Bouaké : L’impossible exorcisme des esprits? (Par Habib Amoussa)

Bouaké : L’impossible exorcisme des esprits? (Par Habib Amoussa)

Deux semaines et 4 jours après l’attaque simultanée des 3 grandes villes du pays le 19 septembre 2002 (Abidjan, Korhogo et Bouaké), les FANCI contrôlent la moitié sud du pays (abidjan et yamoussoukro, cette dernière n’ayant pas été attaquée par hasard ou volontairement ou à cause de ses attributs la basilique notamment qui sait…).

Les rebelles contrôlaient déjà Bouaké et Korhogo ou, ils n’ont rencontré que peu de résistance ; la compagnie territoriale de Korhogo (CTK) ayant été vite maitrisée devant la faiblesse des équipements et la puissance de feu des assaillants. Le colonel Dali Oblè (commandant de la compagnie territoriale de Korhogo) ainsi, que le capitaine Atchori Esmel (paix à son âme et ceux de ses hommes), commandant du peleton mobile de Korhogo ayant étés exécuté eux, leurs hommes ou tous ceux qui ont tenté de résister ; il en était ainsi vu la faiblesse en dotation et le peu de munitions qu’ils avaient.

La reconquête de bouaké obéissait à un double objectif : empêcher les forces rebelles d’avoir un point central pour leurs actions de déstabilisation ; deuxio avoir de plein pied dans la pays baoulé pour pouvoir aisément mener une tentative de reconquête ou d’être en position de force en cas de négociation. Cette opération fut préparée et menée de bon bout avec pour aboutissement son début le 6 octobre 2002 ; les axes d’attaques étaient les suivants :

– par le sud par Bomizambo (le village de Germain Coffi GADEAU) par des FUMACO (Fusiliers Marins Commandos) de Boniface KONAN

– par l’est par M’bahiakro par les hommes général Détho LETHO du BCP (Bataillon Commando Parachutiste

– par le sud par N’djébonoua par (encore) les FUMACO de Boniface KONAN.

En prévision de cette contre attaque, 10 Tonnes d’armes de tout genre sont déversés par un antonov à l’aéroport de yamoussoukro la veille; c’est dire la volonté du président laurent gbagbo de reconquérir cette ville.

Aux premières lueurs du jour, ce 6 octobre 2002, l’attaque est lancée. Les premiers verrous rebelles tombent rapidement, la résistance attendue par les FANCI n’en est pas une, les FUMACO de konan et ceux de detho prennent l’ensoa et le camp commando rapidement ; à 16h de la journée, le capitaine abéhi appele au téléphone le ministre de la défense de l’époque, lida kouassi moïse lui annonçant que, ses hommes et lui sont au centre ville en plein rafraichissement. La nouvelle fait rapidement le tour des ménages alors que le ratissage n’est pas terminé.
Les rebelles ayant fui devant la puissance, la précision et la coordination de l’attaque s’enfuient, les plus chanceux et audacieux laissent armes et treillis pour se fondre la population, en quête d’informations ou pour se terrer en cas de victoire annoncée ; d’autres s’enfuient sur la route menant à katiola, seul chérif ousmane et quelques uns de ses hommes continuent néanmoins à combattre. Il faut signaler au passage, l’évacuation totale des ressortissants français et étrangers de bouaké par les forces françaises avant cette opération.

Intervient à ce moment précis une confusion qui ne dis pas son nom : des hommes embusqués, probablement des snipers ciblent les commando présents au centre ville de bouaké du général détho létho et ceux d’abéhi, tuant un des leurs et blessant d’autres. Le ratissage étant attendu par du renfort militaire devait venir soit par les airs soit par les rails ; en lieu et place des munitions tant attendues, arriveront plutôt….des conserves de sardines et de l’eau. Les ex rebelles fondus dans la masse vont, prévenir leurs frères d’armes de cet fait hautement inatendu.
Cet événement incompris et hasardeux, précipite le retrait des forces de détho letho qui ne veut pas perdre des hommes en plus, les FUMACO de boniface étant sous le feu de tireurs embusqués décrocheront eux aussi . Certains militaires du rang n’ayant pas eu l’information à temps se retrouveront piégés au centre ville, précisément au quartier air France, ou les rebelles ayant eu vent du manque de munitions reviennent en force depuis katiola et environs et font un véritable carnage, « le carnage du quartier air France ».

C’est donc la mort dans l’âme que, les FANCI replient de leurs positions initiales et laissent (une nouvelle fois) bouaké aux mains des rebelles au soir du 6 octobre 2002 ; le 9 octobre 2002, le MPCI annonce avoir repris toute la ville de Bouaké et environs.

Ces évènements laissent présager des hypothèses :

1- y a t’il eu traitrise dans la chaine de commandement ?

2- les positions des FANCI ont’elles été dévoilés aux rebelles ??si oui par qui ??

3- pourquoi le ravitaillement en armes et munitions a-t-il été remplacé par des « boites de sardine et de l’eau » ??

4- depuis déjà le 22 septembre 2002, des avions et hélicoptères de guerre nigérians étaient stationnés à l’aéroport d’abidjan, prêts à intervenir à la demande des autorités pourquoi ; celles-ci n’ont pas été utilisées ??autant de questions que cette crise de finira pas de nous dévoiler….

Habib Amoussa

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