AU SEUIL DE LA LIBERTE

AU SEUIL DE LA LIBERTE

Il monte en moi, il grandit en moi, le cri de ma liberté niée ! Il gronde en moi, il fulmine en moi, le cri de ma liberté piétinée ! Elle brûle en moi, la flamme ardente de ma souveraine dignité !

Mes ancêtres, esclaves enchaînés, ont servi de poubelles négrières à tous les calvaires, Mes patriarches colonisés puis bernés ont vécu tant de péripéties affreuses et amères. Combien de temps encore devrais-je subir en bête de somme ce joug de nuisance ?

De siècle en siècle, ma robe de calamités a transpiré le sang et la fureur d’être libre, Quand de velléités pour mon éternelle soumission mon oppresseur*, ce raciste, est ivre. Quand se taira à jamais mon sort d’être né Noir pour que je renifle l’air de l’aisance ?

Pendant longtemps ma vie a été hypothéquée sur des tables de viles théories, Les générations se suivent, se ressemblent et au rang de sous-humain je suis réduit. Cruel et vicieux devant ma peine, mon semblable, ce bourreau, est sans émoi.

Mais voici qu’il se fait jour sur ma vie avec toutes ces ténèbres qui tombent, Ecrasant toutes les forces de régression et d’abêtissement qui me plombent, Quand mon oppresseur* et son serviteur* s’empêtrent dans un zèle décadent, sans foi ni loi.

Il gronde en moi et ne vacille point, le cri de ma liberté longtemps ignorée ! Il monte en moi et ne tremble plus, le cri de ma liberté toujours refusée ! J’entends monter vers le ciel les échos rédempteurs de ce cri de révolte, Car au seuil de la Liberté, plus rien ne me retient, moi déjà délivré, Quand de mon cœur à mes lèvres retentit l’hymne de la Liberté !

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly) : Emmanuel Caleb, le 25 Octobre’16.

* : impérialiste ou néo-colon et son majordome ou sous-préfet africain.

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