Burkina Faso: Alors que Ouattara lâche complètement Soro, la justice militaire burkinabè réssucite l’affaire des des écoutes qui le mettent en cause

Burkina Faso: Alors que Ouattara lâche complètement Soro, la justice militaire burkinabè réssucite l’affaire des des écoutes qui le mettent en cause

L’affaire des écoutes téléphoniques mettant en cause Guillaume Soro, l’actuel président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, pour son implication présumée dans la tentative de coup d’Etat de septembre au Burkina, était “en voie d’être réglée”, avait assuré Alassane Ouattara. Il avait à cet effet arrangé une visite en Côte d’Ivoire du président burkinabè Roch Kaboré pour applanir les incompréhensions.

Quelques temps après, le Tribunal militaire de Ouagadougou a annulé le mandat d’arrêt contre Guillaume Soro pour vice de forme. Monsieur Alioun Zanré, le Commissaire du Gouvernement près le Tribunal militaire de Ouagadougou, a évoqué les arguments d’«extranéité du sujet » et les « obstacles juridiques » pour motiver la décision d’annulation. Il a entre autre cité le principe selon lequel «aucun Etat n’extrade son national » qu’«en matière d’infraction politique (…) ainsi qu’en matière d’infraction militaire ». Sous-entendu, le cas de Guillaume Soro ne satisfait pas les conditions citées. Pour être plus clair, Alioun Zanré a affirmé qu’au vu des obstacles juridiques cités plus haut, l’Etat burkinabé n’entendait plus relancer le mandat d’arrêt contre Soro. « Si nous dénonçons et que nous attendons que l’autre partie réagisse, nous n’avons plus intérêt à émettre un mandat contre Guillaume Soro », avait-il délaré.

On pensait que le dossier était définitivement clos. Que non! Selon le confrère “Jeune Afrique“, qui cite une source au sein de la justice burkinabè, le juge d’instruction chargé du dossier de Djibrill Bassolé a demandé, dans un document datant de la fin du mois de septembre, l’expertise du spécialiste allemand, expert de la phonétique, Hermann Künzel, régulièrement consulté en Europe d’analyser l’enregistrement de la supposée conversation téléphonique entre messieurs Djibrill Bassolé et Guillaume Soro dans la tentative de putsch de septembre 2015 au Burkina Faso.

Le mystère entourant l’origine de ces enregistrements tout comme la manière dont ils ont été réalisés ont en effet longtemps laissé planer le doute sur leur authenticité. La défense de l’ancien ministre des Affaires étrangères avait mise en cause cet enrégistrement dénonçant un grossier montage audio fabriqué de toutes pièces par leurs adversaires.

Guillaume Soro reste dans le viseur de la justice burkinabè

Le rebondissement du dossier des écoutes téléphoniques au moment même où Ouattara annonce la fin de la législature actuelle pour avant l’année 2016 est suspect. Car cela veut dire que l’ex député Guillaume Soro ne peut plus se prévaloir de son statut de deuxième personnage de l’Etat de Côte d’Ivoire pour essayer de se soustraire des procédures tendant à le faire comparaître dans cette affaire, ne serait-ce que pour l’entendre.

Rappelons d’ailleurs que mis à part les écoute téléphoniques, les juges d’instruction burkinabè en charge de l’enquête restent convaincus que le futur ex-président du parlement ivoirien a joué un rôle durant la tentative de putsch. Il est d’ailleurs fait état de la découverte de 300 gilets pare-balles et de grenades lors d’une perquisition à son domicile de Ouagadougou, début octobre, et l’aller-retour d’un hélicoptère de l’armée de l’air burkinabè entre Ouaga et la petite ville de Niangoloko, près de la frontière ivoirienne, le 19 septembre, deux jours après la prise du pouvoir par le général Gilbert Diendéré. Cet hélicoptère aurait récupéré des caisses de grenades lacrymogènes et une valise auprès de véhicules venus de Côte d’Ivoire.

Eburnienews.net

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