Berté Idrissa, SG de la fédération FPI de BouaKé-Gbêkêkro : « Nous allons récupérer de nombreux déçus du RDR» | eburnienews | Diaspora ivoirienne | Actualité Politique | Diaspora africaine en France Berté Idrissa, SG de la fédération FPI de BouaKé-Gbêkêkro : « Nous allons récupérer de nombreux déçus du RDR»
Berté Idrissa, SG de la fédération FPI de BouaKé-Gbêkêkro : « Nous allons récupérer de nombreux déçus du RDR»

Berté Idrissa, SG de la fédération FPI de BouaKé-Gbêkêkro : « Nous allons récupérer de nombreux déçus du RDR»

Berté Idrissa est le nouveau secrétaire général de la fédération FPI de Bouaké-Gbêkêkro. Dans cet entretien, il dit ses ambitions pour son parti.

Notre Voie: Après une grave crise qui a sérieusement secoué le FPI, n’avez-vous pas peur de diriger une structure de ce parti ?

Berté Idrissa : Rassurez-vous, je n’ai pas peur parce que mon lien avec le FPI a une histoire. J’ai milité à la FESCI et je fais partie des élèves qui ont été exclus de toutes les écoles de Bouaké. J’ai fait le boycott actif du FPI en 1995.

N.V. : Vous venez donc de loin avec le FPI?

B. I. : Effectivement je viens de loin avec le FPI. Malheureusement quand le parti a pris le pouvoir, nous avons été oubliés. Mais nous sommes toujours restés attachés à notre parti. Nous avons fait la campagne de Laurent Gbagbo. Dans la crise post électorale, j’ai été lynché au niveau de l’école Bassa et j’ai été obligé de fuir pour me cacher dans des villages. Cette tempête est passée. Le parti est agonisant parce que tous ceux qui ont profité du parti nous ont abandonnés pour fuir. Moi je ne peux pas renoncer à la lutte avec le FPI. Que voulez-vous que je fasse si je ne reprends pas la lutte. Où voulez-vous que je parte si je ne milite pas dans ma famille politique? Actuellement je suis candidat unique. Mais je vous jure que si le parti était au pouvoir, nous serions nombreux à nous battre pour cette fédération.

N.V. : C’est un sentiment d’amertume qui vous anime à vous entendre parler ?

B. I. : Oui j’ai un sentiment d’amertume. Je suis malinké et on m’a toujours insulté sous prétexte que je n’ai rien gagné au FPI quand Gbagbo était au pouvoir. Mais je n’écoute pas ce discours car je suis un enfant du FPI. C’est pour cela que je prends la fédération de Gbêkêkro pour la faire renaître. C’est une fédération qui est morte. Mon ambition est de relever le FPI à Bouaké.

N.V. : Quel est votre plan d’action pour faire renaître la fédération que vous dirigez désormais ?

B. I. : Mon plan d’action est de travailler principalement avec les jeunes pour mobiliser pour le FPI. Nous allons mobiliser et travailler avec les jeunes qui ont la même conviction que nous. J’insiste sur la conviction parce qu’après les la période douloureuse des élections quand on appelle des militants, ils posent des problèmes de transport. Mais moi je ne peux pas payer le transport de quelqu’un. Le militantisme c’est du bénévolat et le militant du FPI doit comprendre cela. Celui qui a la conviction et qui milite au FPI ne peut pas demander qu’on paye son transport. C’est cette éducation et formation politique que nous avons reçues du parti.

N.V. : Est-ce que votre raisonnement et votre manière de voir le militantisme comme du bénévolat ne sont-ils pas de nature à faire fuir les militants ?

B. I. : Nous ne chassons personne au FPI. Mais le tri se fait de façon naturelle. Celui qui vient militer au FPI avec l’idée d’être récompensé, reparte de lui-même parce qu’il n’a pas la conviction.

N.V. : Depuis 2002 la ville de Bouaké est sous occupation de la rébellion armée. Est-ce vous ne craignez de militer dans une ville qu’on peut juger hostile à votre parti ?

B. I. : Avoir peur de quoi? Dans la vie on meurt une seule fois. Moi j’ai déjà construit et ma femme et mes enfants sont là. Si des gens pensent que c’est ma mort qui va les rendre plus heureux, alors je n’ai pas de souci à me faire pour ça.

N.V. : Vous n’êtes pas menacé à Bouaké ?

B. I. : Pour le moment je ne suis pas menacé. J’ai été menacé pendant les élections. Mais je suis encore là pour poursuivre le combat du FPI.

N.V. : Quelle est votre priorité après votre élection ?

B. I. : ma priorité c’est refonder la fédération FPI. Je compte créer de nouvelles sections. Et remplacer ceux qui n’ont pas de conviction dans le militantisme. Et surtout mettre à des postes des personnes sûres et qui militent sans calcul.

N.V. : Le FPI n’est plus au pouvoir. Est-ce que dans une telle position, vous pouvez facilement recruter de nouveaux adhérents ?

B. I. : Il y a toujours des déçus en politique. Il y a de nombreux déçus du RDR que nous allons récupérer. nous nous voyons chaque jour. Ils sont déçus et ces militants RDR m’envient dans ma situation d’opposant. Avant la crise j’avais une mobylette. Et après la crise, j’ai une voiture. Donc ils veulent savoir mon secret. Il y a des déçus au RDR du fait du copinage. Parce que toutes les listes que ces militants envoient à Abidjan ne sont pas prises en compte. Aujourd’hui nous connaissons des gens qui ont combattu pour Ouattara et qui sont déçus. Mois je suis né à Bouaké. J’ai tout fait à Bouaké et mon père, Siaka Berté a ét député à Bouaké au temps d’Houphouët.

Interview réalisée à Bouaké

Par Benjamin Koré

Source: Notre Voie

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