Ange Kessi Kouamé, un procureur à double facette

Ange Kessi Kouamé, un procureur à double facette

Et revoilà Ange Kessy Kouamé, le procureur militaire. Après le proces de la honte qui a condamné à de lourdes peines d’emprisonnement l’ex-Première dame, Simone Gbagbo et ses co-accusés, le procureur militaire, Ange Kessy veut faire parler de lui en ressuscitant le dossier sur l’assissant du général Robert Guéi, mort aux premières heures de l’éclatement de la rébellion armée le 19 septembre 2002. Mais cette fois-ci avec des déclarations fracassantes à couper le souffle. Le 11 mars dernier, rendant les conclusions de son enquête, Ange Kessy a déclaré connaître les assassins du chef de l’ex-junte militaire. Il cite nommément l’ancien patron de la garde républicaine, le général Dogbo Blé et le capitaine Séka Séka, l’ex-aide de camp de l’ex Première dame Simone Ehivet Gbagbo. Il est même parvenu à la conclusion que le général a été tué de deux balles dans la tête par le capitaine Séka Séka.

Restituant les faits, Ange Kessy a fait savoir que « dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, le général Guéi a été informé par sa garde de l’attaque de la ville d’Abidjan par des individus armés. Il se réfugie à la Cathédrale St-Paul du Plateau. Peu de temps après son arrivée dans ce lieu de culte, une patrouille commandée par le général Dogbo Blé viendra l’en extraire et ce « malgré l’opposition d’un prêtre ».

Ange Kessy ajoute que le général Guéi sera remis immédiatement à une autre patrouille dirigée par le capitaine Séka Séka, alors aide de camp de la Première dame Simone Gbagbo. « Ils se saisissent du général et prennent la direction de la Corniche », révèle le procureur militaire. Citant les enquêteurs, Ange Kessy poursuit : « Arrivé dans les environs de la Corniche, le capitaine Séka Séka fait descendre le général Guéi et malgré ses supplications, tire à bout portant, au moins deux balles dans la tête qui l’atteignent mortellement ». Il y a plusieurs zones d’ombre dans ces nouveaux développements du dossier de l’assassinat de Robert Guéi servis par Ange Kessy. Il ne souffle aucun mot sur le déroulement de l’enquête et ne précise pas non plus si oui ou non, il a fait l’autopsie des corps du général et de son épouse avant d’affirmer que Robert Guéi a été tué de deux balles dans la tête. Mais ce qui est surprenant c’est la nouvelle posture du procureur militaire et ses déclarations à l’emporte-pièce sur ces dossiers épineux de la crise qui ont varié et pris une autre tournure.

C’est comme si Ange Kessy dont on se souvient des déclarations violentes sur les ex-rebelles aujourd’hui dans le pouvoir, cherche à plaire. Et pourtant sous Laurent Gbagbo, il était en première ligne dans la bataille contre la déstabilisation de la Côte d’Ivoire. Ses déclarations contre Guillaume Soro, le chef de l’ex-rébellion et ses hommes restent encore bien vivaces dans les esprits.

L’une de ses sorties musclées contre les ex-rebelles a été rapportée par le défunt confrère Le Front du 7 janvier 2005. « Excusez-moi, monsieur le président du tribunal, j’en ai gros sur le coeur contre le MPCI. Voici des gens qui détiennent des armes de façon illégale en Côte d’Ivoire. Ils arrivent dans une ville, et s’attaquent aux gendarmes. En outre, ils libèrent les prisonniers pour les enrôler après. Le MPCI a eu plusieurs démembrements. Il a créé le MJP à Man et le MPIGO à Danané, à l’ouest du pays. La méthode des combattants c’est d’attaquer les poudrières quand ils veulent prendre une ville. Ils parlent de démocratie. Est-ce que pour devenir président, on a besoin de prendre les armes ? », s’était révolté le commissaire du gouvernement, à l’occasion d’un procès organisé devant le tribunal militaire contre des éléments du MPCI, dont Koné Pinon aujourd’huibombardé lieutenant de la gendarmerie alors que le même Ange Kessy avait requis contre lui la prison à vie. Il ne sera pas surprenant que ce procès sur l’assassinat du général Guéi qui s’annonce, soit la pâle copie conforme du procès en Assises des pro-Gbagbo. Parce que le procureur militaire qui fait désormais valoir sa seconde facette après avoir vomi sur la première qu’il arborait fièrement, a déjà donné le verdict avant même le début du procès en identifiant clairement ses présumés coupables.

Source: Le Quotidien

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