Après le chaos libyen, le califat au Congo ?

Après le chaos libyen, le califat au Congo ?

Au nom de la démocratie in abstracto, que n’a-t-on pas entendu au registre des incantations moralisatrices ?

Entre autres, les pagations de Bernard-Henry Lévy ont abouti au chaos libyen après le lynchage de Kadhafi. Néanmoins, les apprentis-sorciers remettent le couvert au Congo ; invectivant Kinshasa pour la tenue d’élections au mépris du large consensus des composantes politiques, opposition et société civile incluses. Celles-ci ont admis, par voie d’accord, que les présidentielles seraient prématurées au regard des circonstances matérielles locales d’organisation.

En arrière-plan, en RDC, les tenants de l’islamisation ne sont pas loin non plus. À Kinshasa, notamment, l’argent du golfe persique circule, et pas uniquement dans les investissements immobiliers. La Ligue islamique mondiale, dont le secrétaire général est un Saoudien, a repris pied en 2016 sur place.

Les velléités d’ingérences islamiques ne datent pas d’aujourd’hui, et sont d’ailleurs récurrentes. Rappel du passé, un monument à Bruxelles commémore la libération des Congolais opprimés par « l’arabe esclavagiste« . L’inscription a fréquemment été vandalisée depuis l’édification d’une mosquée à proximité. Au mépris de la réalité historique, la censure musulmane ne tolère pas ce qui contredit le concept lénifiant de « religion de paix et de tolérance« ..

L’historien sénégalais Tidiane N’Diayé auteur de l’étude intitulée Le génocide voilé Après le chaos libyen, le califat au Congo ?* (éd. Gallimard) a dénoncé l’omerta au sujet du caractère génocidaire de la traite arabo-musulmane dite orientale, pudiquement :

« Cette traite, qu’il est difficile de ne pas qualifier de génocide de peuples noirs par massacres, razzias sanglantes puis castration massive, chose curieuse, très nombreux sont ceux qui souhaiteraient la voir recouverte à jamais du voile de l’oubli, souvent au nom d’une certaine solidarité religieuse, voire idéologique. C’est en fait un pacte virtuel scellé entre les descendants des victimes et ceux des bourreaux, qui aboutit à ce déni. Ce pacte est virtuel mais la conspiration est bien réelle. Parce que dans cette sorte de « syndrome de Stockholm à l’africaine », tout ce beau monde s’arrange sur le dos de l’Occident. » (in Saphir News, interview de Tidiane N’Diaye, par Maria Magassa-Konaté, 15 Mai 2014). L’idéologie génocidaire qu’est l’islam, est de retour au Congo.

Actuellement, au Nord-Kivu (RDC) en particulier, c’est de djihad qu’il s’agit. Le groupe Défense musulmane internationale y applique la charia là où ces activistes musulmans se sont établis. Significativement, leur base a été arabisée par le nom « Médina‘. L’arabisation est un classique de l’islamisation. Au nombre des pratiques djihadistes au Congo, l’on relèvera les crucifixions et les armoires à clous (la victime y est enfermée tandis que l’armoire est secouée). Rappelons aux adeptes de la cécité politiquement correcte que Mahomet était lui-même un djihadiste, et il était indéniablement musulman, pas « islamiste« . Le potentat bédouin était un criminel à telle enseigne que s’il nous était contemporain, il serait passible de la Cour pénale internationale.

Au Congo, l’ONU est en carence grave face aux djihadistes. Ces derniers ont pu infiltrer ses services de renseignements et, de là, agir de même au sein des Forces armées congolaises. C’est dire que la cinquième colonne musulmane locale est passée à l’action.

Certes, l’islam n’est pas le seul facteur de déstabilisation du pays, mais il est trop souvent passé sous silence. Les indignés compulsifs hurlent à la stigmatisation chaque fois qu’il y a lieu de traiter de la question de ce culte morbide. Le politiquement correct est le cancer de l’Occident au point de détruire le libre arbitre en le réduisant à la pensée unique. Un cancer dont les sociétés occidentales sont en train de guérir grâce à l’avènement de nouvelles formations politiques battant en brèche le système sclérosé. Se débarrasser du politiquement correct rend l’air plus sain. Les chancelleries européennes et nord-américaines gagneraient à être mieux attentives au processus d’instauration progressive d’un califat au Congo. Boko Haram a des émules. Plus que jamais, il est nécessaire d’assurer la stabilité des rapports politiques à Kinshasa.

Phénomène exemplaire, les composantes politiques congolaises ont, dans leur ensemble, trouvé un terrain d’entente. Il serait hasardeux de le torpiller par des ingérences inappropriées sous prétexte de considérations théoriques en matière de démocratie ou en raison de tel ou tel agenda diplomatique ou affairiste. Si la guerre reprenait, les victimes seraient congolaises tandis que les conseilleurs demeureraient confortablement installés chez eux à refaire le monde.

La Constitution de la RDC ne limite à aucune autre circonstance que l’attente du successeur, l’habilitation du Chef de l’État à rester en place au-delà de l’échéance de son second mandat présidentiel. Il était donc vain de lui opposer qu’il aurait été responsable de la situation ayant causé le report des élections présidentielles. Ce grief a d’autant moins de fondement que l’accord politique du 31 décembre 2016 l’absout littéralement à cet égard. Mieux, cet accord rend dorénavant commune à tous la responsabilité de la préparation des différents scrutins à venir, en particulier les élections présidentielles prévues pour décembre 2017 au plus tard, en principe.

De surcroît, la Cour constitutionnelle avait auparavant, le 11 mai 2016, rendu un arrêt en ce sens. En d’autres termes, la prorogation du mandat présidentiel est fondée juridiquement et légitimée politiquement. Par conséquent, s’y opposer constituerait une violation de la souveraineté de la RDC.

L’accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016 a pour objet, en substance :

  • l’organisation d’élections présidentielles, des législatives ainsi que les scrutins au niveau provincial ;
  • la prorogation, en cette perspective, des mandats en cours à ces différents niveaux ;
  • l’attribution, au Conseil national de Suivi de l’Accord et du Processus électoral, de même qu’au Gouvernement et à la CENI (Commission électorale nationale et indépendante), la compétence d’ »unanimement apprécier le temps nécessaire pour le parachèvement desdites élections » ;
  • en outre, l’organisation d’élections locales, municipales et urbaines.

Les signataires de cet accord ont reconnu la réalité des difficultés matérielles d’organisation, et partagent désormais la responsabilité de la tenue des scrutins comme stipulé.

Cet accord est cependant une bombe à retardement ; paradoxalement parce qu’il est exemplaire. Un statu quo trop long provoquerait un ressentiment populaire. En ce cas, tous les leaders étant rendus responsables du fait de leur rôle dans le processus prévu, quel outsider pourrait-il apparaître ? Et s’il s’agissait de l’un de ses signataires, c’est l’accord qui serait dénoncé. En un contexte si explosif, mieux vaut une diplomatie de démineur que de donneur de leçon. La RDC a besoin de stabilité.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Philippe Chansay-Wilmotte, Avocat au Barreau de Bruxelles,

Président de Valeurs libérales citoyennes pour Dreuz.info

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