Bataille des ‘’vivants’’ autour des ‘’morts’’ dans le District d’Abidjan

Bataille des ‘’vivants’’ autour des ‘’morts’’ dans le District d’Abidjan

La tension est vive depuis début février entre la société Ivoirienne de sépulture (Ivosep), la principale entreprise de pompes funèbres en Côte d’Ivoire, depuis les indépendances et les sociétés privées du secteur qui se livrent à une bataille pour le contrôle des ‘’morts’’ dans le District d’Abidjan.

C’est la note directive d’Ivosep, en date du 25 janvier 2017 qui met le feu aux poudres. Sous la signature du Directeur général adjoint, Mme Diagne M’bengue, Ivosep exhume une ‘’convention’’ avec le District d’Abidjan, depuis 1966, lui concédant ‘’l’exclusivité de la gestion extérieure du service de pompes funèbres’’.

En application de ladite convention, Mme M’bengue demande aux conseillers funéraires d’Ivosep pour le réseau d’Abidjan de veiller à ce que ‘’toutes les familles doivent prendre nos cercueils. De même, toutes les inhumations dans les cimetières du District d’Abidjan devront être effectuées par nos corbillards’’, indique la note.

L’application ‘’stricte’’ de la convention qui prend effet ‘’à compter du 6 février2017’’, expose tout conseiller funéraire contrevenant à cette ‘’mesure’’ à des ‘’sanctions sévères’’, prévient le Directeur général adjoint. Cette note alerte les industriels des pompes funèbres privées et les familles des défunts.

Si les premiers y voient une manœuvre d’Ivosep pour leur retirer ‘’notre pain de la bouche’’, les seconds dénoncent ‘’cette manière de nous imposer les produits (corbillards, cercueils) aux prix insupportables du fait du monopole de cette société délaissée au profit des entreprises privées de pompes funèbres’’.

Face à la menace qui plane sur leurs emplois, le Syndicat National de Pompes Funèbres de Côte d’Ivoire (SYNAPOFUCI) décide d’engager des négociations avec Ivosep, surtout que le syndicat fait prévaloir à son tour un ‘’contrat’’ entre les deux parties.

Selon Boniface Kouamé, le président dudit syndicat, depuis 2004, ‘’nous payons à Ivosep 23.600 FCFA pour un corbillard et 15.000 FCFA pour un cercueil qui rentrent dans les Centres Hospitaliers Universitaires et dans toutes les morgues d’Abidjan’’, ajoutant que ce partenariat de tacite accord, ‘’toujours en vigueur’’, vient d’être unilatéralement rompu par Ivosep qui ‘’ interdit les pompes funèbres privées de rentrer dans les CHU et morgues d’Abidjan’’.

A la table de négociations, Ivosep propose un ‘’contrat de sous-traitance’’ aux pompes funèbres privées qu’elle va ‘’choisir’’ rapporte Euloge Oulaï, propriétaire de pompes funèbres à Yopougon et participant aux discussions.

‘’ Nous voyons venir les responsables d’Ivosep qui ont rejeté notre proposition de leur livrer un certain nombre de cercueils par mois, 200, 300 parce qu’ils savent que cette société ne peut pas écouler la moitié dans le mois‘’, peste M. Oulaï.

Pendant que les négociations se poursuivent pour harmoniser les différentes positions, des affiches dans les trois CHU et morgues du District d’Abidjan interdisent l’accès à compter du 1er mars 2017, aux corbillards et cercueils des pompes funèbres privées. C’est la goutte d’eau qui déborde le vase. Les industriels des pompes funèbres privées observent, les 2 et 3 mars derniers, une grève (une première) pour protester contre la ‘’décision’’ d’Ivosep.

Le District d’Abidjan saisi de l’affaire tente depuis une semaine de concilier les deux parties. Des propositions, selon des sources proches du District ont été faites aux entrepreneurs des pompes funèbres qui entendent rendre compte à leurs bases.

Source: APA

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