Après l’attaque du Qg de Laurent Gbagbo, voici le plan B du régime pour décapiter le FPI

Après l’attaque du Qg de Laurent Gbagbo, voici le plan B du régime pour décapiter le FPI

Ce lundi 1er septembre 2014, le siège du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo, a été attaqué pour une énième fois. Dans cette autre attaque, le mode d’opération, les dégâts, les victimes, de même que le scenario, tout est quasiment identique à ce qui s’est passé les fois précédentes.

Evidemment, toutes les attaques précédentes du FPI étant restées sans suite, dans ce pays de l’insécurité et de la justice à sens unique, les auteurs de l’agression n’ont pas de souci à se faire et, à quoi bon changeraientils de méthodes ? De là à présumer que l’objectif est le même, la marge est presqu’inexistante : en effet, depuis le dénouement tragique du coup d’Etat de la France qui a conduit le Président Laurent Gbagbo à la CPI, les ennemis de Laurent Gbagbo s’échinent à effacer toutes les traces de ce socialiste, père de la Refondation ; et comme le FPI fait partie de ces traces, quoi de plus naturel qu’on veuille la mort de ce parti !

Or, il n’existe pas de moyens légaux pour mettre sous l’éteignoir, ce parti politique légaliste et respectueux de la règle ! Alors, on choisit, lâchement, d’user de la barbarie, du vandalisme, du banditisme! Comme quoi, « la démocratie par les bombes » des occidentaux ne contient pas que les germes de la destruction des Etats, à l’image du Soudan, de l’Irak, de la Lybie, de la Côte d’Ivoire, pour ne citer que ceuxlà… Les prétentions de ceux qui croient que le monde doit marcher selon leurs caprices conduisent surtout à donner toutes les libertés à tous les malfaiteurs, avec pour conséquence première, la fin des libertés. Les attaques récurrentes du siège du FPI ont pour objectif principal de faire disparaître le parti de Laurent Gbagbo, dans le plan global mis en oeuvre pour couper toute base à l’homme qu’on veut, par tous les moyens, condamner pour des crimes qu’il n’a pas commis !

Le cercle vicieux de la violence ou des agressions :

Le régime en place en Côte d’Ivoire est une dictature ! Personne n’ignore cette réalité. Les parrains, eux-mêmes, du dictateur du bord de la Lagune Ebrié sont parfaitement au courant de ce qui se passe dans ce pays. Et il n’est pas impossible qu’ils organisent les actes de déni de liberté et de démocratie dans notre pays ! Il n’y a qu’à considérer que tout est parti de l’agression armée du pays, pour se terminer par le coup d’Etat électoral. En fait, la Côte d’Ivoire, occupée ou assiégée par les forces étrangères, demeure sous le coup des agressions : tout le pays est enchaîné et la vie est au ralenti. Il s’agit d’amener toute la population à accompagner la dictature, en s’inscrivant dans la mouvance du suivisme obligé, subissant tout, sans parler ou alors parler pour approuver le faux et l’injuste. Ceux qui s’inscrivent dans cette mouvance sont nombreux, des individus aux communautés et associations dont les partis politiques, y compris les plus anciens.

Pourtant, il y a que des poches de résistance. Une résistance qui se nourrit du choix de la dignité, quoi qu’il arrive ! Et le FPI fait partie de ces réalités qui restent dans la dignité, malgré tout. Le parti de Laurent Gbagbo, bien qu’étant en première ligne des victimes du coup de la France, continue de s’inscrire dans la voie de la libération des consciences pour la libération du pays. On lui fait alors subir les agressions des plus meurtrières, comme à tout le pays. Après les emprisonnements politico-ethniques et l’exil de ses membres et dirigeants, des villages sont assiégés par le Dozo et FRCI, avec encore des agressions et l’épée de l’emprisonnement sur la tête de ses dirigeants. L’objectif est de mettre fin à la résistance du parti de Laurent Gbagbo, pour la condamnation définitive de ce leader au charisme avéré.

On recrute même des gens au sein de ce parti, toujours dans l’objectif de l’affaiblir. Puis, on crée le séisme au sein de la direction : personne n’est dupe, pas même parmi les Ivoiriens les moins enclin aux réflexions sur la vie politique, quant au fait que la crise artificielle créée au FPI, pour immobiliser ce parti pendant des mois, soit un coup du régime avec le soutien de la France ! Les maîtres d’oeuvres du coup ont certes pu immobiliser, et on ne sait pas pour combien de temps encore, ce parti, mais l’objectif principal demeure le même : mettre le FPI sous l’éteignoir, ou tout au moins dans la mouvance du suivisme obligé, aux fins de faciliter la condamnation définitive de Laurent Gbagbo. La vérité, c’est que dans le parti du fondateur du FPI, tout le monde n’attend pas avec le même enthousiasme, la libération du leader charismatique. C’est humain, et de nombreuses raisons qui finiront par se découvrir, expliquent cette réalité.

La crise qu’on a installée, et qui n’est pas encore terminée, semble hors de contrôle de ceux qui avaient compté là-dessus pour en finir rapidement avec Laurent Gbagbo : alors, on revient à l’attaque du siège, l’agression comme moyen d’intimidation. Et on compte cette fois-ci se servir des divergences issues de la crise artificielle au sein du parti, pour utiliser cette attaque contre la victime qu’est la FPI. Il n’y a qu’à suivre la communication autour de cette agression et on comprendra. Mais la violence est un cercle vicieux, elle est comme le feu : elle n’épargne pas forcément celui qui en use ! C’est pourquoi le sage dit que «le pyromane peut parfois se brûler bien plus que sa cible».

Le FPI survivra à toutes les manoeuvres :

Le Front populaire ivoirien (FPI), parce qu’un front, c’est-à-dire un point de ralliement, un rassemblement de personnes adhérant à un objectif dans l’optique de mener des actions pouvant faire aboutir cet objectif est, par principe et par nature, ouvert à tout le monde. C’est pourquoi il ne faut pas s’étonner de trouver dans ce parti, des personnes d’obédiences idéologiques, ou même comportementales, très différentes, divergentes, voire opposées à des égards. C’est donc, par excellence, un parti où la contradiction (secondaire) est permanente. Alors les adversaires de ce parti ont parfois cru pouvoir se servir d’une divergence de vue, à un moment donné, pour avoir raison du parti.

Des manoeuvres multiples ont été engagées contre ce parti depuis son existence officielle, en 1990. Mais le FPI s’en est toujours sorti, en retombant sur ses pieds, en se retrouvant grandi ! Cette fois encore, le parti de Laurent Gbagbo ne mourra pas de cette crise artificiellement installée. Certes, conscients des expériences passées, les auteurs, coauteurs et exécutants de ce coup contre le FPI, ont cherché, surtout au départ, à ajouter des méthodes nouvelles à leur stratégie : ainsi, ils ont commencé par posséder la tête du parti, sur la base de l’adage selon lequel «le poisson commence à pourrir par la tête». Le hic de leur jeu actuel, c’est que la tête du FPI, ce n’est pas l’exécutif porté par le président ; la tête du FPI, ce sont les militants : c’est eux qui prennent les décisions au Comité central ou à la Convention, en dehors du Congrès. Et lorsqu’un militant s’inscrit dans une logique contraire à la volonté de l’ensemble des militants, il cesse d’être militant, quel que soit son rang !

Tous ceux qui s’agitent en ce moment dans tous les sens, y compris ceux où les adversaires et même les ennemis du FPI se sont déjà agités, ceux-là apprendront, à leurs dépens qu’ils ne peuvent pas sacrifier la lutte, les souffrances de tout un monde, à leurs intérêts personnels et égoïstes.

Dieu nous assiste !

Bédi Holy

—————————————————————————————————

Pourquoi Ouattara ferme le siège du FPI

Peu après l’attaque du siège provisoire du FPI survenue, dans la matinée du lundi 1er septembre 2014, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Hamed Bakayoko, a, au nom du Gouvernement ivoirien, condamné cet acte ignoble perpétré par des individus non encore identifiés. Cela, à travers un communiqué. «Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, condamne fermement cet acte. Il rappelle l’obligation pour tous les citoyens de respecter strictement les locaux, les biens et les activités des partis politiques ainsi que l’intégrité physique de leurs militants, de leurs animateurs et de leurs dirigeants. Une enquête sera ouverte par les services de sécurité qui mettront tout en oeuvre pour que les auteurs de ces attaques soient recherchés et retrouvés afin qu’ils subissent la rigueur de la loi», a indiqué le sécurocrate du gouvernement. Eh bien, les autorités ivoiriennes n’ont pas attendu longtemps, pour passer à l’acte.

Dans le cadre de l’ouverture de cette enquête, apprend-on, depuis hier mercredi 3 septembre 2014, le siège du FPI est interdit d’accès aux militants du FPI, «jusqu’à nouvel ordre». C’est pourquoi, hier, après le passage de la première responsable de l’Onuci, les membres de la direction qui l’ont accompagné ont été priés de sortir. La police a donc assigné le Qg pour quelques jours, dit-on.

Le plan de l’anéantissement du FPI en marche

Le souhait de toute victime est de connaitre son ou ses bourreaux. C’est pourquoi, l’ouverture de l’enquête pour que «les auteurs de ces attaques soient recherchés et retrouvés afin qu’ils subissent la rigueur de la loi», est plus que salutaire. Mais ce qui parait suspect aux yeux de certains observateurs de la scène politique nationale, c’est la rapidité avec laquelle le régime a réagi face à cette affaire. Au point de s’interroger sur l’opportunité de la mesure de fermeture du siège. Qui est pour le moment, le seul endroit de la tenue des rencontres du parti. Pour eux donc, cette surprenante meure n’est rien d’autres que l’aboutissement du plan de l’anéantissement du FPI. «Après la libération, sous la pression des dirigeants du FPI et à défaut de pouvoir obtenir définitivement leur silence afin de ne pas être gêné dans sa gouvernance, le régime Ouattara espère anéantir le FPI avec la fermeture de son siège…», soutient un observateur.

«Comme des membres de la direction du FPI s’opposent à l’entrée de leur parti au sein de la CEI, contrairement au président Affi, les autorités du pays pourraient, à la suite de cette enquête, mettre hors d’état de nuire ceux des dirigeants qui s’y opposent. Pour permettre à ceux qui veulent travailler avec elles, de ne pas être gênés dans leur démarche…», estime un autre. Pour ce dernier, le communiqué précipité du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité obéit à cette logique.

«Sinon, pourquoi le régime n’a jamais ordonné la moindre enquête après les différentes attaques dont le FPI a été l’objet depuis la chute de Laurent Gbagbo ?», interroge notre interlocuteur. En tout cas, tout porte à croire que le régime prépare un grand coup contre le FPI.

Ferdinand Bailly

Source: Le Temps N° 3283

About admin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.