Assises, un témoin soutient que Simone Gbagbo est impliquée dans la mort des 7 femmes d’Abobo parce qu’elle était au pouvoir

Assises, un témoin soutient que Simone Gbagbo est impliquée dans la mort des 7 femmes d’Abobo parce qu’elle était au pouvoir

Il est décidement difficile aux témoins de l’accusation de présenter avec cohérence des arguments qui pourraient aider à confondre l’ex premièe dame Simone Ehivet Gbgbo qui est poursuivie pour crime contre l’humanité.

En effet, lors de l’audience de jeudi 30 juin 2016 dernier, l’accusation a présenter deux témoins semble-t-il importants pour leur supposé connaissance des évènements de mars 2011 à Abobo. Les témoins Ouattara Rokiya et Bamba Moussa seraient respectivement organisatrice de cette marche et encadreur de la fameuse marche du 3 mars 2011 des femmes d’Abobo qui aurait occasionné, selon les organisateurs, la mort de 7 par des éclats d’obus.

Interrogée par le Président de la Cour d’assises, Bouatchi Kouadio sur les fameux tirs d’obus, dame Ouattara Rokiya a affirmé qu’elle est convaincue que des chars ont tiré sur les marcheurs.

Peu convaincue par cette réponse, la Défense de madame Gbagbo a demandé à Ouattara Rokiya si elle a vu des gens en train de tirer à partir des chars. Question à laquelle dame Ouattara a répondu non. «Non, je n’ai vu personne mais j’ai entendu un grand bruit de tir au rond point du Banco où on était rassemblé et j’ai vu deux femmes tombées près de moi», a-t-elle précisé. Toujours insatisfaite par cette réponse, la Défense a demandé au témoin Ouattara Rokiya de dire si elle a vu d’où les tirs venaient. Dame Ouattara Rokiya a encore répondu non. Elle reconnaît avoir donné une réponse qui n’est en fait qu’une simple spéculation. «Non je n’ai pas vu mais j’ai entendu. Ce qui est sûr, je sais que ce sont les chars qui ont tiré mais je ne sais pas qui a tiré. Je n’ai pas vu quelqu’un tirer, j’ai vu des chars tirer. Mais comme on marchait pour le départ de Gbagbo, c’est pourquoi j’ai dit ça», a-t-elle avoué.

Ce ne fut malheureusement pas la seule réponse spéculative qu’a donnée Ouattara Rokiya lors de sa déposition. En réponse à la question du juge qui voulait savoir si d’autres personnes avaient pris part à cette marche, dame Ouattara Rokiya a affirmé qu’il n’y avait que des femmes à la marche du 3 mars 2011. Pourtant le témoin suivant du nom de Bamba Moussa affirme avoir été présent lors de ladite marche en sa qualité d’éncadreur.

Le témoin Bamba Moussa qui a affirmé lors de sa précédente déposition que ce sont trois chars qu’il avait vu passer qui ont tiré sur la foule composée de femmes, s’est subitement rétracté à la barre où il a affirmé qu’il a plutôt entendu le bruit des canons.

Le témoin Bamba Moussa a également permis de réléver une contradiction majeure sur le lieu de rassemblement. En effet, pendant que le témoin Ouattara Rokiya affirma lors de sa déposition que le rassemblement pour la marche du 3 mars 2011 s’est effectué au rond point du Banco, Bamba Moussa soutient que le rassemblement s’est effectué au rond point de la mairie d’Abobo. «Lors de la marche des femmes d’Abobo, je me trouvais devant la mairie où j’ai même ramassé certains corps des victimes. Le rassemblement des femmes a eu lieu au rond point de la mairie d’Abobo», a-t-il révélé. Bamba Moussa a également affirmé qu’il n’a pas vu de chars tirer sur la foule. Il soutient seulement qu’il a entendu trois coups de canon. Il a donc conclu que ces coups de canon ne peuvent provenir que des tirs de chars. «Vous n’étiez pas sur place, comment pouvez-vous savoir que ce sont des chars qui ont tiré ?», lui a demandé le juge.

Ce genre d’affirmations gratuites n’était pas unique concernant le témoin Bamba Moussa. En effet le témoin Bamba Moussa a également menti à la Cour en se faisant passer pour le père de la victime Bamba Massiami qui aurait trouvé la mort lors de la marche.

Le procureur lui demande alors des pièces qui justifieraient qu’il est le père de la victime. Monsieur Bamba ne tarde pas à s’exécuter. Il remet sans hésiter une photo de la victime, un extrait d’acte de naissance et un certificat de décès.

A la lecture des documents, le procureur découvre des irrégularités et fait savoir au témoin qu’il n’est pas le père géniteur de la présumée victime Bamba Massiami, dont le vrai père est Mamadou Bamba, selon les certificats et acte civil de naissance, qui eux, ont été signés longtemps après la date de l’événement. Des recoupements entre la déposition de monsieur Bamba Moussa et celle du dénommé Bamba Mamadou montre clairement que le père biologique de la victime était, l’ainé du témoin et il se nomme Bamba Mamadou. Dès lors le témoin Bamba Moussa passe aux aveux et reconnaît qu’il n’est en fait qe l’oncle de Bamba Massiami.

Ainsi donc, comme ce fut le cas lors du premier procès au cours duquel madame Gbagbo fut condamnée à 20 ans de prison, ce nouveau procès peine à prouver sa culpabilité dans les faits qui lui sont reprochés.

Eburnienews.net

___________

Lire aussi:

Simone Gbagbo à propos de l’affaire André Kieffer: «ils n’ont plus intérêt à réveiller une affaire qui pourrait se retourner contre eux-mêmes»

L’accusation peine à présenter des preuves contre Simone Gbagbo (Lu sur RFI)

Simone Gbagbo: «La guérilla à Abobo c’est le commando invisible. Le commando invisible c’est Ouattara»

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

CLOSE
CLOSE