Avenir du Franc CFA: La France se dit prête à rediscuter et renvoie la balle du côté des pays africains

Avenir du Franc CFA: La France se dit prête à rediscuter et renvoie la balle du côté des pays africains

Les Ministres des Finances, les gouverneurs des banques centrales et les présidents des institutions régionales de la Zone franc se sont réunis vendredi 02 octobre 2015 à Paris-Bercy, sous la présidence de Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes publics. La rencontre rentrait dans le cadre de la deuxième réunion semestrielle des ministres des Finances de la zone Franc dans la capitale française. La première a eu lieu à Bamako, au Mali, en avril 2015.

Il a été principalement question, lors de la rencontre parisienne, des accords monétaires entre la France et les pays membres de la Zone franc. Mais aussi des enjeux climatiques en prélude à la COP21, des enjeux de l’intégration des marchés de capitaux en Zone franc, et la question de la lutte anti-blanchiment et contre le financement du terrorisme.

Interrogé sur la possibilité pour les pays africains de rediscuter des termes de l’accord de coopération monétaire qui lie les pays de la zone Franc à la France, Michel Sapin a déclaré que: «C’est un débat qui existe depuis que la zone CFA existe, que le franc CFA existe. Que ce débat soit porté par les uns et les autres est parfaitement légitime. Je comprends tout à fait que l’on cherche à voir les avantages et éventuellement les inconvénients en fonction des situations.».

Le ministre français en a profité pour donner la position de son pays: «Ce que je veux dire du côté français, c’est que nous, nous sommes dans un espace qui est un espace de volonté partagée. C’est un espace où chacun est respecté, où chacun peut apporter un certain nombre de solutions. La zone Franc ce n’est pas une zone figée, ce n’est pas une zone historique. C’est une zone qui est dynamique. S’il y a de la part des uns et des autres au niveau académique ou au niveau politique des propositions, et bien, nous en discuterons tous ensemble avec cet esprit de respect et d’égalité ».

Visiblement, la balle est renvoyée dans le camp des pays africains où des voix se sont souvent élevée pour critiquer cette monnaie des pays de la zone Franc qui disposent d’un peu plus de trois mille milliards auprès du trésor français. A la question de savoir si les pays africains de la zone Franc utilisent cet argent, le ministre des Finances et des Comptes publics français répond: «Oui, c’est une question qui est souvent posée, et qui doit interpeller les gouverneurs des banques centrales africaines et les gouverneurs de la banque centrale française. Ces réserves sont indispensables pour les pays africains pour pouvoir permettre en fonction des évolutions au jour le jour ou au mois le mois, de faire face à tel ou tel besoin, par exemple payer les importations à l’extérieur. Donc, ce n’est pas de l’argent confisqué, ce n’est pas de l’argent mis de côté. C’est l’argent qui peut être mobilisé à tout instant pour faire face aux besoins des économies africaines ».

Le Cameroun était représenté à cette rencontre par Alamine Ousmane Mey, ministre des Finances de la République du Cameroun, par ailleurs, président en exercice du Comité ministériel de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC). La zone Franc comprend outre la France, 15 pays africains. Huit d’entre eux composent l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA): le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Six autres constituent la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC): le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad.

Onana N. Aaron

Source: Cameroon-Info.Net
________________________

Lire également:

Idriss Déby appelle l’Afrique à “frapper sa propre monnaie” et à se débarrasser du Francs CFA

Kako Nubukpo, un économiste togolais réclame le retour des 3.000 milliards de FCFA logés au trésor français à la BCEAO

 

About Tjefin

2 comments

  1. À MORT LE FRANC DES COLONIES FRANÇAISES D’AFRIQUE (FRANC CFA) ET CE N’EST PAS NÉ-GO-CIA-BLE, MERDE À LA FRANÇAFRIQUE.

  2. Njonji Eyoum-Ebele

    VERS LA FIN DU MYTHE FRANC CFA
    Jusqu’á quand devrions-nous encore baisser la tête?
    Jusqu’á quand devrions-nous continuer á supporter une telle infamie?
    Jusqu’á quand devrions-nous attendre pour voir le bout du tunnel?
    Combien de temps faut-il encore pour réveiller la conscience de l’élite dirigeante?
    Combien de temps faut-il encore au peuple pour faire entendre sa voix et conquérir cet autre attribut de souveraineté?
    Faut-il encore donner du temps au prédateur de nous embrigader résolument dans une négociation sans issue?
    Combien de temps faut-il enfin pour comprendre qu’il ya un temps pour subir et supporter, un temps pour apprendre et comprendre et un temps pour agir et se libérer?
    La deuxiéme réunion semestrielle des Ministres des Finances de la Zone Franc tenue en France á Paris-Bercy le 02 Octobre 2015 a été la bienvenue. Elle a offert un plateau en or aux pays concernés et leur a enfin donné la possibilité de prendre leur responsabilité et leur engagement en se prononcant pour la sortie définitive ( individuelle ou collective ) de cette zone monétaire ou pour le maintien á travers de nouvelles négociations sans issue.
    Cinquante cinq (55) ans aprés les indépendances, l’Afrique francophone se trouve á nouveau confrontée á ce quitte ou double, á cette interrogation piége qui doit une fois de plus déterminer son destin.
    Le mauvais choix d’hier de nos prédécesseurs, les péres de l’indépendance doit nous servir de guide et nous interdire de tomber á nouveau dans le piége du prédateur.
    Oú a-t-on vu un lion affamé , manger le pére et épargner l’enfant? Quel est ce pére de famille conscient et responsable qui laisserait á son voisin la gestion de son salaire mensuel?
    La déclaration de Michel Sapin, Ministre des Finances et des Comptes de la France est une insulte, un mépris et enfin une duperie auprés des pays africains concernés par la question.
    Cependant, cette déclaration n’est pas anodine. Le ministre francais est parfaitement conscient de l’animosité qu’ont les peuples concernés vis-á-vis de la France. Et en fin stratége, il pourra subtilement anticiper les négociations secrétes ( si elles n’ont pas encore été déjá engagées ) á travers des accords bilatéraux pour le maintien du Franc CFA.
    C’est sans nul doute ce qui explique le mutisme qu’affichent la majorité des Chefs d’Etat, leurs ministres en charge et même les responsables des partis politiques de l’opposition.
    Cette situation est inquiétante. Elle est la parfaite illustration de leur manque de prospective, de courage et la preuve suffisante qu’ils agissent á contre courant des intérêts des peuples qu’ils gouvernent.
    Le temps de l’action est proche. Il est court. Il est certain que le silence ambiant de l’élite dirigeante servira de catalyseur du réveil citoyen oú le peuple souverain va devoir faire entendre sa voix.
    Les élections de 2015 et á venir serviront d’électrochoc, de test pour ceux et celles qui voudront aspirer á la magistrature suprême. Leurs programmes et leurs projets de société devront préalablement intégrer cette dynamique á savoir la sortie définitive de cette zone monétaire par l’abandon du Franc CFA. Ils devront en outre penser de nouveaux accords de partenariat gagnant-gagnant avec la France ainsi que d’autres pays dans le monde.
    Ce message devra être relayé dans les quartiers, les villes, les villages jusqu’aux coins reculés de nos campagnes.
    En conséquence, l’adhésion des masses populaires devra dorénavant se diriger non plus á un candidat du village, de la ville, de la région, de la même ethnie mais plutôt vers ceux et celles dont les programmes intégreront les valeurs et idéaux qui garantissent la marche vers le développement.
    Il est temps de lever la tête, l’Afrique francophone est debout et résolument engagée d’aller vers le progrés et mettre définitivement un terme á l’utilisation du Franc CFA.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*