Brèves de Duékoué

Brèves de Duékoué

Le mercredi 12 Mai 2015, les chefs des villages du département de Duékoué ont été convoqués par monsieur BATAÏ Kanhan François, chef de canton. Le sujet à l’ordre du jour devait traiter de l’exhumation des corps des victimes Wê assassinées par les milices dozo et autres forces armées dites f.r.c.i. issues de la sous région ouest africaine qui ont massacré des populations civiles au quartier Carrefour de Duékoué les 28, 29 et 30 Mars 2011.

D’entrée, les chefs de villages, à l’unanimité, ont demandé à monsieur BATAÏ qui demandait l’exhumation (ou la disparition ?) de la fosse commune située au centre du quartier Carrefour, en quoi cette fosse dérangeait. ‘’ C’est la volonté du gouvernement’’, leur a-t-il répondu. Très remontés contre lui, les chefs de villages ont, séance tenante, écrit une pétition pour signifier leur opposition à ce projet funeste, arguant que cette volonté d’exhumation des corps est nulle et non avenue, surtout qu’elle risque de raviver la douleur dans les cœurs des parents des victimes mais plus grave encore, ils suspectent cette entreprise de délocalisation des restes des victimes de vouloir faire disparaître des preuves des crimes du régime en place. La pétition a été remise en mains propres à monsieur le Préfet du département de Duékoué.

La semaine dernière, soit le vendredi 9 Mai 2015, des femmes victimes de la sauvagerie criminelle des dozo et frci depuis Mars 2011 à ce jour ont été entendues par une équipe d’enquêteurs venus d’Abidjan et basés à la Mission Catholique de Duékoué. Toutes ces femmes ont déclaré aux enquêteurs avoir perdu qui un époux, un père, un fils ou un parent, fusillé, égorgé ou battu à mort par des dozo. En fin d’après midi du même jour, le chef des dozo à Duékoué a été convoqué puis conduit à la Brigade de la gendarmerie pour être entendu par un Procureur.

Les jours qui ont suivi, ce sont ses ‘’lieutenants’’ présents aux corridors des différents axes routiers accédant à la ville de Duékoué qui ont à leur tour été entendus. Sur ce sujet, la question essentielle qui revient sur les lèvres des Ivoiriens est et reste toujours la même : d’où sortent tous ces sauvages, ennemis de la propreté, armés de fusils et d’amulettes et qui paradent partout dans le pays et s’autorisent à faire ‘’leur’’ loi, au vu et au su des autorités légales qui restent impuissantes ou passives face à un tel fléau ? Quel Ivoirien, aussi halluciné soit-il, se permettrait de se comporter librement et en toute impunité, en milicien sanguinaire en Guinée, au Mali ou au Burkina ? Notre constat est triste mais réel : notre pays, la Côte d’Ivoire est devenu un no man’s land !

Pour en revenir au groupe de femmes entendues par les enquêteurs, trois d’entre elles, rescapées du massacre du camp des réfugiés de Nahibly le 20 Juillet 2012, nous ont donné une information de taille qui confirme encore une fois la passivité des troupes onusiennes chargées de la sécurité des réfugiés : la veille même du massacre, des machines ont creusé des fosses aux abords du camp, juste par derrière ledit camp. Les soldats de l’O.N.U. ont tout vu mais n’ont rien dit ou empêché quoi que ce soit. Pourquoi ? Pourquoi creuser des fosses ? Du coup, la thèse d’un génocide prémédité refait surface, en même temps que le prétexte erroné d’une expédition punitive suite à un braquage avec mort d’homme disparaît !

Quand on se souvient surtout que c’est suite à une résolution farfelue de l’O.N.U. pour sauver ( ?) les populations civiles ivoiriennes de massacres imaginaires en Mars 2011 que la Cöte d’Ivoire a été sauvagement attaquée par la France, l’O.N.U, leurs mercenaires dozo et autres supplétifs frci, on a fini de s’étendre sur l’ampleur de l’hypocrisie à la base de tous les malheurs des Ivoiriens que nous sommes. Les chercheurs de la vérité qui sont tapis à la C.P.I. peuvent continuer de rester muets, nos vies ne sont peut-être pas des vies pour eux…

Ce samedi 16 Mai, le faux (encore et toujours) va être célébré à Duékoué : après une investiture qui a fait flop au stade Houphouët-Boigny d’Abidjan il y a quelques semaines, les griots d’Alassane Ouattara viennent ici pour remettre ça. Il s’agit, selon les termes de leur propagande, ‘’d’investir Ouattara et présenter sa candidature au peuple de la région du Guémon’’. Et voici que s’agitent déjà avec ferveur toutes les communautés étrangères locales qui n’ont rien à voir avec cela. Plus curieuse est l’attitude des Burkinabè qui occupent le parc du Mont Péko : à leur niveau, ils s’activent et cotisent de l’argent qu’ils vont remettre aux ministres qui viendront à la cérémonie du samedi prochain. Leur objectif ?

Négocier un prolongement de leur durée sur le site de la réserve du Mont Péko, un patrimoine mondial ! Ainsi vont et s’accroissent chaque jour les calamiteuses incongruités de Ouattara en notre pays, le poulain tant vanté et protégé par la communauté dite internationale, pour notre plus grand malheur !

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly) : Emmanuel Caleb, porte-parole.

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