Bernard Houdin, porte-parole adjoint du président Laurent Gbagbo: «Le président Gbagbo est candidat. Celui qui raconte qu’il ne l’est pas est un menteur»

Bernard Houdin, porte-parole adjoint du président Laurent Gbagbo: «Le président Gbagbo est candidat. Celui qui raconte qu’il ne l’est pas est un menteur»

Alors que les partisans de Pascal Affi N’guessan, lui-même en tête, continuent de disqualifier dans l’opinion nationale la candidature du Président Gbagbo à la présidence du FPI, la décrivant comme une manipulation de ses adversaires internes qui auraient peur de l’affronter, son porte-parole adjoint Bernard Houdin a expliqué hier, lors d’un entretien téléphonique, que ceux qui tiennent de tels propos sont tout simplement des menteurs parce que Gbagbo est bel et bien candidat.

« Le président Gbagbo est candidat et celui qui raconte qu’il ne l’est pas est un menteur », affirme-t-il. En d’autres circonstances, une telle mise au point aurait suffi. Mais il en faut plus pour assagir le président du FPI et ses partisans qui assurent que ce n’est pas vrai de penser que Gbagbo est candidat à la présidence du FPI. Sûr sans doute de ne pouvoir faire de poids devant l’ancien président de la république, et après avoir affirmé en de maintes occasions que le but de son action consiste à accélérer la libération de l’ancien chef de l’Etat, le camp Affi est désormais dans le déni. « Si Gbagbo était candidat, il me l’aurait annoncé lui-même », avance en effet le président du FPI, lui qui est candidat à sa propre succession et qui est accusé,depuis des mois, de chercher à tourner la page de l’ancien président de la république.

Pour exister, Affi N’guessan a donc trouvé sa stratégie : botter en touche ou refuser de voir. Son aveuglement est d’ailleurs si prononcé qu’il a considéré la présence du fils aîné Michel Gbagbo à la cérémonie de dépôt de la candidature de son père comme un autre aveu d’instrumentalisation. « Quatre fédéraux et son fils sont allés la déposer (la candidature de Gbagbo) mais on voit bien que les gens veulent utiliser Gbagbo parce qu’ils ne veulent pas m’affronter », se défend Affi.

Quant à la dernière sortie de Me Emmanuel Altit dont les plaidoiries furent des viatiques de choix pour ses double-discours, plus personne dans son camp n’en parle aujourd’hui et aucune allusion directe à l’avocat de Gbagbo n’est acceptée.

La vérité est qu’ Affi N’guessan ne peut pas se payer une défiance ouverte contre Gbagbo. Ses propres partisans ne le lui pardonneraient pas. Alors, il choisit d’être l’homme qui ne voit pas. Et sa stratégie semble payante puisque le débat sur les pièces à fournir continue de donner du grain à moudre à ses partisans.

Ses proches collaborateurs sont d’ailleurs à l’origine de la polémique dans la presse sur des pièces qui manqueraient au dossier de l’ancien président. En cause, en particulier, la déclaration de candidature. Le président du FPI est persuadé que la peur de la CPI va décourager le Président Gbagbo de faire acheminer une déclaration manuscrite dans laquelle il ferait officiellement acte de candidature. « Le dossier du président est déposé », répond Bernard Houdin. Tant pis donc pour ceux qui ne veulent pas croire. A commencer par ceux qui affirment que c’est une rumeur. En tout cas, s’agissant de la détermination de l’ancien président à prendre la tête du FPI, Bernard Houdin sait de quoi il parle. « J’étais avec le président mercredi dernier et si les gens s’imaginent qu’on dépose le dossier de Gbagbo pour s’amuser,ils se trompent »

Pour lui, les enjeux de cette élection dépassent la personne de Pascal Affi N’guessan. « Le problème, ce n’est pas Affi. Il faut libérer le Président Gbagbo et cela passe par l’acte politique ». Il s’agit donc de montrer à travers le prochain congrès du FPI que le Président Gbagbo est non seulement « le président légitime » du parti mais que la communauté internationale ne peut pas le contourner dans la recherche de solution politique en Côte d’Ivoire.

Les choses étant ainsi claires, les adversaires de Gbagbo doivent se faire connaître. « Ceux qui ont l’indécence de se présenter contre Gbagbo n’ont qu’à le dire » plutôt que de chercher à démontrer qu’il n’est pas candidat. Mais ces candidats-là devront s’attendre à perdre. « On ne va pas échouer avec le nom de Gbagbo », s’enflamme Bernard Houdin, ajoutant que dans tout ce que les partisans de la candidature de Gbagbo font, « il y a la volonté du président derrière ».

Ce mercredi, le président du FPI, candidat à sa propre succession dépose à son tour sa candidature au QG du FPI suivi d’une déclaration. Signe que la confrontation que beaucoup de militants ne veulent pas aura lieu. Affi N’guessan a d’ailleurs débuté, depuis hier, une campagne médiatique anticipée dans la presse alors que le comité de contrôle n’a pas encore formellement identifié les personnes autorisées à être candidat. « Il viole les statuts et règlements du parti », sursaute un de ses détracteurs pour qui le président du FPI est dans sa logique de coup de force permanent.

Sévérine Blé

Aujourd’hui

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