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Assassinats, attaques à main armée, insécurité galopante…: Où est passé le CCDO?

Assassinats, attaques à main armée, insécurité galopante…: Où est passé le CCDO?

Créé en 2013 par le régime Ouattara, le CCDO affiche une impuissance avérée face à l’insécurité galopante à Abidjan. Beaucoup de bruit, peu d’efficacité. Telle est la réalité de cette unité.

Mardi 5 mars 2014. il est 8h. L’épouse de l’adjudant de gendarmerie adjobi Grégoire est abattue froidement par un bandit après une course-poursuite devant l’immeuble où elle habite avec sa famille à la riviéra-palmeraie. Son mari, anciennement garde de corps du président du FPI, l’ex-premier ministre Pascal Affi N’Guessan, qui venait à son secours après avoir entendu ses cris de détresse,est lui, cueilli à froid par les malfaiteurs. Ces derniers qui quittent les lieux habités par des gendarmes, à bord de la voiture du couple, sont toujours en cavale.vendredi 21 mars 2014. Il est 18h, dans une ruelle du quartier sainte elisabeth de Yopougon-ananeraie, cinq jeunes gens armés de couteaux à cran d’arrêt tentent violemment d’arracher un ordinateur- portable à un jeune homme qui était avec sa compagne.

Doté d’une force d’hercule, le jeune homme réussit à mettre en déroute ses agresseurs qui prennent le large, non sans l’avoir blessé grièvement au bras et à la tête. Renseignements pris, ces malfaiteurs dont l’âge oscille entre 10 et 20 ans qui ont battu en retraite au quartier port-Bouët2 sont membres de la tristement célèbre bande «les microbes». Originellement basée à Abobo, le fief de l’ex-rébellion armée, la bande a des tentacules désormais à Yopougon, avec pour «Q.G», port-Bouët2, l’autre antre des ex-rebelles dans la plus grande commune de côte d’Ivoire.

Lundi 24 mars enfin. Awa Fadiga, jeune mannequin, est poignardée par des inconnus et projetée d’un taxicompteur. Evacuée aux urgences du chu de Cocody,elle décède le lendemain dans cet hôpital des suites de ses blessures. Au-delà de l’émotion et la colère des ivoiriens contre les autorités médicales, cette agression mortelle remet sur le tapis, la question de l’insécurité grandissante à Abidjan.

Alors questions : où sont les multiples unités d’intervention des forces de sécurité ? Où sont les caméras qu’on dit avoir positionné partout dans la capitale économique pour filmer les bandits? En clair, où est passé le centre de coordination des décisions opérationnelles (CCDO)?

BEAUCOUP DE BRUITS POUR DES RESULTATS MITIGES

Il y a quelques semaines, les responsables du CCDO et les nouvelles autorités du pays se sont lancés des fleurs au motif que le CCDO a enrayé la criminalité dans la capitale économique. A coups de battage médiatique dans les organes de presse proches du pouvoir qui leur vouent un culte à nul autre pareil, ces responsables poussent le ridicule jusqu’à dire que le CCDO est plus performant que le centre de commandement des opérations de sécurité (cecos). Malheureusement, selon des sources policières, les chiffres en notre possession démontrent que le CCDO est inefficace sur le terrain et a intérêt, sans aucune honte, à s’instruire auprès des experts en sécurité du CECOS dont certains (les plus chanceux), qui ne sont pas enfermés dans des camps de torture, sont en service dans les unités de la gendarmerie et de la police.

Abobo Des microbes mettent à rude épreuve le CCDO Assassinats, attaques à main armée, insécurité galopante…: Où est passé le CCDO?

Installé en grande pompe par l’actuel chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara, au ministère de l’intérieur, le 11 mars 2013, le CCDO a montré le même jour ses défaillances techniques. Le contrôleur général de police Yao Brou Alain, ci-devant directeur de l’école de police, est criblé de balles par des inconnus à des feux tricolores aux Deux-plateaux (Abidjan). Au grand étonnement de tous, les caméras-vidéo du CCDO dont on vantait les mérites n’ont pu identifier les meurtriers de l’ex-patron de la formation des policiers ivoiriens qui courent jusqu’à ce jour, à en croire des sources policières. Quelques jours après, l’épouse du Directeur général de la SICTA est abattue dans son salon de coiffure à Angré star 10 par des quidams. Peu après, c’est au tour du directeur de l’ecole normale supérieure (ENS), le professeur Sidibé Valy,d’être la cible des malfaiteurs. Heureusement, le professeur Valy survivra de ses blessures après des soins intensifs.

Au total, selon des sources policières, ce sont 94 attaques à main armée qui ont marqué le mois de mars 2013. En lieu et place des unités du CCDO et de la brigade de sécurité de la gendarmerie (créée par le passé pour suppléer le CECOS), la direction de la police criminelle (DPC), dépourvue d’armes de dotation et de véhicules d’intervention, est «réquisitionnée» par les autorités pour juguler le grand banditisme et la criminalité.

Les résultats sont encourageants. «Mais des contraintes politiques réduisent nos marges de manoeuvres. Comment voulez-vous qu’on donne nos positions et pire, qu’on demande l’autoritésation à des ex-chefs de guerre de la rébellion tels que Jah Gao avant de mener des opérations d’envergure à Abobo? C’est risqué pour nous quand on sait que ces jeunes gens appelés microbes et détenteurs de redoutables armes à feu et autres objets contondants, sont sous la protection de leurs parents qui ont combattu le pouvoir central pendant la crise postélectorale ?», révèle un membre d’une unité d’intervention, sur un ton d’impuissance.

LES MICROBES: DES PUPILLES DE LA REBELLION ARMEE

Selon des indiscrétions au sein de l’appareil sécuritaire, les microbes sont des jeunes gens prêts à prendre la relève de leurs aînés en cas de renversement du régime actuel pour défendre bec et ongles Alassane Dramane Ouattara. «C’est un problème politique et extrêmement sensible. C’est pourquoi nos autorités l’abordent avec tact pour ne pas effaroucher leurs partisans. Déjà éreintés par la pauvreté alors qu’ils avaient cru à des lendemains meilleurs après la prise du pouvoir par leur mentor, ces derniers vivent des fruits des agressions de leurs fils. Malgré des appels lancés dans des mosquées, les jeunes gens, souvent sous l’effet de la drogue, agressent et tuent. Nous ne voulons pas être sacrifiés sur l’autel des intérêts. Seul le politique peut régler définitivement la question des microbes qui sèment la désolation dans les quartiers d’Abidjan», soutient un autre agent de l’ordre qui a requis l’anonymat.

Signe d’une bonne structuration des microbes, le 10 janvier 2014 aux environs de 19h, le fourgon cellulaire «Air Maca» est la cible de tirs nourris d’individus non-identifiés à bord d’un véhicule sans plaque d’immatriculation. «Nous transportons des membres du groupe des microbes qui ont été condamnés à 5 ans de prison ferme. A cause de leur procès, nous avons accusé un grand retard. Notre cargo est attaqué par des complices des microbes qui jubilaient lorsque nous faisions face aux tirs. Nous avons résisté jusqu’à la dernière station d’essence avant d’atteindre l’autoroute du nord et la forêt du Banco. Quand nous avons immobilisé le cargo et sécurisé notre espace, le véhicule des assaillants s’est enfui en direction d’Abobo, en passant par Adjamé», témoigne un garde pénitentiaire sous le sceau de
l’anonymat.

Selon des sources pénitentiaires, l’insécurité et la criminalité ont pris une telle ampleur que la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) est actuellement surpeuplée. A la date du vendredi 21mars 2014, il y avait au total 4.755 détenus dont 1.251 internés au bâtiment C (réservé aux criminels). L’on constate, à en croire les mêmes sources, l’intrusion d’une frange importante de jeunes filles dans les gangs qui opèrent avec des armes de guerre (kalachnikovs et ak 47).

AU MOINS 85 ATTAQUES A MAIN ARMEE EN FEVRIER

Abidjan fait encore peur en ce début d’année 2014.selon des sources policières,ce sont au moins 85 attaques à main armée qui ont été perpétrées dans des véhicules de transport en commun, des domiciles, des stations d’essence, des temples de Dieu (eckankar,foursquare, etc), des bar-climatisés, des hôtels et des centres commerciaux. D’importantes sommes d’argent,des bijoux de grande valeur, des ordinateurs-portables, des tv et des appareils électroménagers ont été emportés par les criminels qui sont toujours libres de leurs mouvements. Des jeunes filles, qui servent d’appât, sont très actives dans les gangs en ce moment. Et les quartiers de prédilection de la pègre abidjanaise sont les communes de Cocody (Riviéra, Angré), Abobo (Marley, sans manquer, plaque, PK 18), Yopougon (Maroc, SIDECI, ToÎts Rouges, Niangon), Marcory et Port-Bouët.

Dossier réalisé par

Didier Kéi

Source: Notre Voie

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