Au delà des apparences, une réelle tempête couve dans ce couple “parfait”: Nous allons droit vers le divorce Ouattara-Duncan

Au delà des apparences, une réelle tempête couve dans ce couple “parfait”: Nous allons droit vers le divorce Ouattara-Duncan

Malgré les apparences, les apparitions et les sorties publiques qui incitent au contraire, des informations émanant de plusieurs sources font état d’un désamour entre le chef de l’Etat et le chef du gouvernement, dont les jours seraient même comptés à la Primature. Révélée à l’IA depuis près de trois semaines, l’information a à nouveau circulé dans des milieux diplomatiques, au cours du long week-end, avec des détails croustillants sur l’état d’esprit du chef du gouvernement, suite à un échange avec le Président de la République. Mais qu’est-ce qui est exactement reproché au Premier ministre en poste depuis 17 mois maintenant ? Des bouts de phrase sans des détails précis, mais qui sont autant de signes d’irritation grandissante : « Duncan ne prend pas de décisions, Duncan ne décide pas, il ne tranche pas. Duncan a tellement peur de se voir prêter des ambitions présidentielles et un plan B, qu’il ne prend aucun risque. Il manque d’audace et de punch; Duncan commence à entrer dans la routine. Duncan ne fait rien pour « coacher » le PDCI, et prendre en main le parti, permettant d’éviter la remontée des anti-Ouattara et des anti-RHDP qui à longueur de journées, réclament un candidat PDCI contre Alassane Ouattara, et se dressent en adversaires du Président de la République».

À ses griefs ont été rajoutés depuis peu, la tiédeur et la faiblesse de la réaction du gouvernement face aux agissements du FPI. Même des ministres ne se cachent pas, pour critiquer en privée leur patron. Ils reprochent sa propension à s’inviter à toutes les inaugurations, à toutes les cérémonies de lancement, ou de réception des projets de leurs départements respectifs. Des têtes fortes du camp Ouattara se demandent de plus en plus, à haute voix et devant témoins et visiteurs, à quoi sert le Premier ministre Duncan alors qu’il est issu du PDCI, s’il ne peut mettre le Président de la République à l’abri des critiques et des crocs en jambe des alliés. Ils sont nombreux à suggérer au président de la République l’intention de rechercher un nouvel oiseau rare pour former un gouvernement de campagne, et mettre en place l’équipe qui ira à la prochaine élection présidentielle.

« Depuis son élection, le président Ouattara n’a jamais eu totalement son homme à lui comme Premier ministre. Après la crise il a maintenu Soro Premier ministre. Guillaume Soro n’est pas originellement un homme de sérail et de la maison Ouattara, même s’il demeure parmi les trois, le seul Premier ministre que le chef de l’Etat n’a jamais houspillé en plein Conseil des ministres. Malgré l’ancienneté de la relation et de la pratique avec lui, Duncan reste issu du PDCI et cela commence à poser problème. A présent on peut dire que le Président a déjà payé ses dettes et tenu tous ses engagements et promesses. Le temps est venu de jouer totalement la carte RDR. Autant le PDCI veut un candidat à la présidentielle pour savoir ce que le parti pèse , autant le Président et le RDR avant d’aller rendre compte au peuple en 2015, ont besoin d’assumer pleinement leur bilan. Puisqu’à cette allure, c’est bel et bien Ouattara et le RDR et non le RHDP ni le PDCI, qui seront jugés par les électeurs. C’est Ouattara et le RDR qui vont porter et défendre le bilan que le PDCI refuse de revendiquer en réclamant matin, midi et soir un candidat. On ne peut pas continuer à avancer avec quelqu’un, prêt à nous planter un couteau dans le dos, des alliés prêts à dire que nous travaillons mal, qu’ils auront un candidat qui fera mieux que notre président» confie un cadre heureux des perspectives qu’offrira la rupture, ou  « le désapparentement » entre le PDCI et le RDR.

«Le PDCI peut avoir son candidat, cela ne dérange pas le Président Ouattara même s’il pense qu’on pouvait faire l’économie de bien de choses si en cas de second tour Ouattara-FPI, le PDCI compte appeler à voter Ouattara au lieu de faire revenir au pouvoir des pro-Gbagbo. A moins de vouloir pactiser avec les pro-Gbagbo, si le soutien du PDCI au second tour nous est acquis, à quoi cela sert de tenter le diable ? Pourquoi ne pas s’entendre en même temps ? D’autant que tout le monde sait que la combinaison FPI-PDCI ne marchera pas, et qu’a force de jouer avec le feu, le PDCI viendra en 3ème position après le FPI. Cela dit le président Ouattara n’a aucune inquiétude sur la question, et il ne fera rien pour empêcher le PDCI d’avoir son candidat à la présidentielle, son « fameux » présidentiable. On va enfin respirer lorsque le PDCI aura désigné ce candidat, cet oiseau rare, si rare qu’on ne sait même pas encore à quoi il ressemble à moins de 16 mois », ironise notre source.

Selon lui les engagements de Marcoussis qui avaient obligé le RHDP à rester jusqu’au bout, au gouvernement avec Laurent Gbagbo, ne sont plus à l’ordre du jour. Le conseiller spécial de Duncan assure que tout va bien Contacté sur la question du désamour entre son patron et le chef de l’Etat, Noël Yao, conseiller spécial du Premier ministre en charge de la communication, assure qu’aucun indicateur ne permet d’affirmer qu’il y’a des nuages entre le Président de la République et le premier ministre. Il en donne pour preuves, les deux dernières missions effectuées par le chef du gouvernement à Maputo et à Ouaga, au nom du Chef de l’Etat. Disant juger les choses sur pièces et se voulant réaliste, Noël Yao s’inscrit en faux au sujet des allégations faisant de divergences entre le président Ouattara et le premier ministre Duncan, réputé être un bras droit, un complice du premier cité.

Marges de manœuvres étroites

N’excluant pas une mauvaise humeur et quelques légères et momentanées incompréhensions, des diplomates estiment cependant que les marges de manœuvres du chef de l’Etat restent minimes. Selon eux, dans sa posture de rassembleur, et aussi face à la pression du FPI, le président de la République ne peut se permettre de se replier sur son camp, en nommant un Premier ministre RDR. « Si vraiment Duncan devrait partir, à défaut d’un autre cadre PDCI et Baoulé, pourquoi le Président Ouattara ne surprendrait pas avec un profil non marqué politiquement. De plus l’expérience du cas Ahoussou indique qu’il y’a lieu de faire attention. Ahoussou est parti mais rien n’a été réglé avec le PDCI. Comme cela était prévisible, Duncan n’a pas su brider le parti dont le maître reste Bédié, celui de qui tout le monde se réclame : Pro comme anti-Ouattara du PDCI. Et si tout le monde cessait de dire tout va bien avec le président Bédié, tout est bouclé avec lui, mais le problème c’est l’entourage, c’est la base ? Car les choses ne sont pas aussi évidentes et simples », analyse un diplomate qui met au compte des obstacles à prendre en compte l’agenda du président Ouattara, dans les semaines à venir, avec entre-autres la visite prévue du président François Hollande à Abidjan le 17 juillet et le voyage du président Ouattara à Washington le 4 août 2014.

Dosso Villar

Source: L’Intelligent d’Abidjan

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