle Tina ? Le prénom des blancs ou celui des noirs ? Ah bon ? Tu ne veux pas qu’on sache que c’est ton nom Bété ? Bon, au revoir, sœur opprobre de ton identité.

Je jette un coup d’œil timide à mes amis blancs. Ils comprennent mon excuse mais surtout ma gêne devant tous ces noms de blancs portés par mes chers frères et sœurs noirs. En plus, je ne leur ai pas encore donné une réponse adéquate à leurs remarques et aussi à leur décision de prendre les noms que nous rejetons. Voilà encore mon téléphone qui sonne. Cet appel, je dois le prendre. Je suis convaincu qu’il effacera ma honte à moitié.

_ Allo, Zoléba ? Tu es maintenant prête à partir ? D’accord, prends soin de toi. Bisou.

« Tu dis prête, donc c’est une femme ? » me demande vite un ami blanc.

_ Oui, j’ai dit prête parce que c’est une femme.

_ Et comment s’appelle-t-elle ? Zo quoi ?

_ Non, attention, tu risques de mélanger les choses ici, car ton « Zo quoi » est proche du nom Zakoua, son village. Elle, c’est Zoléba. Je dis bien Zo-lé-ba.

_ Dis donc, c’est un joli nom ça, Zoléba. Nous pouvons déjà le retenir pour une de nos célébrités féminines. Comment a-t-elle pu accepter son nom de noir ? Pardon, dis-nous.

_ Pas maintenant, les amis, mais ça viendra sûrement. Nous avons trop parlé aujourd’hui, et j’ai surtout encaissé assez de vos uppercuts. Je vais souhaiter bon weekend à nous tous et nous donner rendez-vous au prochain. Déjà, mon frère noir Yoro Digblo marche vers moi, la tête baissée, comme un taureau prêt à cogner sa cible. Nous nous rappelons tous, je lui dois une réponse à sa question. Mais en réalité, je dois à nous tous une explication à mon silence de plusieurs mois. Bon, on fait comme ça. Je pars avant qu’il ne me trouve ici.

Guikou Bilet Zafla

Le Fils d’Afrique

likaneyb2@hotmail.com

N’ayez pas honte, ne soyez pas gênés, ne vous fâchez pas, mais riez seulement. Mais, si malgré le rire, un de ces sentiments s’élève en vous, alors prenez votre sang-froid et répondez-moi. Le problème de nos beaux noms et prénoms est sérieux et mérite d’être discuté de façon toute intellectuelle et culturelle. Courage, nous y parviendrons. Je veux parler de la récupération de nos prénoms que nous rejetons sans raison.

 

 

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