Assassinat de Thomas Sankara : L’évolution de la demande d’enquête parlementaire en France

Assassinat de Thomas Sankara : L’évolution de la demande d’enquête parlementaire en France

Le « Réseau international Justice pour Thomas Sankara, Justice pour l’Afrique » a échangé avec les journalistes, ce samedi 7 mars 2015 au Centre de presse Norbert Zongo à Ouagadougou. Au cœur des échanges : Evolution du dossier Thomas Sankara à l’international notamment en France.

Etaient entre autres face à la presse nationale et internationale, le Fondateur du « Réseau international Justice pour Thomas Sankara, Justice pour l’Afrique », Bruno Jaffré, Smockey du Balai Citoyen, Germaine Pitroipa, représentante du Front progressiste sankariste en Europe notamment en France (Paris) et Balufu Bakupa Kayinda, le réalisateur du premier film sur la mort de Thomas Sankara et considéré comme l’un des plus grands cinéastes africains. Ce dernier est également à l’origine de la création et de l’attribution du Prix Thomas Sankara au FESPACO 2015.

Le Réseau, selon son fondateur, Bruno Jaffré, est informel, et n’a pas de centre ni d’organisation. « Simplement nous nous retrouvons souvent dans des occasions particulières au fur et à mesure sur ce qui se passe concernant l’affaire Thomas Sankara », a-t-il lancé dès l’entame de la conférence de presse avant de souligner que « nous voulons profiter du FESPACO pour toucher la presse internationale ».

Bruno Jaffré a soutenu que « l’affaire Thomas Sankara n’est pas une affaire burkinabo-burkinabè ». C’est, selon lui, une affaire internationale touchant tous les milieux notamment politiques et la société civile, car Thomas Sankara n’était pas seulement un homme politique.

Cette rencontre avec la presse était donc centrée sur les questions internationales. Une conférence de presse est prévue, le 10 mars prochain et sera animée par Me Bénéwendé Sankara et Me Prosper Farama sur les dernières mesures du gouvernement burkinabè concernant cette affaire.

Des demandes d’enquête à l’Assemblée nationale française…

« Thomas Sankara a été assassiné par la France-Afrique, mais pas seulement. Sur le site « thomassankara.net », il y a un dossier spécial sur l’assassinat de Thomas Sankara. Evidemment, il a été assassiné par des hommes du Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Mais nous savons aujourd’hui que des Libériens étaient présents.

Nous savons aussi que Charles Taylor qui était leur chef travaillait pour les Américains. Puisque la NSA a reconnu il y a quelques années que Charles Taylor était chargé d’infiltrer les révolutionnaires africains. C’est pourquoi il s’est présenté ici comme étant un révolutionnaire », a rappelé Bruno Jaffré.

A l’écouter, déjà en France, les députés du Front de Gauche et des Verts ont déposé deux demandes d’enquête parlementaire, l’une en 2011 et l’autre en 2013, où ils demandent une enquête parlementaire sur l’assassinat de Thomas Sankara. Bruno Jaffré promet que dans les jours à venir, l’intégralité de cette demande sera disponible sur le site « thomassankara.net ».

Cependant,  malgré qu’elles soient déposées, aucune de ces demandes d’enquête parlementaire n’a été traitée par l’Assemblée nationale française. L’homme considéré par certains comme le « biographe de Thomas Sankara » caresse par contre l’espoir que les députés français mettront un jour cette demande d’enquête à l’ordre du jour.

Extrait d’une de ces demandes d’enquête parlementaire : « Nous devons répondre aux questions suivantes : Pourquoi Thomas Sankara a-t-il été assassiné ? Comment cet assassinat a-t-il été rendu possible ? Quel rôle ont joué les services français et les dirigeants français de l’époque ? La Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE) (Service secret français) savait-elle ce qui se tramait et a-t-elle laissé faire ? »

Plusieurs témoignages évoqués par Bruno Jaffré et ses compagnons, soutiennent « qu’on est bien en face d’un complot international ».

Une requête au CNT pour faire avancer le dossier Thomas Sankara sur le plan international

Il faut donc, pour eux, que l’Assemblée nationale française ouvre une enquête parlementaire afin de pouvoir convoquer et interroger tous les membres qui étaient dans l’entourage de François Mitterrand et de Jacques Chirac et qui ont sans doute des choses à dire sur cette question.

Alexandre Sankara du mouvement sankariste a informé qu’une requête est en train d’être signée au niveau du Conseil national de la transition (CNT) et qui sera adressée à l’Assemblée nationale française pour leur demander l’ouverture de cette enquête parlementaire. Tout cela permettra, selon les conférenciers de faire avancer le dossier Thomas Sankara sur le plan international.

Le « Réseau international Justice pour Thomas Sankara, Justice pour l’Afrique » espère toutefois mener le combat jusqu’à ce que le dossier trouve une issue. Et à Smockey du Balai Citoyen et le célèbre cinéaste africain, Balufu Bakupa Kayinda, d’indiquer que si le dossier Thomas Sankara trouve une issue, tous les autres grands crimes commis en Afrique auront gain de cause.

Par ailleurs, concernant l’ouverture de la tombe présumée du Père de la Révolution au « Pays des Hommes intègres », l’oncle de Thomas Sankara et ancien ambassadeur burkinabè en Libye, Mousbila Sankara a soutenu qu’il suffit juste au gouvernement de transition de saisir et d’instruire la justice militaire pour cette expérience.

Noufou KINDO

Source: Burkina24

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