Burkina Faso: A côté des dossiers Thomas Sankara, Norbert Zongo, juge Salifou Nébié, celui du défunt étudian Dabo Baoukary hante le clan Compaoré

Burkina Faso: A côté des dossiers Thomas Sankara, Norbert Zongo, juge Salifou Nébié, celui du défunt étudian Dabo Baoukary hante le clan Compaoré

Salif Diallo, ancien ministre d’Etat de Blaise Compaoré et aujourd’hui deuxième vice-président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), est revenu sur l’affaire Dabo Boukary. C’était lors d’un panel organisé par l’association Faso Action Renouveau (FAR), qui s’est déroulé ce 18 décembre 2014 sur les défis majeurs de la transition. Il dit être prêt à passer l’épreuve de la justice.

Le 19 mai 1990, un étudiant en 7e année de médecine de l’Université de Ouagadougou, est porté disparu dans les dédales du Conseil de l’Entente, pour son militantisme dans le mouvement estudiantin de l’ANEB, qui contestait le régime du Front populaire de Blaise Compaoré. Une instruction est ouverte.

Mais jusqu’à présent, les conditions de sa mort ne sont toujours pas élucidées ni les coupables démasqués. Cependant, en janvier 2014, paraît l’information selon laquelle « un ancien militaire » s’est épanché chez un juge d’instruction, affirmant que c’est Salif Diallo qui aurait  donné le nom des étudiants à arrêter (Cf Mutations).  Des « confidences » qui mettent directement en cause celui qui a été jusqu’en 2011, considéré comme l’un des bras droits de Blaise Compaoré.

Témoins. Interrogé lors du panel de ce jeudi, Salif Diallo confirme sa présence sur les lieux de la manifestation.  Il raconte : « Effectivement, j’étais sur le campus, comme d’autres y étaient et de passage.

Ce jour, j’ai quitté mon bureau pour me rendre au bureau des hôtes ici et j’ai été bloqué comme d’autres passagers, comme certains de vos professeurs, sur la voie. Je me suis mis sous un arbre comme certains de vos professeurs et je regardais un spectacle révoltant.

Quand je suis arrivé, il y avait des militaires et des étudiants qui s’affrontaient, à coups de cailloux et de ceinturons. Je suis venu trouver une scène comme ça ».

« Ils ont tous été libérés ». Ce jour-là, des étudiants ont été arrêtés. Mais Salif Diallo affirme qu’il est intervenu pour leur libération.  « L’après-midi, en compagnie de monsieur Ouédraogo Halidou, du recteur Nindaoua Sawadogo, je me suis rendu pour négocier la libération des étudiants.

Je suis allé voir le Colonel Diendéré (Gilbert, ndlr) à l’époque, en présence du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et du recteur. Tous les étudiants ont été libérés. Tous !  J’ai même demandé est-ce qu’il reste encore un étudiant. On m’a dit non. Le même soir, je prenais Air Afrique et je partais en voyage », a-t-il déclaré.

Ce n’est qu’à son retour de ce voyage qui a duré quatre jours, complètent les confrères de L’Evènement, que Salif Diallo a appris que d’autres étudiants ont été mis aux arrêts. Et c’est deux mois plus tard, toujours selon l’Evènement, que  Salif Diallo aurait appris la nouvelle du décès de Dabo Boukary  de la bouche-même de l’ancien président Blaise Compaoré.

D’où vient alors l’information qui le présente comme celui qui aurait donné les noms des étudiants à arrêter ? Salif Diallo parle d’instrumentalisation à l’époque. Aujourd’hui, il affirme ne pas avoir peur de « la terreur de groupuscules clandestins ».  Pas plus qu’il n’a peur d’ailleurs de la justice.

« Si  déballage il y a, il y aura déballage »« Moi Salif Diallo, je demande à ce que ce dossier  soit l’un des dossiers jugés en premier dans ce pays. Ce n’est pas la terreur des groupuscules clandestins qui me fera reculer. Si  déballage il y a, il y aura déballage. Et si la justice estime que je suis coupable, on doit me condamner», déclare le chargé des orientations politiques du MPP qui ajoute que, « sur le dossier Dabo Boukary, je n’ai rien à me reprocher ».

Le gouvernement de transition a déclaré que des états généraux de la justice seront bientôt  convoqués pour évacuer tous les dossiers de crimes de sang commis au Burkina, restés non élucidés jusqu’à présent.

A côté des dossiers Thomas Sankara, Norbert Zongo, Flavien Nébié, juge Salifou Nébié, celui de Dabo Baoukary figure en bonne place et les étudiants ont hâte de savoir ce qui a réellement mis fin à la vie de cet étudiant  qui aurait pu être aujourd’hui un médecin de 58 ans.

Source : Burkina24

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