Bédié, Soro, la France et l’Onu ont-ils lâché Ouattara ?

Bédié, Soro, la France et l’Onu ont-ils lâché Ouattara ?

La Côte d’Ivoire est en proie depuis le 5 janvier 2017 à des remous militaro-sociaux.

Après les humeurs des soldats de Bouaké, humeurs qui ont paralysé tout le pays durant près d’une semaine, on observait une grève généralisée des fonctionnaires. Et si le gouvernement a pu arrêter l’hémorragie sans guérir définitivement la plaie, celui-ci a encore jusqu’au 15 de ce mois pour honorer ses engagements vis-à-vis des fonctionnaires et encore 7 mois pour fermer la parenthèse de paiement des primes des insurgés de Bouaké.

Mais au moment où la population semblait respirer une bouffée d’oxygène, cette fois ce sont les forces spéciales, le dernier rempart du pouvoir d’Abidjan qui se révoltent en posant les mêmes revendications que leurs frères d’armes de Bouaké. Et si le calme est revenu à Adiaké et dans les autres localités où sont cantonnées ces forces armées, il va s’en dire que la façon de satisfaire à ses revendications est sujet à en provoquer d’autres plus tard. Une vraie épée de Damoclès sur la tête des ivoiriens. C’est pourquoi, nous au Collectif des Démocrates Ivoiriens (CDI) nous exigeons qu’une solution globale soit trouvée pour ramener définitivement la paix en Côte d’Ivoire.

Aussi, en tant que ancien militaire et président du CDI, je partage entièrement l’opinion du Dr Eddie Guépié, politologue et enseignant-chercheur à l’université Péléforo Gon Coulibaly de Korhogo et qui soutient pour sa part que « quand vous regarder ces 8400 soldats qui se mutinent aujourd’hui, ils sont tous d’une seule partie du pays. Ils ont été tous recrutés dans les rangs de l’ex-rébellion. Donc, cela entache profondément l’unité en elle-même de l’armée. C’est un problème. La formation est faite de façon complaisante (…) Ils peuvent être des guerriers, ils peuvent être braves, mais pas des militaires, ils ne savent pas ce que s’est d’être militaire. Ils ont été recrutés avec complaisance ».

Effectivement en Côte d’Ivoire, le problème de ses mutins n’est pas lié à la conjoncture économique, mais au manque de formation. C’est pourquoi, en même temps que l’état trouve des solutions ponctuelles, il doit mettre en place une vraie réforme dans l’armée. En nous débarrassant de tous ceux qui n’auront pas finalement le niveau requis pour appartenir à une armée régulière dans un pays de droit. Pour y arriver, le président Alassane Ouattara doit renouer avec la confiance certes des hommes en armes mais et surtout avec Guillaume Soro qui maitrise encore une bonne partie, Henri Konan Bédié qui a été président de la Côte d’Ivoire et qui a encore des soutiens au sein de notre armée, avec l’ONU et la France dont la présence des forces militaires dans notre pays dissuade et peut jouer un rôle important de maintien de l’ordre et de paix dans un pays encore fragile.

Malheureusement, c’est au moment où l’Etat a le plus besoin de ces partenaires qu’ils plient bagages. Crise de confiance ? Si à l’intérieur, Guillaume Soro et Bédié inquiètent par leur silence, à l’extérieur, après l’annonce de la France de ne plus intervenir dans les affaires ivoiriennes, c’est l’ONUCI qui s’apprête à faire ses adieux à la Côte d’Ivoire. Laissant Ouattara et son gouvernement seuls face cette vague de crise dont on ne sait pas encore l’épilogue. Enfin, le CDI se tient aux côtés des populations ivoiriennes, seules perdantes dans cette nouvelle crise de confiance entre d’anciens alliés et appelle le président de la république, le vice président, le premier ministre et l’ensemble du gouvernement à tout mettre en œuvre pour garantir la quiétude des populations.

Séa Gastien Jules, président du CDI (collectif des Démocrates ivoiriens)

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