Blé Goudé : « Je tiens et je suis prêt à affronter toutes les épreuves »

Blé Goudé : « Je tiens et je suis prêt à affronter toutes les épreuves »

Chaude journée que celle vécue hier par les Ivoiriens aux alentours du tribunal de 1ère instance d’Abidjan-Plateau. Et cela, en raison de la convocation, ce jour, devant les juges, de Charles Blé Goudé et de ses avocats. Bien que l’information n’ait pas été divulguée au grand public, celle-ci a néanmoins circulé de bouche à oreille dans les cercles de l’opposition ivoirienne. Si bien que de nombreux ivoiriens se sont amassés dès les premières heures de la matinée autour du palais de Justice. Les uns, pour crier leur indignation devant la décision des autorités ivoiriennes, de transférer le président du Cojep, les prochaines heures à la CPI et les autres, pour réconforter ce dernier avant le grand voyage de la Haye.

A mesure que les heures passaient, le monde grossissait, causant ainsi bien des soucis aux forces de l’ordre qui avaient déployé un dispositif dissuasif dans le périmètre. Un dispositif qu’ils renforceront du reste, vers 11H, vu la mobilisation d’en face. Et malgré les provocations et autres intimidations des policiers, la foule restait fort déterminée.C’est finalement aux environs de11h30 mns, que Charles Blé Goudé, escorté par des hommes en armes arrive au palais de justice du Plateau. Il porte sur la tête, une sorte d’écharpe qu’il enleve une fois au lieu dit. Le « Général de la rue » laisse voir un visage amaigri et mangé par une barbe de plusieurs jours, contrairement aux dernières images diffusées par le gouvernement ivoirien » L’adrénaline monte et la colère est à son comble dans les rangs des manifestants, qui veulent voir et même toucher le jeune leader.

L’épouse de ce dernier, qui, jusque-là, observait un sit-in en plein milieu de la voie entre le Palais de Justice du Plateau et l’Assemblée nationale, pour dénoncer, protester contre la déportation de son mari tente un suicide en se balançant au devant de véhicules pourtant lancés à vive allure. Elle est freinée par les forces de l’ordre qui la molestent et la dégagent brutalement. Mme Angeline Kili subira le même sort. Quant à Justin Koua de la JFPI et Martial Yavo, ils seront interpellés par la police pour diton, trouble à l’ordre public. Dans la foulée, les policiers jettent du gaz lacrymogène pour non seulement couvrir leur forfait mais aussi et surtout, pour disperser la foule devenue entre temps, compacte.

Quand Blé met pied à terre, les agents commis à sa surveillance resserrent leur étau pour empêcher ‘’Grégoire Zadi Gbapê 1er’’ de communier avec le nombreux public. Mais avec audace et détermination, il se défait de ses chiens de garde en criant : “Laissez moi!!!!” Puis, il avance d’un pas assuré et lève le bras pour saluer la foule qui se met aussitôt à scander son nom: “Blé Goudé!!! Blé Goudé!!! Blé Goudé!!! Le patron du Cojep profite pour glisser cette phrase terrible à l’un de ses très proches : «Dis aux amis que moralement, je suis fort, je tiens et je suis prêt à affronter toutes les épreuves. » Un moment d’intenses émotions qui déclencha des cris et pleurs dans la foule.

Une atmosphère électrique que craignent les forces de l’ordre qui réajustent leur dispositif. Ils décident ainsi de bloquer la voie du stade FHB qui donne sur le Palais de Justice. Cela n’intimide pas pour autant, les patriotes, attroupés par petits groupes, pendant que les FRCI multiplient les patrouilles à bord de véhicules de type 4×4, après avoir élargi leur champ d’action désormais à la clôture du ‘’Félicia.’’ De l’autre côté, ils repoussent la foule jusqu’au niveau de l’arrêt des bus adossé aux maquis du CCIA. Mais peine perdue, les gens reviennent aussitôt après. Pendant ce temps, à l’intérieur du Palais de justice, l’audition de Blé Goudé a cours. Celle-ci durera près de 5h d’horloge.

L’on saura, par la suite, à la sortie d’audience que les débats ont achoppé plus d’une fois sur les questions de procédure. A titre d’exemple, confie notre source, un avocat non membre du collectif officiel des avocats de Charles Blé Goudé a été convoqué à l’audience de la chambre d’accusation. Une convocation qui aurait du reste surpris ce dernier. Interpellé sur la question, l’homme n’aurait, au final, pas participé au débat. Ce, après de chaudes empoignades juridiques entre l’accusation et la défense, qui a occasionné entre temps, un blocage de plusieurs minutes.

Notons qu’avant l’audition, Le collectif d’avocats a exigé et obtenu une rencontre préalable avec son client, afin de lui apporter son assistance. Un entretien qui a mis du temps à démarrer, du fait de la présence des forces de l’ordre dans la salle d’audience. Finalement celui-ci aura lieu tout comme l’audience qui suivra et sera rythmée de pauses et autres blocages. L’audition prendra fin peu après 17 heures avec la notification de l’ordre de transfèrement du leader des ‘’jeunes patriotes’’ à la Haye. Un voyage qui pourrait intervenir dans les prochaines heures. Pour s’opposer au transfèrement, plusieurs dizaines de jeunes avaient commencé hier, en fin d’après midi, à converger vers l’aéroport FHB d’Abidjan-Port-Bouët.

Ulcéré par la tournure des évènements, Bly Roselain, le président intérimaire du Cojep, a tonné en ces termes : « Face à cet acharnement contre les pro-Gbagbo, le gouvernement ivoirien veut-il pousser les Ivoiriens à la révolte ? Le silence du peuple face à la tyrannie, à l’oppression, à cette justice partiale, parcellaire et asymétrique durera jusqu’à quand ? » Hier, jusqu’au moment où nous mettions sous presse, Justin Koua et Martial Yavo étaient toujours retenus à la préfecture de police. Pour rappel, intervenant sur les antennes de RFI, Coulibaly Gnénéma, Garde des Sceaux, ministre de la justice et des libertés publiques, justifiant le feu vert du gouvernement à la CPI, s’agissant du cas Blé Goudé, a soutenu que le jeune leader avait successivement, introduit l’usage de la machette à la FESCI, donc à l’Université ; fait fermer, en 2007 (sic) les entreprises étrangères et demandé de s’attaquer aux ressortissants occidentaux et invité à caillasser, en 2010, les véhicules de l’Onuci dans les rues d’Abidjan. Et que tous ces torts causés à la communauté internationale font que celle-ci peut le juger.

Décidément, , on aura tout vu en Ouattaradie !

Source: Aujourd’hui

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