Jean Rouch, premier film: 1947-1991 from Dominique Dubosc on Vimeo.

Au pays des mages noirs

Ce pays là, c’est la partie de l’Afrique noire qui longe le Niger entre Gao et Niamey, savane pleine de drames et de mystères… Pays émergé du fond des âges, figé dans la pureté originelle d’une sorte de préhistoire. A l’orée de la grande forêt qui n’a pas changé depuis des millénaires, un village avec des greniers de terre séchée où l’on emmagasine la nourriture.

Avant la chasse, on sacrifie un mouton dont le sang doit toucher chacune des pointes des harpons qui tueront les hippopotames. Toujours se mêle aux prières des hommes, le sang des holocaustes.

C’est la chasse dans des pirogues plates. Première série de lancers de harpons puis une seconde qui ont raison de l’hippopotame.
le temsp du depeçage est une fête avec les “parts à manger tout de suite” et els gros blocs de viande qui iront dans les greniers. “Ainsi sans soute dans les ténèbres de la préhistoire, les hommes des cavernes ou des villages lacustres entonnaient des chants de victoire pour célébrer les bonnes chasses en s’empiffrant de viande crue.”

C’est l’heure des danses sacrées où, selon des rites venus du fond des âges, se pratique la danse des génies ou danse de la possession. La première partie, démbulation simple se nomme, tour de la concession. puis vient el second temps, secouer la tête provoque étourdissements cérébral et physique. Dans un trosième temps, la danse devient transe.

Puis tout se calme en pparence : le génie du fleuve a choisi une femme pour s’incarner. Zicco, la possède. D’autres veulent être possédés par les divinité. Un homme ne cesse de baver, un autre passe une torche allumées sur sa peau, un autre saute en arrière sur le sol.

Le lendemain tout est redevenu normal. L’Afrique ajoute une année à ses millénaires. Rien n’a changé. “Au long de l’énorme fleuve des noirs, sans soucis des siècles, s’étend un empire de préhistoire hanté de fauves et de magie (…) L’Afrique, l’Afrique sans âge.”

Jean Rouch est formé par Jacques Becker aux rudiments de la technique cinématographique, au cours d’un voyage lors d’une escale au Sahara. Au sujet de ce premier court métrage, montré en France avec Le Voyage en Italie, de Rossellini, il dira : “Je n’avais aucune notion des raccords. Je tournais par morceaux ce qui m’intéressait, sans souci du montage à venir.”

Le montage lui échappera plus gravement qu’il ne le pense. Il est formaté par les “Actualités françaises” à la façon d’un documentaire colonial.

Source: cineclubdecaen.com

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