Armes aux douaniers pour combattre les Djihadistes: Ouattara veut faire ce qu’il a reproché à Gbagbo

Armes aux douaniers pour combattre les Djihadistes: Ouattara veut faire ce qu’il a reproché à Gbagbo

Abdouramane Cissé, le ministre auprès du Premier ministre chargé du Budget, a promis aux douaniers ivoiriens ceci : « La menace (djihadiste) est réelle et le CNS (Conseil national de la sécurité) va régler la question de votre armement ».
Cette promesse leur a été faite le jeudi 2 juillet 2015, selon notre confrère L’intelligent d’Abidjan du vendredi 3 juillet 2015, à l’Ecole des Douanes à l’occasion d’une remise de véhicules. Et c’est une réponse au Directeur général de la Douane, Issa Coulibaly qui, face à la menace des jihadistes, a demandé des armes au gouvernement : « En raison du dénuement dans lequel se trouve l’Administration des Douanes depuis le pillage de ses magasins d’armes lors des crises de 2002 et de 2011, les éléments aux frontières semblent parfois livrés à eux-mêmes, au regard de l’environnement ouest-africain marqué par la forte circulation des armes légères et de petit calibre ». Et le confrère de préciser : « Selon lui, il apparaît urgent de procéder au remplacement de l’armement emporté, afin de renforcer les moyens d’intervention des agents, d’une part et d’assurer leur sécurité d’autre part ».
On le voit.  Alassane Dramane Ouattara veut faire exactement, sinon plus que ce qu’il a reproché au Président Laurent Gbagbo. Ce, lorsque la Côte d’Ivoire a été attaquée le 19 septembre 2002 par la rébellion sanglante du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI) de Soro Guillaume, poulain de Ouattara. Rébellion rebaptisée plus tard par le ministre des Affaires étrangères français Dominique de Villepin, « Les Forces Nouvelles ». Il s’agit de payer des armes pour faire face à la menace nationale. En 2002, lorsque la rébellion venue du Burkina Faso, armée jusqu’aux dents, semait la désolation, la mort, après avoir tué entre autres, le ministre de l’Intérieur d’alors Emile Boga Doudou et l’ancien chef d’Etat Robert Guéi, suite à sa tentative de putsch manquée, la France de Chirac avait refusé d’activer les accords de défense signés entre l’ancienne puissance coloniale et la Côte d’Ivoire. Que faire ?
Alors les Ivoiriens prennent conscience de la nécessité de se tourner vers eux-mêmes pour assurer leur sécurité contre des tueurs sans foi ni loi. La filière café cacao, se sentant aussi menacée que toute la nation, a donné un fonds au gouvernement pour l’aider à acheter des armes. Le gouvernement lui-même, prenant ses responsabilités face au péril, s’est secoué afin d’acheter des armes de guerre. Puisque le pays était divisé en deux et que la rébellion à plusieurs visages tuait des innocents. Eventrait des femmes enceintes, tuait des bébés, violait, pillait, etc. Seulement, plus tard, il sera reproché à Laurent Gbagbo d’avoir utilisé l’argent du pays pour acheter des armes. Ce discours était alimenté par Ouattara et son camp, dont Paris et ses satellites. Un alibi pour complexer le chef de l’Etat ivoirien d’alors qu’on voulait voir partir du Palais de la Présidence. Parce qu’il refuse la soumission.
Pourquoi un pays souverain, sans défense, mais attaqué par une nébuleuse armée, doit-il s’armer avec son propre argent pour protéger ses citoyens et les populations et les biens sur son territoire ? Voilà l’hérésie, l’aberration qu’on a reprochée à Laurent Gbagbo au point d’avoir décrété (Nations Unies) un embargo sur les armes en Côte d’Ivoire. Pendant ce temps, les grandes puissances (France, par exemple) ne font que s’armer, se surarmer. Elles fabriquent des armes de toutes sortes et les vendent à d’autres pays, comme l’Egypte, l’Inde, etc.
Aujourd’hui, face à la menace des Djihadistes venant du Mali, Ouattara veut mettre les régies financières sous pression pour acheter des armes. Et il veut commencer par la Douane. D’où cette mascarade conduite par le DG Issa Coulibaly. Mais entre la menace d’hier et celle d’aujourd’hui, où est la différence ? Dans les deux cas, c’est la vie des Ivoiriens qui est en danger. Parce que, qu’une personne soit tuée en Côte d’Ivoire par les Forces Nouvelles ou par les Djihadistes, le résultat est le même : elle est morte. Morte pour toujours.
C’est pourquoi en tant qu’homme politique ambitionnant de gouverner, il faut savoir donner de l’intelligence et de la sagesse à ses critiques. Voilà que Ouattara veut acheter des armes, comme Gbagbo l’avait fait hier. La roue tourne. C’est évident.

Suzanne Gahé, pour eburnienews.net

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NB: Il est permis de reprendre nos articles sous condition d’en préciser la source

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