Au sujet de la crise ivoirienne, Ahoua Don Mello précise : « La marche sur la RTI n’a pas été pacifique »

Au sujet de la crise ivoirienne, Ahoua Don Mello précise : « La marche sur la RTI n’a pas été pacifique »

Dans la dernière partie de son interview, Ahoua Don Mello revient sur chacun des événements montés en épingle par la procureure de la CPI et précise la réaction que le gouvernement Aké N’Gbo a eue à chaque occasion.

Des faits concrets ont été reprochés à Laurent Gbagbo dont les attaques liées aux manifestations devant le siège de la Rti (du 16 au 19 décembre 2010) et des civils non armés ont été tués sous ordre de Gbagbo. Que dites-vous?

A.D.M: La marche sur la RTI n’a pas été une marche pacifique. Elle fût organisée à partir de l’hôtel du Golf, QG de M. Ouattara où les rebelles étaient convoyés par hélicoptères et entrainés à l’hôtel du Golf. Les policiers qui étaient à la sortie du Golf hôtel sur le chemin de la RTI ont été abattus par les supposés marcheurs pacifiques. Cela prouve au moins une chose : certains parmi les marcheurs étaient armés. Pour les seuls mois de décembre et de janvier, 32 elements des forces de défense et de sécurité ont été tués. Une cérémonie commémorative a eu lieu le 4 février 2011. Ils ont été décorés et promus à titre posthume. Le président de la république a remis la somme de 160 millions de fcfa comme soutien immédiat à leur famille. Avant cette marche nous avions été surpris de voir un reportage télé montrant une revue de troupe par m. Soro Guillaume et un de ses lieutenants qui disait à peu près ceci : Gbagbo n’a pas maté notre rébellion, nous Allons mater la sienne. C’était le 14 décembre 2010 à l’hôtel du Golf.

Pendant cette marche, le gouvernement a noté la complicité entre les rebelles et les forces de l’ONUCI contre les forces de défense et de sécurité. Le communiqué du conseil des ministres du 20 janvier 2011 est éloquent à ce sujet : «au plan sécuritaire, le mot d’ordre de « pays mort » lancé par le rhdp a eu une portée limitée. Le couvre-feu a été respecté mais l’on a constaté des affrontements répétés entre la population abidjanaise et les forces onusiennes, se soldant souvent par des victimes. Le président de la république de Côte d’Ivoire son excellence Laurent Gbagbo, a tenu à rappeler la position de la République de Côte d’Ivoire suite au partenariat entre les rebelles et les forces onusiennes contre les forces régulières lors de la marche dite pacifique du rhdp le 16 décembre 2010. En effet, la Côte d’Ivoire a demandé par voie diplomatique le départ des forces onusiennes et des forces licornes et attend toujours une réponse par la même voie ». Le DNC n’en dit aucun mot !

Il y a aussi la marche des femmes à Abobo qui selon le DNC a été violemment réprimée sur ordre de Gbagbo faisant plusieurs femmes tuées

A.D.M: C’est l’évènement le plus extraordinaire pour le gouvernement Gilbert Aké N’Gbo. Le 3 mars 2011, reprenant mon téléphone cellulaire à la sortie du conseil des ministres vers 14h, je constate plusieurs appels en absence de divers journalistes. En tant que porte-parole du gouvernement, j’étais habitué aux appels de journalistes à chaque événement majeur. J’ai reçu immédiatement un nouvel appel de l’AFP me demandant des informations sur une marche des femmes à Abobo. J’étais le premier surpris mais le journaliste avait des détails sur le nombre de femmes prétendument tuées à l’arme lourde par les forces de défense et de sécurité (FDS). Je lui ai dit de me laisser le temps de m’informer. J’ai reçu successivement une dizaine d’appels de journalistes voulant en savoir plus. Je joins successivement le ministre de l’intérieur et le ministre de la défense. Ils n’étaient pas plus informés que moi.

De 14h à 18h, malgré notre insistance, aucun service de police, de gendarmerie et de l’armée n’a pu nous faire un compte rendu de la fameuse marche. C’est sur les réseaux sociaux qu’on découvre des images et videos amateurs montrant des femmes supposées mortes qui se relèvent comme dans un film en tournage et supposé relater les événements d’abobo. Mais la presse internationale qui demandait des preuves chaque fois qu’au nom du gouvernement je leur communiquais les exactions des rebelles, n’a pas pris la peine d’une moindre vérification des faits et passait déjà en boucle cette information sans fondement et accusait déjà le régime du président laurent Gbagbo.

Je lis un communiqué du gouvernement le 4 mars 2011 pour indiquer le caractère imaginaire de cet événement. Les journalistes de la presse internationale continuaient d’affirmer sans preuve le massacre de 7 femmes à l’arme lourde par le régime Gbagbo et ignoraient totalement notre point de vue. Les deux ministres en charge de la sécurité et de la défense étaient obligés de compléter le communiqué du gouvernement par une conférence de presse le 5 mars 2011. malgré ces démentis, la presse internationale continuait d’incriminer le régime. J’ai personnellement interpellé plusieurs journalistes sur le caractère partial de leur communication sur les événements. Certains ont été obligés de me montrer leurs dépêches expédiées à leur rédaction qui n’avaient rien à voir avec le compte rendu final des faits publiés par le siège de la rédaction. Ils exprimaient leur désarroi et les conflits avec leur direction qui tronquait délibérément les informations. D’autres correspondants ont été simplement mutés, mais nous ne les citerons pas ici par mesure de prudence pour eux.

Dès cet instant j’avais compris le parti pris de la presse surtout française et le complot qui se tramait contre le régime. C’est le sens du communiqué ci-dessous du 4 mars 2011 que j’ai lu à la presse nationale et internationale: « l’etat-major n’a envoyé aucun détachement à une quelconque manifestation à Abobo. Même dans un tel cas, aucun élément des forces de défense et de sécurité (FDS) ne peut tirer sur des femmes, car aucun ordre n’est venu de la hiérarchie militaire demandant de tirer sur des manifestantes non armées. En l’etat actuel des informations fournies par l’état-major des FDS, le gouvernement conclut donc à un complot ourdi par l’ONUCI, le RHDP, les rebelles et leurs mercenaires pour provoquer un choc émotionnel avant la réunion du panel (de l’UA) prévue ce vendredi 4 mars à nouakchott, en mauritanie.

Le gouvernement du premier ministre Aké N’Gbo n’est pas étonné de cette manoeuvre criminelle pour émouvoir la communauté internationale et justifier une attaque de l’ONUCI programmée contre la Côtte d’Ivoire. Le gouvernement rappelle que dans le cadre de ce complot recherché depuis longtemps, l’ONUCI a brandi, la semaine dernière, une attaque des FDS contre trois de ses agents à Abobo. L’enquête a révélé que l’information était fausse. Toujours la semaine dernière, l’ONUCI a accusé le gouvernement d’avoir violé l’embargo en recevant trois hélicoptères de guerre de type mi-24 du Belarus, cela aussi s’est avéré faux et l’ONU a reconnu, depuis New York, avoir été trompée par sa représentation en Côte d’Ivoire. N’oubliez pas aussi que dès le début de cette crise postélectorale, l’ONUCI a tenté de faire croire en l’existence de charniers en Côte d’Ivoire mais là aussi, cette lâche accusation s’est avérée fausse.

Aujourd’hui, comme tous ces manèges ont échoué, les rebelles, l’ONUCI et le RHDP ont fait tuer leurs propres manifestantes pour accuser le gouvernement et justifier d’éventuelles attaques en préparation contre la Côte d’Ivoire. Quoiqu’il en soit, l’état-major des FDS a été instruit à l’effet de diligenter une enquête sur ces crimes crapuleux contre des femmes. En attendant, l’assassinat de ces femmes vient confirmer toutes les tueries perpétrées par l’ONUCI, les rebelles et leurs mercenaires à abobo. Rappelez-vous que dans ce quartier, les éléments des FDS sont attaqués à l’arme lourde et tués par balles. Des civils sont brûlés vifs, atrocement découpés à la machette ou égorgés par les rebelles infiltrés.». De cela aussi, Bensouda ne fait aucun cas dans son DNC.

Bensouda fait aussi cas de l’attaque du marché d’Abobo sur ordre de Gbagbo ayant tué plusieurs civils.

A.D.M : La surprise était grande encore ce jour du 17 mars 2011 lorsqu’à la sortie d’un conseil des ministres, le porte-parole que je suis a été assailli une fois de plus par des demandes d’informations sur une prétendue attaque du marché d’Abobo par les fds (force de défense et de sécurité). Après plusieurs enquêtes des services des FDS, le gouvernement a fait ce communiqué du 20 mars 2011 : « le jeudi 17 mars 2011, en sortant du conseil des ministres, le Gouvernement a appris avec surprise que l’armée ivoirienne a tiré à l’arme lourde sur un marché dans la commune d’Abobo. Notre surprise était nourrie par le fait qu’Abobo n’était pas un théâtre d’opérations des forces de défense et de sécurité ce jeudi 17 mars et que ce quartier est devenu un lieu de confrontation de factions rebelles.

Le Gouvernement ivoirien a immédiatement diligenté une enquête sur les lieux, et après trois jours d’enquêtes, le Gouvernement ivoirien fait les constats suivants :

1.les obus trouvés sur les lieux ne font pas partie de l’arsenal militaire des forces de défenses et de sécurité de côte d’ivoire ;

2.aucun dégâts n’a été observé dans le marché ;

3.aucune mort n’a pu être présentée aux enquêteurs pour complément d’enquêtes jusqu’à ce jour.

C’est le lieu d’interpeller le peu de professionnalisme dont font preuve les journalistes des médias internationaux prompts à diffuser des informations non vérifiées et surtout lorsque cela dessert le Gouvernement de Côte d’Ivoire ; mais observent un mutisme injustifié lorsque des exactions sont commises par les terroristes. Le massacre des villageois du village d’Anonkoua-Kouté dans la même commune d’Abobo n’a point eu d’intérêt pour ces mêmes média, ainsi que des personnes égorgées, tuées a bout portant ou brulées vives lors de l’attaque de l’antenne de la radio télévision ivoirienne située dans la même commune.

Par contre des charniers inexistants, des mi 24 imaginaires, des attaques imaginaires, des forces de défense et de sécurité sont diffusés en boucle par ces mêmes médias. L’objectif poursuivi est de donner des arguments au conseil de sécurité de l’onu pour décider d’une intervention militaire contre le Gouvernement du président de la république son excellence monsieur Laurent Gbagbo avec la complicité de l’ONUCI qui continue de tromper la communauté internationale avec de fausses informations et le réarmement des terroristes qui massacrent au vu et au su du monde entier.

Le Gouvernement appelle les médias internationaux à plus d’impartialité et d’objectivité pour ne point se rendre complices des terroristes comme le sont déjà les Forces onusiennes et les Forces Licornes ; si non le Gouvernement les considérera comme le prolongement médiatique du terrorisme. Votre mot de fin ?

A.D.M : Il est surprenant que Laurent Gbagbo soit désigné comme auteur de ces crimes sous le clavier de Bensouda en lieu et place des donneurs d’ordre d’attaques et de bombardement des civils et des institutions de la Côte d’Ivoire à partir du 28 novembre 2010 et du 4 avril 2011 qui sont : Alassane Ouattara et le co-auteur indirect Nicolas Sarkozy. Les horreurs du génocide rwandais n’ont été découvertes qu’après la défaite des génocidaires. Pour éviter à la France le syndrome du Rwanda, le nombre de victimes en Côte d’Ivoire a été volontairement sous-estimé et la principale victime est devenue le bourreau pour faire du dilatoire et cacher la vérité. Et pourtant, il n’y a pas d’autres mots pour désigner l’extermination préméditée de 800 personnes sélectionnées sur la base de leur appartenance ethnique : Génocide des Wê dans l’ouest de la Côte d’Ivoire !

«C’est la france qui a fait le travail…on ira jusqu’au bout», disait Laurent Gbagbo lors de sa première comparution à la CPI. «Les gens ne peuvent être soudoyés ou forcés de changer leur histoire. Aucun pays n’est assez puissant – même s’il pense l’être – pour changer les faits », a déclaré en anglais le président rwandais lors de la cérémonie de commémoration du génocide rwandais le 7-04-2014 avant d’enfoncer, en français, «après tout, les faits sont têtus. Le temps écoulé ne doit pas occulter les faits, amoindrir les responsabilités ou transformer les victimes en méchants», a encore affirmé le chef de l’Etat rwandais.

Pour la Côte d’Ivoire, Bensouda et la CPI devront un jour répondre devant l’histoire des crimes et des faits gravissimes qu’elle cache volontairement dans le but de faire condamner un innocent pour des crimes imaginaires contre l’humanité ! Merci pour l’occasion que vous m’avez donnée de m’exprimer sur ce DNC qui tente vainement de confirmer le complot contre la Côte d’Ivoire.

Interview réalisée par

Koukougnon Zabril

Source: Notre Voie n° 4737

About admin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.