Boubacar Koné: Les Ivoiriens «très sceptiques» face à la nouvelle Constitution

Boubacar Koné: Les Ivoiriens «très sceptiques» face à la nouvelle Constitution

En Côte d’Ivoire, c’est officiel, le référendum pour une nouvelle Constitution aura lieu le 30 octobre 2016. Avant-hier, mardi 11 octobre, les députés ont approuvé le projet à une très large majorité. Il est vrai que, depuis son boycott de décembre 2011, le Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo n’est pas présent à l’Assemblée nationale. Boubacar Koné est actuellement le Premier secrétaire général adjoint de la tendance pro-Gbagbo du FPI. En ligne d’Abidjan, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

RFI : Qu’est-ce que vous pensez du projet de nouvelle constitution ?

Boubacar Koné : Les Ivoiriens sont dans leur ensemble très sceptiques, parce que le régime du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), qui est au pouvoir en ce moment, n’est pas du tout crédible. La première raison, c’est que ce régime n’a pas habitué les Ivoiriens au respect de la loi en général et de la Constitution en particulier. Juste quelques petits exemples rapides. La constitution de 2000 interdit que le président de la République soit en même temps président d’un parti politique. Monsieur Ouattara demeure à ce jour, après six longues années passées au pouvoir, président du RDR, le seul parti politique en Côte d’Ivoire qui est armé, en violation de toutes les dispositions légales. Secundo, à la date d’aujourd’hui, le chef de l’Etat refuse de déclarer son patrimoine alors que la constitution l’y oblige. Enfin, la coalition au pouvoir en Côte d’Ivoire y est, par rébellion, armée, coup d’Etat et bombardement du pays par des puissances militaires étrangères, aucun article de la constitution n’autorise cela. Deuxième observation, au lieu que l’avant-projet de cette constitution émane des différentes composantes du corps socio-politique, voilà qu’il est rédigé par un comité d’experts nommé par le chef de l’Etat lui-même. Troisième remarque, la célérité avec laquelle le processus se déroule, alors qu’il n’y a aucune urgence, rend ce projet proprement suspect, parce que l’examen de ce projet par l’Assemblée nationale n’a duré qu’à peine cinq jours pour décortiquer 184 articles. Alors pour toutes ces raisons, des voix plus autorisées que la mienne, c’est-à-dire d’éminents juristes, se sont opposées à ce projet. Je veux parler du projet de Francis Wodié, ancien président du Conseil constitutionnel, le projet de Réné Degni-Segui, ancien membre du Conseil constitutionnel. Donc l’autorité est assise en termes de droit.

Mais Boubacar Koné, si vous n’aviez pas boycotté les législatives de 2011 et si vous étiez présent dans cette Assemblée nationale, peut-être que les débats auraient été différents, ces derniers jours ?

Ecoutez, il ne suffit pas d’être candidat pour avoir le siège. Encore il eut fallu que le scrutin soit transparent !

Sur le texte lui-même, Alassane Ouattara dit que si ce projet est adopté, la future constitution sera moins confligène que l’actuelle. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Au contraire, on ne peut pas dire que la démocratie est renforcée quand le président de la République va nommer le vice-président. On ne peut pas dire qu’il y a une avancée démocratique, quand le président de la République va nommer une partie du législatif. On ne peut pas dire qu’il y a avancée quand un article sur les conditions d’éligibilité, dire qu’il n’y a pas de plafond, c’est-à-dire qu’à 100 ans on peut toujours postuler à la présidence de la République, ce n’est pas des avancées, c’est des reculs graves.

Reprenons vos points un par un. Vous parlez du poste de vice-président. En effet, le premier futur vice-président sera nommé par l’actuel président Alassane Ouattara mais à partir de 2020, les électeurs choisiront un ticket président – vice-président et ce seront les Ivoiriens qui décideront ?

Mais dans ces conditions, si on veut être transparents et si on veut faire avancer la démocratie pourquoi ne pas attendre 2020 ? Si il n’y a rien de suspect, quelle est l’urgence ?

En ce qui concerne le Sénat, pourquoi êtes-vous hostile à cette éventuelle deuxième chambre ?

D’abord parce qu’il n’est pas utile de l’avoir. Deuxièmement parce qu’elle serait budgétivore. Et en troisième lieu, l’intention que l’exécutif nomme des membres du législatif va à l’encontre de la séparation des pouvoirs.

Et ce qui concerne les conditions d’éligibilité, il n’y aura plus le plafond de 75 ans, en effet, mais qu’est-ce qui vous choque dans cela ?

Ce qui me choque, c’est que monsieur Ouattara à 74 ans. Donc qu’est-ce qui le motive, qu’il n’y a pas de plafond à la présidence de la République ?

Mais il n’y aura pas qu’Alassane Ouattara qui pourra profiter de cette disposition, il y a aura aussi le PDCI Henri Konan Bédié ou le FPI Aboudrame Sangaré ?

Non, mais c’est ce que je vous dis, il ne s’agit pas de contenter des individus, il s’agit d’énoncer des principes qui font avancer la démocratie, et là ce n’est pas le cas. Le but de notre combat, ce n’est pas que monsieur Aboudramane Sangaré soit candidat à la présidence de la République à l’âge de 100 ans, ce n’est pas ça notre objectif.

Toujours à propos de ces conditions d’éligibilité, dans la constitution actuelle, l’article 35 est très discriminant, la future constitution, si elle est adoptée, le sera beaucoup moins. Est-ce que n’est pas un changement qui va permettre de rassembler ?

Mais au contraire, c’est un changement qui est trop permissif. On déclare donc l’ancien président du Burkina Faso, monsieur Compaoré, éligible bientôt à la présidence de la République en Côte d’Ivoire.

Dans la constitution actuelle, il faut garantir que ces deux parents sont ivoiriens de naissance pour être candidat à la présidentielle, et dans l’éventuelle future constitution, il suffira que l’un des deux parents soit ivoirien de naissance, ça ne vous paraît pas suffisant ?

Ecoutez, ça ne me paraît pas suffisant. D’autant plus que l’ancienne constitution ne posait de problème qu’au seul Ouattara.

Boubacar Koné, qu’est-ce que vous allez faire à la fin de ce mois pour le referendum constitutionnel ?

Mais nous allons organiser des manifestations de rue pour l’empêcher.

Et si ce referendum se tient quand même ?

Si la consultation se tient quand même, nous allons nous réunir pour décider.

Vous pouvez envisager d’appeler à y voter non par exemple ?

Ecoutez, je pense, il faut qu’on soit conséquents avec nous-mêmes. Les conditions qui nous ont amenés à ne participer à aucun scrutin à ce jour n’ont pas changé d’un iota. Il sera difficile de nous dédire.

Donc a priori, quoi qu’il arrive, vous ne participerez pas à ce referendum ?

Je pense que le sang populaire ivoirien qui n’a pas l’habitude de se dédire, ne trouvera pas là les moyens de faire autrement.

Et participerez-vous aux législatives de la fin de cette année ?

C’est la même chose.

Par Christophe Boisbouvier

Source: RFI

One comment

  1. jean-claude yobo ziagbo

    Les colonisateurs, autrefois ce furent par bandes armées voire à la façon des criminels ingénieusement organisés, à l’allure des malfrats qui brusquement s’introduisent dans un centre financier des armes visiblement aux poings surprenant abonnés pendant leurs transactions et banquiers en postes et s’emparent violemment du coffre fort et ensuite prennent le large en fuyant, que ceux issus de leurs pères et mères eux-mêmes criminels dans un passé lointain s’adonnent à des méthodes de gangsterismes d’état à travers lesquelles leurs aïeux s’installèrent dans les territoires appartenant à d’autres populations à la surface de la terre où ils s’accaparèrent d’incalculables richesses sans remords aucuns sans foi; territoires où ils firent d’innombrables ignobles activités: pillages, vols systématiques de biens d’autrui, exactions de toutes sortes, occupations illégales des terres, tortures et tueries massives des populations locales.

    Dans le ouest ivoirien le peuple Guéré continue de vivre des situations traumatisantes issues du génocide causé par la fureur des chefs de guerre de la rébellion sanguinaire d’Alassane Dramane Ouattara encouragé par des réseaux maffieux Armajaro et Bouygues. Aucun procès de ces nombreux crimes perpétrés par les dozos n’a encore vu un début de commencement à la CPI où injustement présentement est entretnu celui de la honte contre deux victimes, deux symboles emblématiques de la République de Côte d’Ivoire démocratique agraissée par des états malhonnêtes et voyous auxquels l’organisation des nations unies, l’O.N.U et les organisations sous-régionales telles que U.A et C.E.D.E.A.O se sont jointes pour se rendre coupables en territoire ivoirien de nombreux crimes de guerre envers les populations. Nos peuples de la région ouest du pays et toute la population ivoirienne d’ailleurs sont entrain d’être expropriées quotidiennement aux profits des burkinabés, guinéens et maliens, de leurs terres, propriétés de leurs ancêtres devant passées de génération en génération.

    De nos jours, les états terroristes organisent la déstabilisation d’autres pays de la même manière mais seulement en complicité avec des traitres locaux. Les motifs? Les ressources énergétiques et les matières premières. Ils les veulent coûte que coûte, surtout, à un prix méprisable. Matières premièires et ressources énergétiques essentiellement issues des pays non industrialisés. Pour elles, les états maffieux foulent aux pieds la souveraineté territoriale d’autres pays mais veillent scrupuleusement sur le respect de leur lorsqu’ils estiment qu’il est impératif et normal de créer eux-mêmes des guerres et des conflits chez les autres où il n’y a aucun moyen fiable pour assurer la sécurité des territoires et des populations face à leurs barbarrismes, face à la folie des néo-coloniaux.
    Les problemes de visas aux des personnes ont à faire face avant d’entrer dans leur territoire. Ils rapatrient des êtres humains de chez eux sur de bases racistes et de mesures d’immigration qui sévèrement sont appliquées contre les non-nationaux. Les Etats-Unis d’Amérique, la France et le Royaume Uni ont des politiques d’immigration.

    Ils sont ce pendant à l’origine de nombreuses rébellions armées, de plusieurs coups ou terrorismes d’état dans le monde.

    En 1953, Moussadeq, en Iran, voulut nationaliser le pétrole qui se trouve dans le sol du pays dont il est élu démocratiquement premier ministre. Cette initiavite lui valut un coup d’état perpétré pour le compte de British Petroleum par les gouvernements américain et britannique. Ces derniers absolument craignaient perdre la main mise sur le pétrole qui se trouve dans le sol irannien.

    De 1954 à 1975, plus de trois millions d’êtres humains: enfants, femmes, hommes au vietnam et environ neuf cent milles soldats américains furent tués dans le pays. La voracité et la convoitise des gouvernements américains et français furent la cause. La france alors qu’elle venait d’être occupée par l’Allemangne ne voulut pas que le Vietnam ait son indépendance; en effet, l’hévéa valut à ce pays la guerre par les français d’abord et ensuite par les américains.

    Dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002, Armajaro basé au Royaume-Uni et ses ramifications aux USA, Bouygues et plusieurs réseaux maffieux en France ont armé Alassane Dramane Ouattara originaire de la Haute Volta, actuel Burkina Faso et avec lui ont rendu ingouvernable le pays, l’ayant déstabilisé par la rébillion sanguinaire dont Soro Guillaume fut le porte parole officiel. Les nombreux crimes perpétrés par les chefs de guerre dans le pays expliquent aux populations à Korhogo d’où le financement de la rébellions leur fut arrivé.

    Pour les états voyous, Dramane Alassane Ouattara, DAO en abrégé , qui pour des études et surtout au titre de la Haute volta passa à Pennsylvania University USA, peut leur donner les ressources à comparer au Président Laurent Gbagbo originaire, nationaliste et soucieux du bien-être des ivoiriens.

    En Nombre 2004, après plusieurs concessions du gouvernement, l’état ivoirien entreprit la mission d’en découdre avec les rebelles qui refusent toujours de désarmer malgré la satisfaction de leurs nombreux desideratas. Mais c’était très mal connaître l’état voyou français qui lui-même tuera ses soldats regroupés à Bouaké, et ensuite s’offrira de prétextes pour empêcher le gouvernement ivoirien de se débarrasser des rebelles qui ne veulent pas désarmer.

    Les états criminels extrêmememt brutaux sont capables de tuer leurs propres concitoyens et après accuser ceux qu’ils prennent pour des ennemis dans un pays où leur but est d’y aller pour exploiter les ressources naturelles.

    Pour comprendre comment ils opèrent voyez le scénario du 11 Sptembre 2001 aux USA. Les gouvernement à Londres et à Washington mentirent et ensuite tuèrent environ cent dix milles iraqiens. Aucune trace d’armes destruction massive n’a pu être trouvée jusqu’à présent en Iraq.

    En Aout 2016, au Gabon, l’union européene, la France et les Etats-Unis d’Amérique demandent la reprise du décompte des voix issues du dernier scrutin qui vit la réélection d’Ali Bongo.

    Retenez l’attention.
    Ils firent la guerre au Président de la République réélu selon le conseil constitutionnel, la loi fondamentale du pays. Cet Homme d’état proposa le recomptage des voix pendant le contentieux électoral. Ils rejetèrent cette voie devant conduire à la vérité et décidèrent de faire la guerre qui emporta au moins seize milles vies humaines et ainsi mirent Alassane Dramane Ouattara chef de la rébellion sanguinaire qu’ils ont fait de toutes pièces au pouvoir.

    Présentement, une parodie de procès à La Haye est entretenue contre le Président démocratiquement réélu de Côte d’Ivoire en 2010, son Ministre de la jeunesse est avec lui pour des crimes dont ils ne sont pas responsables.

    Pendant qu’ils ont l’Homme qui pense que son pays peut compter sur ses propres moyens plutôt que de prendre d’insupportables dettes pour faire face à son développement en ôtage à La Haye leur complice le voltaïque Dramane Alassane Ouattara, en abrégé DAO, mette son co-originaire, chassé recemment du pouvoir par un soulèvement populaire au Faso, à un poste important pour malheureusement piller les ressources de café et celles de cacao en cette période où la population ivoirienne vit dans son ensemble dans la pauvreté inutilement occasionnée par la sale guerre de dix années guerre de dozos. Imaginez un Nicolas Sarkozy vomi du pouvoir en France mais mis en charge du trésor allemand. M. Compaoré est actuellement poursuivi au Faso pour l’assassinat de Thomas Sankara mais aussi pour toutes ses malhonnêtes implications dans les nombreux coups qui ont et continuent de ruiner la sous-région pendant ses vingt sept années de ditature.

    En 1993, il ne voulut pas que le Président de l’Assemblée Nationale d’alors accède au pouvoir de l’état selon les prévisions Constitutionnelles. Aujourd’hui, après avoir baffouer la loi du pays, il veut lier pieds et mains de celui qui égorgea les gens, éventra les femmes et but le sang des êtres humains sous des hangars à Bouaké et inexplicablement pour lui s’est fait l’avocat du diable qu’il est.
    Je voudrais terminer en espérant qu’il le y citera comme koné Zakaria le fit à Korhogo.

    Annexes/Dossiers
    Jean-Claude Yobo Ziagbo
    13/10/2016

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